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Des Québecois arrêtés pour port du carré rouge

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Ce bout de tissu cousu sur un vêtement est devenu l'emblème du « printemps érable » québécois et serait désormais à lui seul un motif d'arrestation. Malgré les démentis de la police, c'est ce que dénoncent plusieurs opposants à la loi qui vise à augmenter de 75% les frais universitaires, qui n'osent plus le porter en public, notamment lors des manifestations.

Avec notre correspondante à Montréal, Marie-Laure Josselin

« J’ai choisi, dans les manifs, de ne pas porter le carré rouge ». Pour Emilie, une étudiante qui manifeste régulièrement, c'est fini : depuis plusieurs semaines déjà, elle n'accroche plus de carré rouge sur sa veste : « avec ces carrés rouges, on se fait pointer en fait, puis on se fait identifier », assure-t-elle.

Le carré rouge est le symbole de la contestation étudiante, porté désormais par tous les âges. Or, depuis deux jours, les témoignages se multiplient sur les réseaux sociaux. Des personnes y indiquent s’être fait arrêter ou fouiller, uniquement parce qu’elles avaient mius en évidence sur leurs vêtements le fameux symbole.

En quatre jours de festivités liées au Grand prix de Formule 1, il y a eu 130 arrestations à Montréal, dont 34 préventives pour la journée de dimanche. Gabriel Nadeau-Dubois, le porte-parole de la Classe, l’association la plus importante et la plus radicale, crie au profilage politique qu'il juge « extrêmement inquiétant pour notre démocratie ».

Mais le chef de service de police de la ville de Montréal, Marc Parent, se défend : « il n’y avait pas de fouilles ou d’interpellations systématiques  sur les gens qui arboraient le carré rouge. C’était basé sur des comportements qui laissaient croire qu’il y avait des raisons de douter. Il faut se souvenir qu’il y avait aussi des menaces spécifiques dimanche pour la tenue de la manifestation ».

La Classe demande une enquête indépendante et s’adresse à la commission des droits de la personne du Québec, pour qu’elle se penche sur la question.

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