Au Brésil, l'avortement autorisé en cas de fœtus sans cerveau
La Cour suprême du Brésil a autorisé jeudi dans la nuit l'avortement dans le cas de fœtus atteints d'anencéphalie (sans cerveau). Une décision historique, dans un pays où l’avortement est interdit et peut-être une brèche dans la rigoureuse loi anti-avortement en dépit des protestations de groupes religieux.
Avec notre correspondant Rio de Janeiro, François Cardona
Les protestations des Eglises catholique et évangéliques n’y auront rien fait. A huit voix contre deux, les juges de la Cour suprême brésilienne, après de longues heures de débats, ont finalement autorisé l’avortement pour les bébés atteints d’anencéphalie. Un enfant sur mille au Brésil nait ainsi sans cerveau tous les ans.
Cette décision constitue une première dans le pays où l'avortement est considéré comme un crime et n’était autorisé jusqu’à présent que dans deux cas : si la santé de la mère était menacée ou bien si la grossesse était le résultat d'un viol.
La décision de la Cour suprême a été accueillie par les cris de victoire et les larmes de joie des militantes féministes qui s’étaient réunies à Brasilia. Pour elles, cette décision ouvre une brèche dans laquelle elles comptent bien s’engouffrer. Les avortements clandestins provoquent en moyenne deux cents décès tous les ans au Brésil.
Cependant, sous la pression des groupes religieux, des évangéliques notamment, la présidente Dilma Rousseff s’était engagée lors de la campagne électorale à ne pas légaliser l’avortement. Et les juges de la Cour suprême ont eux aussi rappelé que leur décision ne visait en aucun cas à légitimer l’interruption volontaire de grossesse.

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