A la Une : Medicare, 63 millions de dollars détournés sur des comptes à Cuba
Encore une fois, le système américain d'assurance-maladie, Medicare, a été victime d'une fraude massive. Entre 2005 et 2009, 63 millions de dollars ont ainsi été détournés pour atterrir sur les comptes à Cuba.
Le Miami Herald révèle cette affaire de détournement d'argent de grande envergure. En effet, cela fait des années, que les autorités américaines cherchent à combattre la corruption qui frappe le système de santé Medicare, notamment en Floride. Mais les enquêteurs ont découvert un réseau qui transférait l'argent détourné sur les comptes à Cuba. « On a certainement affaire à un réseau très sophistiqué », a déclaré Ron Davidson, assistant du procureur fédéral. Au centre de cette affaire justement : Oscar Sanchez, 46 ans, résident de Miami et propriétaire d'une entreprise d'encaissement de chèques.
« Ce dernier aurait joué un rôle majeur dans le détournement de millions de dollars vers le système bancaire cubain. Avant d'aboutir dans plusieurs comptes d'une filiale de la Republic Bank à La Havane, l'argent serait passé par Montréal, sur des comptes de la Banque royale du Canada », rapporte le Miami Herald. Selon les informations du journal, des douzaines de faux fournisseurs de Medicare auraient également participé à l'opération. Pour le suspect numéro 1, Oscar Sanchez, le détournement d'argent était en tout cas visiblement lucratif. L'accusé est propriétaire de sept résidences de luxe dans la région de Miami. Le juge a ordonné sa détention pour éviter une fuite vers Cuba.
Fin des expulsions de jeunes sans papiers aux Etats-Unis
L'annonce de Barack Obama, la semaine dernière, de la fin des expulsions de jeunes immigrés sans-papiers sous certaines conditions, fait toujours la Une aux Etats-Unis.
Cette annonce s'applique aux mineurs qui sont arrivés aux Etats-Unis avant l'âge de 16 ans, qui sont actuellement âgés de moins de 30 ans, scolarisés ou qui ont obtenu leur baccalauréat. A l'approche de l'élection présidentielle, cette décision du président a été largement interprétée comme un appel du pied en direction des électeurs hispaniques. Mais ce qui fait le bonheur des uns, fait le malheur des autres, estime aujourd'hui le Christian Science Monitor.
« La décision de Barack Obama de délivrer des permis de travail à certains jeunes sans-papiers n'arrange pas les affaires des Afro-Américains, en manque cruel d'emploi », explique le journal en ligne de Boston. « Certains analystes se posent d'ores et déjà la question de savoir si le président sortant pourrait perdre des soutiens parmi son plus fidèle électorat: les Noirs ».
Mitt Romney, les Républicains, et le « dilemme » de l’immigration
Le camp républicain a immédiatement dénoncé une décision politicienne du président sortant à l'approche des élections. Sauf que le candidat républicain, Mitt Romney, a lui aussi besoin de l'électorat hispanique s'il veut avoir une chance de se faire élire au mois de novembre. Du coup, l'adversaire de Barack Obama se montre d'une prudence extrême et fustige le Washington Post. Dans son éditorial, le quotidien accuse Mitt Romney de ne pas jouer franc jeu. « Le candidat ne donne jamais une réponse claire quand on lui demande sa position sur l'immigration. Tout cela, parce que dans son fort intérieur », estime le Washington Post, « Mitt Romney ne partage pas la ligne dure en matière d'immigration. Une ligne qu'il a pourtant dû défendre lors du processus des primaires pour rallier les ultraconservateurs chez les républicains sur sa candidature. Maintenant, voilà le dilemme: il ne peut pas soutenir la décision de Barack Obama, sous peine de perdre le soutien au sein de son propre parti, ni continuer à tenir un discours ultraconservateur, sous peine de ne rallier aucun vote hispanique. Du coup, Mitt Romney marche sur des œufs, et c'est pathétique », conclut le Washington Post.

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