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G20 au Mexique : l'Europe mise au banc des accusés
Les chefs d'Etat et de gouvernement des pays riches et des grandes économies émergentes, le G20, se réunissent lundi 18 et mardi 19 juin 2012 à Los Cabos, sur la côte ouest du Mexique. Ils ont commencé leurs travaux hier dans la soirée. Comme lors du dernier G20 de Cannes, la crise en Europe monopolise les débats. L'Union européenne est pointée du doigt par les dirigeants du G20. La tension est également palpable lorsque David Cameron critique les mesures fiscales envisagées par la France. Une sortie peu appréciée par la délégation française.
Envoyée spéciale à Los Cabos (Mexique),
Avant même le début du sommet du G20, lundi 18 juin 2012 au soir, le président américain Barack Obama, qui a multilplié ces derniers jours les entretiens téléphoniques avec ses homologues européens, avait rencontré la chancelière allemande Angela Merkel.
Barack Obama s'est également entretenu avec tous les dirigeants européens du G20.
C'est dire l'importance accordée par les Etats-Unis à la crise qui secoue, depuis 2009, la vieille Europe. Un continent mis au banc des accusés à ce G20 de Los Cabos, au point que certains ne cachent plus leur agacement face à cet interventionnisme qui ne dit pas son nom, notamment le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso :« L’Europe, c’est 27 démocraties, et parfois en démocratie, les décisions prennent du temps. Nous sommes une union d’Etats et non pas une union intégrée, comme d’autres le sont. »
Un argumentaire qui ne passe pas auprès des partenaires du G20, sans compter que l’Europe arrive divisée à ce G20. La semaine dernière le couple franco-allemand, considéré par beaucoup comme le moteur de l'Europe, a affiché au grand jour ses divisions. Le ministre français du Travail Michel Sapin, qui accompagne François Hollande à ce sommet a reconnu que l'harmonie n'était pas vraiment au rendez-vous : « Il existe des difficultés. Les rencontres comme le G20 sont faites pour surmonter ces tensions et pour avancer des propositions. Beaucoup de pays européens veulent proposer des solutions y compris à leur autres partenaires du G20. »
Relancer la croissance
Et certains Européens, sans l'afficher ouvertement, ne sont d'ailleurs pas mécontent des pressions exercées sur l'Allemagne pour qu'elle lâche du lest et accepte la mise en place de mesures de relance de la croissance. La crise en Grèce est, en effet, loin d'être terminée. Les caisses sont vides et le pays a besoin de façon urgente de l'aide promise par les Européens. L'Espagne inquiète également, ses taux d'emprunt à dix ans ont, lundi, atteint 7,25%, un record.
Une situation inacceptable pour les dirigeants non-européens du G20, comme le souligne Fabrice Cousté directeur général du courtier CMC Market : « Les dirigeants internationaux vont mettre la pression aux pays européens pour qu’ils mettent en place des vrais solutions. Un plan d’envergure de manière à donner de l’air à l’économie européenne, et par ricochet aux économies émergentes et aux Etats-Unis. Car aujourd’hui, la planète des marchés financiers s’est arrêtée et tourne uniquement autour de ce qui va se passer en Grèce, en Espagne et en Europe. »
Sans compter qu'à Los Cabos, les critiques à l'encontre de l'incapacité des Européens à juguler la crise se multiplient. Dernière en date, celle d’Angel Gurria, le secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui a déclaré qu'il était temps que les Européens se décident enfin à utiliser « les moyens considérables » à leur disposition pour calmer les marchés ».
Taxe sur les transactions financières
D’autres dossiers sont également au menu des discussions de ce G20, et notamment ceux qui concernent l'aide au développement, la lutte contre le protectionnisme ou encore la taxe sur les transactions financières.
Des thèmes souvent portés par des ONG qui ont de plus en plus de mal à se faire entendre dans ce genre de forum, comme le rappelle Luc Lamprière, le directeur d'Oxfam France : « Notre rôle principal dans ces sommets est de rappeler aux leaders du G20, la responsabilité qu’ils ont vis-à-vis de leur propres populations. La crise économique, ce n’est pas seulement des problèmes de taux d’intérêt et de dette souveraine, ce sont également des sujets qui concernent la vie de millions de personnes, avec des conséquences comme le manque de financement pour des questions alimentaires. »
Une fois encore, ses questions, pourtant essentielles, risquent d'être relégués à une simple déclaration de bonnes intentions, un paragraphe pour se donner bonne conscience dans la déclaration finale du G20, diront les plus cyniques.
L'Elysée affiche son optimisme pour le G20 Avec notre envoyé spécial à Los Cabos, Florent Guignard « Les préoccupations des Etats-Unis rejoignent les nôtres, ça aide. » Un conseiller du président français François Hollande ne cachait pas son intérêt avant la rencontre entre le président américain Barack Obama et les dirigeants européens présents au G20. On se souvient du G8, en mai dernier, où le soutien des Etats-Unis aux politiques de croissance était tombé à point nommé pour François Hollande. L’isolement de la chancelière allemande Angela Merkel avait été flagrant, et depuis l’élection de François Hollande les relations entre Paris et Berlin demeurent compliquées. On l’a vu la semaine dernière avec des échanges de mots pas très doux. Mais à en croire l’Elysée, tout cela serait monté en épingle par la presse, alors que la France et l’Allemagne partageraient la même vision, mais ne mettraient pas le curseur au même endroit. Tout n’est pas simple, reconnaît l’Elysée qui dément pourtant toute crispation. La presse n’est pas obligée de le croire, mais il n’est pas question de braquer la chancelière allemande avant deux semaines de négociations cruciales jusqu’au Conseil européen de la fin du mois. Message de confiance, optimisme de bon aloi sont affichés par la France satisfaite du projet de communiqué final du G20 et de son message de soutien de la croissance et à la stabilité adressée aussi bien aux marchés qu’aux citoyens. En revanche le secrétariat permanent, chargé d’assurer le suivi des G20 et voulu par Paris, a été rejeté. « Une déception », dit-on. La seule, d’ailleurs, que veut bien concéder l’Elysée. |

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