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A la Une : questions sur l'épidémie de cancers latino-américains
Après l'annonce par l'Argentine Cristina Kirchner de son cancer, Chavez soulève une question insolite... Et la presse latino-américaine embraie ce matin. Le président vénézuélien s'est demandé, titre sans ambages Ultimas Noticias à Caracas, si les tumeurs de plusieurs chefs d'Etat progressistes d'Amérique latine, lui-même a été récemment frappé avant de subir un traitement qui l'aurait guéri, ne sont pas le résultat d'un complot fomenté par les Etats-Unis. « Serait-il si étrange qu'ils aient développé une technologie pour inoculer le cancer ? », s'interroge Chavez. El Nacional, autre journal vénézuélien, semble n'en pas croire ses oreilles en plaçant en première page la phrase présidentielle, dûment assortie de guillemets, sous le titre « Il l'a dit ! »
Mais l'idée fait son chemin. Au Brésil, par exemple, O Globo met en exergue l'avertissement lancé aussi par Hugo Chavez à son homologue bolivien : « Attention Evo ! ». « Il faut qu'il prenne garde à ne pas devenir la prochaine victime ! »
En Colombie, El Espectador fait sa une sur « La coïncidence du cancer à gauche » et publie les photos de cinq présidents ou ex-présidents : les Brésiliens Dilma Rousseff et Lula, Fernando Lugo du Paraguay et, bien sûr, Cristina Kirchner et Hugo Chavez, tous atteints de cancers ces derniers temps. Mais le quotidien colombien exprime deux réserves : d'abord, un spécialiste local lui a clairement affirmé que de telles allégations étaient « absurdes ». Et puis, « jusqu'à maintenant, si tous ces chefs d'Etat sont unis par le cancer, ils le sont aussi par la guérison ».
Ces malades qui nous gouvernent ?
En Argentine même, la présidente va provisoirement passer le relais à son jeune vice-président, et ce jusqu'au 24 janvier, le temps d'être opérée. Mais là encore, la presse fait de la mise en perspective. Pagina 12 reprend en manchette une phrase de Cristina Kirchner : « Je vais me battre avec Chavez pour présider le sommet de ceux qui ont vaincu le cancer ».
Tandis que La Nacion, grand journal d'opposition, s'interroge en substance sur les malades au gouvernement. « Les Argentins viennent d'apprendre, note l'éditorialiste, que le sort de leur pays, leur propre sort, dépend d'une personne qui est malade... Or le passé récent a montré qu'un incident de santé présidentiel peut changer la conduite de la nation » et avoir des conséquences politiques, ajoute-t-il, en citant la maladie de la carotide de Carlos Menem, puis les troubles circulatoires de Nestor Kirchner, le propre mari de Cristina mort l'an dernier. Mais La Nacion semble déplorer plus encore que la présidente ait joué hier « l'abnégation incarnée » et assuré mettre « sa santé au service du pays »... avec en toile de fond le portrait d'Eva Peron.
Dans quelques jours, les caucus de l'Iowa...
Aux Etats-Unis, c'est le très prochain coup d'envoi des primaires républicaines, les caucus de l'Iowa étant programmés mardi prochain, qui fait vibrer la presse. Les sondages donnent un trio de tête qui aurait surpris il y a quelques semaines encore dans cet Etat rural du MidWest. En premier lieu, se place Mitt Romney, le mormon jugé trop modéré jusque-là par les conservateurs locaux, suivi de Ron Paul, le libertaire qui veut réduire le pouvoir fédéral à sa plus simple expression, et de Rick Santorum, dont la candidature restait obstinément dans les limbes...
L'éditorialiste du Washington Post remarque qu'« en peu de temps, Romney est passé du rôle de favori faible et assiégé à celui de candidat qui compte vraiment », et en plus, quoiqu'il arrive dans l'Iowa, il peut compter sur « le filet de sécurité du New Hampshire », l'Etat qui votera par la suite et qui lui est acquis.
Le site Politico s'intéresse à Ron Paul : « La politique étrangère est son point faible », titre-t-il, avant de décliner les adjectifs qu'on lui applique dans ce domaine : « terrifiant, pas sérieux, à la gauche d'Obama, une menace pour l'existence d'Israël », etc...
Quant à Rick Santorum, c'est le Christian Science Monitor qui tente d'expliquer sa percée. « Pour l'ancien sénateur de Pennsylvannie, cela confirme que ses efforts persistants pour rencontrer les gens de l'Iowa ont porté leurs fruits ». Rick Santorum, tout en restant terne dans les débats nationaux, a en effet beaucoup plus travaillé le terrain que ses rivaux...
Du préservatif au cinéma
On termine avec ce curieux référendum prévu à Los Angeles. Le New York Times nous apprend qu'en juin, les habitants de la capitale du cinéma diront s'il faut obliger les acteurs jouant dans des films pornographiques à porter des préservatifs. Cette consultation est la conséquence des pressions exercées, notamment, par une association de lutte contre le sida. La perspective, en tout cas et à en croire l'article, ne réjouit pas du tout les producteurs...

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