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Article publié le : vendredi 20 janvier 2012 à 17:12 - Dernière modification le : lundi 23 janvier 2012 à 17:37

MegaUpload fermé, Nicolas Sarkozy satisfait

Le logo du site MegaUpload.
Le logo du site MegaUpload.

Par Dominique Desaunay

Aux États-Unis, le site MegaUpload, le 13e site le plus visité au monde, célèbre pour son offre de solution de téléchargement de fichiers, vient d’être fermé. Quatre responsables du site basé à Hong Kong ont été interpellés en Nouvelle-Zélande sur la base de mandats d'arrêt délivrés par les Etats-Unis. En France, l'Élysée a salué cette mesure.

La Justice américaine, qui estime que Kim Dotcom, le fondateur de la société MegaUpload aurait engrangé plus de 175 millions de dollars, et provoqué plus de 500 millions de dollars de manque à gagner, a décidé de lancer une procédure criminelle, au motif de favoriser les infractions aux droits d’auteurs . En attendant la décision de justice, le site n’est pour l’instant plus accessible.

Une vingtaine de noms de domaines affiliés à MegaUpload.com ont été fermés par la justice américaine, qui a également saisi 50 millions de dollars d'avoirs de la plateforme et lancé des poursuites contre sept responsables du site, parmi lesquels figurent les quatre personnes arrêtées en Nouvelle-Zélande.

La fermeture de MegaUpload a été suivie de représailles, le collectif de pirates Anonymous a annoncé sur Twitter avoir mis hors service les sites du FBI, du ministère américain de la Justice, de la maison de disques Universal Music et de l'association professionnelle du disque RIAA, une attaque qui a eu lieu 15 minutes après la fermeture de Megaupload. Egalement touché le site de la Haute autorité chargée de lutter contre le téléchargement illégal en France Hadopi.fr. Des représailles réussies puisque les sites étaient et sont encore pour certains, inaccessibles.

Sur Twitter également court la rumeur d'un nouveau site MegaUpload et une adresse IP circule, présentée ainsi. « Nous n'avons pas de nom de domaine pour l'instant. Seulement une adresse IP. C'est le nouveau site Megaupload ! Nous travaillons pour être pleinement de retour ».

Nicolas Sarkozy se félicite

La présidence de la République française a rapidement salué, dans la nuit de jeudi à vendredi, la fermeture du site Megaupload par les autorités américaines.

Selon un communiqué de l’Elysée « La mise à disposition illégale, par ce service, d'œuvres protégées par le droit d'auteur, permettait à ses promoteurs de réaliser des profits criminels sous la forme de recettes publicitaires ou d'abonnements de ses usagers ». 

Les réactions à la fermeture du site de partage

  • Bruxelles dénonce l’action de la justice américaine concernant la fermeture du site Megaupload. Neelie Kroes, la commissaire européenne en charge des nouvelles technologies, estime dans un message envoyé sur Twitter que « la réglementation sur l’internet doit être efficace, proportionnée et préserver les bénéfices d’un réseau ouvert ».
  • Le Sénat américain a reporté un vote prévu mardi 24 janvier sur la loi antipiratage en raison de la levée de boucliers contre ce projet. Harry Reid, le chef de la majorité démocrate au Sénat, a toute fois réaffirmé que « la contrefaçon et la piraterie coûtent à l'économie américaine des milliards de dollars et des milliers d'emplois » et que le Congrès devait « agir pour faire cesser ses pratiques lillégales ».
  • Marine Le Pen, candidate FN à la présidentielle française, propose une « licence globale pour les échanges privés sur internet, qui doivent rester libres sans que cela ne prenne en otage les ayants droit, producteurs, auteurs-compositeurs et interprètes ». Elle a par ailleurs critiqué la détermination du chef de l’Etat à lutter contre la criminalité virtuelle en délaissant la criminalité dont les citoyens sont victimes au quotidien.
  • Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la présidentielle française s’est positionné comme défenseur de la liberté et de la neutralité du net. Il a préconisé la solution de la licence globale qui permettrait la légalisation du téléchargement tout en protégeant les auteurs.

Les Etats-Unis gouvernent le Net

Les autorités américaines ont la mainmise sur 95 millions de sites en .com. Pourquoi ? Parce que la société Verisign, qui gère ces noms de domaine se trouve sur leur territoire, en Californie. Il suffit d’une injonction de justice adressée à cette société pour désactiver n’importe laquelle de ces adresses. Il s’agit d’un véritable pouvoir unilatéral sur 95 millions de sites sur un total de 220 millions (les autres se terminant en .org, .uk, .fr, échappant à leur contrôle). Une démonstration de force des Etats-Unis qui repose le problème du droit applicable sur les noms de domaine. En 2011, les autorités américaines avaient saisi le nom de domaine du site espagnol de football rojadirecta dont elles jugeaient les activités illégales, celles-ci étant déclarées totalement légitimes par la justice espagnole.

tags: Etats-Unis - Informatique - Internet - Nouvelles technologies
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