Haïti/ONU - 
Article publié le : samedi 21 janvier 2012 - Dernière modification le : samedi 21 janvier 2012

Haïti : le jeune homme qui accuse des casques bleus de viol témoigne pour la première fois

Des casques bleus de la Minustah à Haïti dont quatre membres uruguayens sont mis en cause dans une affaire de viol.
Des casques bleus de la Minustah à Haïti dont quatre membres uruguayens sont mis en cause dans une affaire de viol.
REUTERS/Swoan Parker

Par RFI

En Haïti, le jeune homme de 19 ans qui accuse quatre casques bleus uruguayens de viol a donné pour la première fois une conférence de presse. L'agression sexuelle se serait déroulée en juillet dernier, dans la base de la Minustah (Mission des Nations unies pour la stabilisation d'Haïti) à Port-Salut, dans le sud du pays. Johnny Jean, sa famille et ses avocats veulent montrer qu'ils sont à la disposition de la justice à l'heure où le juge uruguayen affirme ne pas avoir de contact avec la victime présumée.

Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

Devant le parterre de journalistes, Johnny Jean n'a murmuré que quelques mots. Entouré de ses parents et de son frère, il a tenu à exprimer son malaise et les circonstances de son agression dont la vidéo, filmée par un des casques bleus grâce à son téléphone portable, avait circulé en Haïti et sur internet :

« Ils m'ont emmené, ils étaient quatre. L'un m'a maintenu au sol, un autre filmait et les deux autres m'ont violé. Je suis né à Port-Salut mais, à cause de tout ça, mes parents et moi on ne peut plus y vivre. Aujourd'hui on est dans la maison de mon frère. J'aimerais obtenir justice pour moi, pour tous les Haïtiens ».

A la suite de l'accusation, les soldats ont été renvoyés en Uruguay mais placés en liberté conditionnelle par le juge qui affirme ne pas avoir de nouvelles de Johnny Jean. Edwin Marger, l'un des avocats du jeune homme dénonce pour sa part le mutisme des autorités uruguayennes.

« J'ai écrit au ministre de la Défense et au président uruguayen, Quoi que l'on fasse, ils ne répondent pas. Et ensuite, ils déclarent qu'ils ne peuvent trouver Johnny Jean : c'est ridicule. Il est prêt à se rendre en Uruguay. Tout se dont Johnny a besoin est qu'ils paient son transport et lui fournissent un visa », dit-il.

Johnny Jean s'est fait faire un passeport, il veut être entendu par le juge à Montevideo. Sa famille en appelle désormais au président haïtien Michel Martelly pour qu'il facilite les échanges avec l'Uruguay.

tags: Haïti - Justice - Michel Martelly - ONU - Uruguay

Commentaires (1)

On n'a pas besoin d'être

On n'a pas besoin d'être devin pour savoir ce qui peut se passer en Haïti.

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