QUEBEC  - 
Article publié le : mardi 12 juin 2012 à 08:44 - Dernière modification le : mardi 12 juin 2012 à 08:47

Des Québecois arrêtés pour port du carré rouge

Jeanne Reynolds et Gabriel Nadeau-Dubois, porte-paroles de Classe, arborent le carré rouge lors d'une manifestation le 2 juin 2012.
Jeanne Reynolds et Gabriel Nadeau-Dubois, porte-paroles de Classe, arborent le carré rouge lors d'une manifestation le 2 juin 2012.
REUTERS/Christinne Muschi

Par RFI

Ce bout de tissu cousu sur un vêtement est devenu l'emblème du « printemps érable » québécois et serait désormais à lui seul un motif d'arrestation. Malgré les démentis de la police, c'est ce que dénoncent plusieurs opposants à la loi qui vise à augmenter de 75% les frais universitaires, qui n'osent plus le porter en public, notamment lors des manifestations.

Avec notre correspondante à Montréal, Marie-Laure Josselin

« J’ai choisi, dans les manifs, de ne pas porter le carré rouge ». Pour Emilie, une étudiante qui manifeste régulièrement, c'est fini : depuis plusieurs semaines déjà, elle n'accroche plus de carré rouge sur sa veste : « avec ces carrés rouges, on se fait pointer en fait, puis on se fait identifier », assure-t-elle.

Le carré rouge est le symbole de la contestation étudiante, porté désormais par tous les âges. Or, depuis deux jours, les témoignages se multiplient sur les réseaux sociaux. Des personnes y indiquent s’être fait arrêter ou fouiller, uniquement parce qu’elles avaient mius en évidence sur leurs vêtements le fameux symbole.

En quatre jours de festivités liées au Grand prix de Formule 1, il y a eu 130 arrestations à Montréal, dont 34 préventives pour la journée de dimanche. Gabriel Nadeau-Dubois, le porte-parole de la Classe, l’association la plus importante et la plus radicale, crie au profilage politique qu'il juge « extrêmement inquiétant pour notre démocratie ».

Mais le chef de service de police de la ville de Montréal, Marc Parent, se défend : « il n’y avait pas de fouilles ou d’interpellations systématiques  sur les gens qui arboraient le carré rouge. C’était basé sur des comportements qui laissaient croire qu’il y avait des raisons de douter. Il faut se souvenir qu’il y avait aussi des menaces spécifiques dimanche pour la tenue de la manifestation ».

La Classe demande une enquête indépendante et s’adresse à la commission des droits de la personne du Québec, pour qu’elle se penche sur la question.

tags: Canada - Enseignement
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«Ce dimanche 10 juin à Montréal, je, Virginie Poulin-Bergeron, surnommée "Louve", déclare librement ce qui suit.

Je reviens du métro, il est midi trente. J'avais décidé de ne pas porter de carré rouge. Ni noir. En fait j'avais mis ce que j'avais apporté de plus candide. Une petite robe bleue et des sandales lacées. J'ava...is mon sac à dos rouge avec dedans, une trousse de premiers soins, deux marionnettes, papier, crayon, bouteille d'eau, des poïs en tissus.

Vers environ 11h, j'embarque à la station Sherbrooke. Quatre policiers, un officier. On fouille les gens qui portent le carré rouge. Je passe sans me faire fouiller. Station Berri. Un policier à tous les trois mètres carrés. Partout des cellules de policiers qui arrêtent des jeunes qui ne portent pas nécessairement de carré rouge, à ce que je vois. Je continue ma route vers le quai de la ligne jaune. Une policière m'arrête et me demande de lui donner mon sac. Je lui donne, elle l'ouvre. "C'est quoi ça?" "Une trousse de premiers soins". Elle me laisse continuer ma route.

Au quai direction Longueuil, environ trente policiers de chaque côté du quai, trois avec le kit de veste pare-bale et leurs chiens renifleurs. Un policier par wagon. On débarque au parc Jean Drapeau. Un barrage de policiers nous attendent de pied ferme pour arrêter les gens qui leur semblent soupçonnables. Je passe presque, une main ferme se pose sur mon épaule. Une policère me dit qu'elle va vérifier mon sac. Je lui donne, elle l'ouvre. Elle me parle d'une voix dure et autoritaire.

