A la Une : le tintamarre québécois
Depuis le week-end dernier, les Québécois font tinter des cuillères en bois sur des casseroles dans les rues tous les soirs à vingt heures, et ce pour marquer leur opposition à la loi 78 qui restreint le droit de manifester.
« Les casseroles déferlent » titre Le Devoir qui précise que « le tintamarre se répand aux quatre coins de Montréal et du Québec ». Le quotidien donne la parole à un Montréalais rencontré, casserole à la main, dans la rue : « Oui on a peur de se faire arrêter » déclare-t-il « mais, de plus en plus, cela devient un devoir de sortir manifester ».
Selon le journal, le mouvement s'étend. Les concerts de casseroles sont quotidiens également dans la ville de Québec, où l'évêque anglican de la cathédrale a apporté son soutien aux manifestants. Sur le plan politique, l'éditorialiste du Devoir pointe la maladresse du maire de Montréal qui a abruptement conseillé aux joueurs de casseroles de faire leur tintamarre depuis leur balcon au lieu d'entraver la circulation. Dans son article intitulé « le chant du chaudron » la journaliste écrit : « Quelle mouche pique donc les acteurs politiques ? On attend d'eux qu'en gestes et en paroles, ils incitent au calme. Mais ils succombent au piège de l'enflure verbale. Rien de tout cela n'assourdira le chant des casseroles ». Et plus loin, elle ajoute : « Navrant. La désolation s'accumule en couches ».
Etan, le fantôme qui hante la mémoire de Soho depuis trente-trois ans
Aux Etats-Unis, ce sont les aveux d'un meurtrier d'enfant, trente-trois ans après les faits qui occupent la Une de la presse, en particulier à New York où le drame s'était produit.
Le New York Post consacre trois articles et de nombreuses photos à l'affaire. « Peine et soulagement » titre le tabloïd qui revient notamment sur le choc qu'avait causé à l'époque la disparition du petit Etan, six ans, enlevé et tué dans le quartier de Soho alors qu'il se rendait pour la première fois seul à l'arrêt de bus qui devait le conduire à l'école. « A cette époque, en 1979, tout le monde se connaissait dans le quartier. Il était habituel de laisser les enfants aller seuls au magasin ou à l'arrêt de bus. Mais la disparation d'Etan nous a précipité dans une ère de peur et de suspicion », témoigne une septuagénaire du quartier.
Le quotidien rappelle que des dizaines de parents de Soho s'étaient à l'époque joints aux recherches, que plus de 300 000 affichettes avec le portrait de l'enfant avaient été distribuées dans la ville, et que sa photo était même apparue sur les bouteilles de lait à travers tout le pays. « Trente-trois ans après les faits, l'arrestation du meurtrier soulage les résidents du quartier » assure le journal. Angel, 59 ans, rencontré à Soho par le New York Post témoigne : « Cet enfant est un fantôme qui n'a jamais cessé de nous habiter. Nous avions perdu espoir que le meurtrier soit arrêté. J'espère que nous allons enfin pouvoir vivre en paix avec ce passé ».
Mitt Romney à la conquête de l’électorat noir
Le Washington Post consacre pour sa part un article à un plan de campagne des républicains pour tenter de séduire une partie de l'électorat noir du pays. « L'idée de ce plan est issue de la dure réalité du terrain » explique le journal qui raconte : « Jeudi dernier, Romney a été confronté à un accueil ouvertement hostile de la population lorsqu'il s'est rendu dans un quartier noir déshérité de Philadelphie ».
Tara Wall, un Afro-Américain qui travaillait pour l'administration Bush a été embauché dans l'équipe de campagne républicaine pour tenter d'atteindre l'électorat noir. « Cela va être difficile : nous avons un président noir » reconnaît le responsable républicain dans les colonnes du journal, et il ajoute : « Mais nous devons nous montrer dans ces quartiers. Nous devons expliquer à cette communauté qu'elle souffre à cause de la politique d'Obama ».
Selon le Washington Post, il y a des signes d'affaiblissement dans le soutien de la communauté noire au président démocrate. Sa récente décision d'autoriser le mariage entre homosexuels a notamment suscité des réactions hostiles parmi la communauté noire aux fortes convictions religieuses.
Atelier de faux uniformes militaires au Mexique
Au Mexique, la presse annonce le démantèlement d'un atelier clandestin de fabrication de faux vêtements militaires. « Deux cent vingt-cinq gilets pare-balles, 151 pantalons, 170 vestes de camouflage et 90 rouleaux de tissu ont été découverts près des machines à coudre » énumère le journal La Razon qui précise : « Des armes et de la drogue ont aussi été retrouvées dans cet atelier clandestin ».
« Les uniformes saisis ne sont pas exactement identiques à ceux que portent les militaires mexicains, mais l'ambition de ces faussaires est de discréditer l'armée. Ils espèrent ainsi restreindre au maximum les dénonciations citoyennes » estime un responsable du ministère de la Défense cité par le quotidien. Sans réel succès pour l'instant, puisque c'est justement sur dénonciation d'un voisin que cet atelier clandestin a été démantelé.

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