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Haïti : un juge demande le renvoi de Duvalier en correctionnelle
L'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, ne sera pas poursuivi en justice pour les crimes commis sous sa présidence. Le juge d'instruction chargé du dossier a recommandé son renvoi devant un tribunal correctionnel pour détournement de fonds. Les plaintes pour crimes contre l'humanité déposées par d'anciens opposants à « Bébé Doc », n'ont en revanche pas été retenues à ce stade.
Avec notre correspondante à Port-au-France, Amélie Baron
Robert Duval avait 22 ans en 1976 : il a été arrêté sans raisons un après midi à la sortie de son travail un après-midi. Il a alors vécu l'horreur durant dix-sept mois dont huit passés dans une cellule surpeuplée de Fort Dimanche, la prison politique des Duvalier.
Bobby Duval témoigne : « On m'a torturé. J'étais descendu à 45 kilos parce qu'on vous donnait 300 calories par jour de nourriture et moi j'ai vécu dans une cellule à Fort Dimanche pendant huit mois où j'ai compté 180 morts, devant moi! 180 morts! D'inanition, de maladies qui découlaient des traitements inhumains qu'on nous faisait subir. Moi, je ne comprends pas la décision du juge Carves. C'est l'horreur pour moi parce que l'on puisse passer l'éponge sur des crimes contre l'humanité comme ça. Ce n’est pas moi seulement qui ai subi. C'est outrageant, il n'y a pas d'autre mot pour ça. C'est réellement une décision sans vergogne ».
Robert Duval est aujourd'hui écoeuré que le juge n'ait pas donné suite à la plainte pour crime contre l'humanité qu'il a déposé contre Jean-Claude Duvalier. Il ne va pas abandonner sa bataillle pour la justice car selon lui, jamais Haïti ne pourra avancer sans une condamnation des bourreaux de la dictature.
« Bébé Doc » ne sera pas poursuivi pour atteinte aux droits de l'homme Quand Jean-Claude Duvalier repose ses pieds sur le sol haïtien en janvier 2011 après 25 ans d'exil en France, l'espoir renaît chez ses anciens opposants et les familles de victimes: l'espoir de voir l'ancien homme fort d'Haïti enfin jugé pour les crimes qu'il a orchestrés lors de sa présidence entre 1971 et 1986. Après les plaintes contre « Bébé Doc », les autorités haïtiennes ouvrent en effet une enquête sur les graves violations des droits humains qui lui sont reprochées: tortures, disparitions forcés, arrestations arbitraires et exécutions extrajudiciaires pour en nommer que quelques unes. Pendant que l'enquête judiciaire est en cours, Jean-Claude Duvalier est assigné à résidence. Mais l'ex-dictateur est vu régulièrement dans les restaurants et hôtels de Port-au-Prince. Il participe même à des cérémonies officielles, comme la commémoration du deuxième anniversaire du tremblement de terre. En octobre dernier, le président haïtien Michel Martelly lui rend visite, mettant en avant la nécessité de la réconciliation nationale. Alors que des instances internationales n'ont cessé de rappeler aux autorités haïtiennes leur devoir de traduire en justice les auteurs d'atteintes aux droits humains, le juge n'a finalement pas retenu ces accusations contre Jean-Claude Duvalier. |

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