-C'est quoi ça, des masques?
-Des marionnettes.
-Vous faites quoi ici?
-Je suis venue voir le spectacle.
-Vous avez vos billets?
-Non.
-Allez vous-en, vous n'avez pas d'affaire ici.
-Je ne peux même pas aller voir les kiosques?
-C'est quoi ça?
-Des poïs. De la jonglerie maorie.

Elle tâtonne mes boules de tissus pour voir s'il n'y a pas qqe chose à l'intérieur. On s'organise pour m'escorter vers la sortie. Trois policiers m'encadrent.

(moi)-Ça doit être une dure journée pour vous.
-Pour nous aussi, c'est dur, vous savez pas.
(elle n'a vraisemblablement pas compris ce que je lui ai dit)
-Vous allez vers Longueuil ou Berri?
-Berri.

On m'escorte vers le quai d'embarquement. On me met avec une sept-huit autres personnes (toutes dans le début de la vingtaine, je crois) encadrées de cinq-six policiers. Deux gars tentent de parlementer. "Merde, on veut juste aller à la ronde!"

Le métro arrive, on nous fait embarquer. On nous demande de rester dans un coin du wagon délimité par deux policiers qui nous encadrent. Une jeune fille parle avec l'un d'eux. Je n'écoute pas trop la conversation. Une fille à côté de moi lit un livre. 1984. Je me penche pour lire par-dessus son épaule. Un jeune homme nous prend en photo de l'autre bout du wagon.

On arrive au quai de Berri-UQAM. Environ huit policiers nous attendent. L'un d'eux porte tout un kit noir, veste pare-balle et tasers (je crois que c'est ça) et a un berger allemand. On nous fait sortir. On nous place contre le mur, on nous demande de nous tourner face contre le mur. On attend un peu. Les deux jeunes qui voulaient aller à la ronde sacrent et rouspettent. Un policier prend la parole.

-Vous voyez le grand noir, là? (on se tourne pour voir un policier de six pieds cinq (à peu près) de couleur noire qui nous attend au bout du mur). Vous allez le suivre à la queue l'un derrière l'autre.

On part, on nous escorte (7-8 arrêtés, 7-8 policiers, environ) dans la station jusqu'à une porte de sortie de secours. Avant d'entrer dans une longue cage d'escalier, un jeune policier qui garde la porte lâche tout bas, à mon passage: "bonne chance dans vos études". Je me retourne "Merci!" en souriant. On monte une longue volée de marches. Les deux jeunes qui voulaient aller à la ronde discutent avec un autre jeune polcier qui semble "cool" et semble leur faire comprendre que lui aussi, il trouve que ça n'a pas de bon sens. L'un d'entre eux dit "si j'avais eu ma caméra, j'aurais filmé tout ça". On est 2-3 à sortir nos cells de nos poches et à commencer à filmer tout en marchant.

On aboutit dans une sortie de métro, celle la plus près de l'UQAM, je crois. Une policière nous attend et nous dit que si on nous revoit dans une sation de métro, on va être arrêtés. Deux jeunes veulent discuter avec elle. Je m'arrête avec mon cell pour filmer le tout. Le grand policier de couleur noire me met la main dans le dos.

-Vous allez sortir (en m'indiquant la porte);
-J'aimerais ça écouter le conversation
-Non, vous sortez.

Le policier avec un berger allemand me regarde. Le policier noir me pousse dans le dos doucement. Je soupire et sort. Dehors, une jeune fille semble ébranlée et émotive. Je lui presse le bras et lui sourit. On jase un peu, on se dit que ça n'a pas de bon sens. On se souhaite bonne journée, je repars. Je marche jusqu'à ma voiture, prend mon portable et me rend à l'auberge de jeunesse où j'ai dormi la veille pour écrire ceci.

Je déclare que tous les renseignements fournis dans ce document sont exacts et véridiques au meilleur de ma connaissance. Les dialogues ont été transcrits au meilleur de ma mémoire, mais diffèrent sans doute de la réalité au niveau de la forme des phrases. Ce texte est exempt de droits d'auteur et peut être utilisé à toute fin que vous jugeriez utile.»

re: mensonges..

si vous ne donnez aucune preuve, vous risquez fort bien de passer pour un menteur vs aussi

Mensonges du SPVM

Voilà l'article des deux journalistes qui ont fiat l'expérience de porter le carré jour et de se faire arrêter sur Le Devoir :

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/352102/recit-d-un-petit-voyage-en-metro-avec-un-carre-rouge

Mensonges des policiers

2 journalistes on fait l’expérience de porter le carré rouge. Le résultat : - ils sont expulsés

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