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    Amériques

    Nouvelle réforme à Cuba: les crédits bancaires autorisés

    media L'autorisation d'emprunter devrait permettre aux Cubains de faire des investissements, d'entretenir leurs logements (Photo de 2003). Jorge Rey/Getty Images

    A Cuba, une nouvelle réforme entre en vigueur ce 20 décembre 2011 : les Cubains vont accéder à des services bancaires et pourront notamment contracter des emprunts. Un nouveau wagon au train de réformes qui a accéléré l'allure cette année sur l'île communiste.

    L'autorisation de négocier des crédits ouverte aux micro-entrepreneurs, aux agriculteurs, ou encore aux particuliers désireux de réparer leur maison, représente une petite révolution, car le monde de la banque est étranger aux Cubains. Mais c'est la suite logique des réformes qui, depuis 2008 et à l'initiative de Raul Castro, visent à rendre plus flexible un système communiste bloqué par les rigidités idéologiques et la bureaucratie.  

    Le régime a d'abord procédé à la distribution en usufruit de terres en friche à des candidats-paysans admis à vendre librement une partie de leur production. Puis il a ouvert la possibilité de créer des micro-entreprises, celle aussi d'acheter et de vendre sa maison et sa voiture. Enfin, et parce que tous ces nouveaux droits supposent pour être exercés un minimum d'investissements, l'accès est donné aujourd'hui aux services bancaires. Mais c'est peut-être beaucoup d'innovations à la fois ; Emilio, jeune enseignant, parle d'un désarroi général.

    D'abord, s'interroge-t-il, les banques vont-elles prêter de l'argent à des gens qui, comme lui et comme l'immense majorité des Cubains employés de l'Etat, perçoivent des salaires de l'ordre de 15 dollars par mois? « On est désorientés parce qu'on n'a pas les moyens de s'engager à rembourser un emprunt. J'espère qu'ils vont expliquer comment ça fonctionnera », conclut-il, tout en rapportant les craintes qui s'expriment ici et là dans les rues de La Havane : que les nouveaux acquéreurs d'appartements soient motivés par la volonté de les revendre à meilleur prix, que ceux qui achètent actuellement des voitures américaines n'aient pas l'intention de les conduire, mais seulement de se constituer un parc de taxis pour les touristes, et que tout cela ne concerne en réalité que les parents d'exilés aux Etats-Unis ou en Europe, qui envoient de l'argent de l'extérieur du pays....

    Peur de la spéculation

    En outre, parmi les « cuentapropistas », ou micro-entrepreneurs, encouragés par le régime à monter dans la plupart des cas de petits restaurants ou cafétérias à leur domicile, nombreux sont ceux qui ont déjà baissé les bras, car « ils n'avaient aucune formation en marketing et l'Etat les a lourdement imposés ». « Le peuple cubain, qui utilise de l'argent liquide au quotidien, loin des chéquiers et des cartes de crédit, et qui emprunte au sein d'un cercle amical et familial, n'a ni culture ni éducation financières ».

    Un certain nombre de Cubains ressentent donc de la méfiance et nourrissent des soupçons de spéculation, d'inégalité devant les nouveaux avantages qui s'offrent à eux. Les économistes, en revanche, voient tout cela d'un bon œil, y compris, parmi eux, les dissidents tels qu'Oscar Espinosa qui fut membre du « Groupe des 75 », ces opposants au castrisme arrêtés et lourdement condamnés en 2003, avant d'être tous libérés suite à un accord entre Raul Castro et l'Eglise catholique cubaine en 2010.

    Initiatives de type « bonzaï »

    « Si vous demandez aux gens dans la rue ce qu'ils pensent d'une hypothèque par exemple, beaucoup auront une opinion négative. Parce que cette pratique a été stigmatisée pendant des années, tout comme le marché... Mais l'accès aux crédits bancaires est une mesure positive ; c'est un premier pas, encourageant, même si ce n'est pas la solution. La solution consisterait à libérer les forces productives, à délivrer les micro-entrepreneurs de toutes ces entraves qu'on leur impose, car ils sont énormément taxés ; c'est comme si on avait conçu tout cela pour que les initiatives s'enlisent, restent à un niveau minuscule, du type bonzaï comme on dit ici »...

    « Et pourtant, se félicite l'économiste dissident, je crois que le génie est sorti de la bouteille! C'est le président Raul Castro lui-même qui a reconnu qu'il fallait transformer notre économie au bord du précipice. Et il ne peut pas y avoir de retour en arrière. Chaque nouvelle réforme va générer de nouveaux problèmes et de nouveaux besoins de réforme. C'est une dynamique qu'on ne peut déjà plus arrêter ».

    Mais une majorité de Cubains risquent en effet de rester en dehors du nouveau cadre économique approuvé par le Parti communiste au printemps dernier. Ne serait-ce que parce que des années de pénurie ont fait d'eux des as de la débrouille. D'après Olivier Dabène, spécialiste de l'Amérique latine à Sciences Po, il ne faut pas surestimer la portée immédiate de ces réformes car les Cubains ont pris d'autres habitudes. « La caractéristique de la survie à la cubaine, c'est l'illégalité. Il est impossible de respecter les règles quand les salaires sont si bas et quand rien ne fonctionne ».

    Capitalisme à la chinoise?

    En outre, « l'idée de ces réformes n'est pas de permettre aux Cubains de devenir milliardaires, mais d'introduire quelques doses homéopathiques de logique de marché, afin de mettre de l'huile dans les rouages et pour que ça fonctionne mieux ». D'où, pour l'instant en tout cas, la non-pertinence d'une comparaison avec le capitalisme à la chinoise, « On voit apparaître en Chine des milliardaires tous les jours, qui n'ont d'autre objectif que de faire de l'argent. On n'est pas encore dans cette logique, mais l'Histoire nous montre que tout peut changer très vite, même à Cuba », ajoute Olivier Dabène qui n'exclut donc pas, lui non plus, que ces réformes limitées, qui prétendent tuer dans l'œuf toute volonté d'enrichissement personnel, débouchent finalement sur un mouvement beaucoup plus large...

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