A la Une : Le sommet Rio+20, un échec ?
Le sommet Rio+20 s’ouvre mercredi 20 juin 2012 et déjà, deux visions s’affrontent. Celle des gouvernements qui, à l’instar de la présidente brésilienne, considèrent le projet de déclaration comme une grande avancée. Selon Dilma Roussef qui s’exprime dans les colonnes du journal O Globo, « le texte est déjà une victoire en soi parce qu’il a été adopté avant la réunion officielle des chefs d’Etat ». Faux, rétorquent les représentants de la société civile, qui se disent déçus et parlent déjà d’un « Rio moins 20 ». Selon eux, ce qui manque au projet, ce sont les mécanismes qui permettent de mettre en place les directives contenues dans le projet de déclaration, des directives en faveur d'un développement durable, réconciliant protection de l'environnement et éradication de la pauvreté.
Pourquoi les Etats refusent des engagements concrets ?
Selon le New York Times, l’ombre de la crise économique plane sur le sommet Rio+20. Et on le sait, l’écologie, cela coûte de l’argent. La politique intérieure s’est aussi rappelée au bon souvenir de certains dirigeants, et le président américain Barack Obama, le Premier ministre britannique David Cameron ou encore la chancelière allemande Angela Merkel ont préféré rentrer chez eux, après le G20.
Le caricaturiste du International Herald Tribune a dessiné le dilemme du sommet à sa manière. Débout sur un pupitre, la présidente brésilienne Dilma Rousseff met en garde les participants : « Attention, les ressources de la terre sont limitées ». Les délégations lui répondent en choeur : « Les nôtres aussi ! ». Pour le New York Times, il ne faut pas s’attendre à des résultats concrets à l’issue de ce sommet. Jeffrey Sachs, directeur de l’institut de la Terre à la Columbia Université de New York, estime que la date de la conférence a été mal choisie. « L’Europe est aujourd’hui en panne, alors qu’elle était jusqu’ici la force motrice qui poussait vers un développement durable ».
Ahmadinejad renforce les alliances en Amériques Latine
Parmi les participants au sommet, il y en a aussi qui ne s’intéressent pas forcement à la protection de la nature. En fait, ils sont venus pour d’autres raisons. C’est le cas du président iranien. Selon le site Infolatam, si Mahmoud Ahmadinejad fait officiellement le déplacement à Rio de Janeiro pour vanter les ambitions de son pays en matière d’environnement, son véritable agenda est politique. « Il profite de ce voyage en Amérique latine pour augmenter son influence sur la Bolivie, un pays qui l’interesse surtout à cause de ses reserves en uranium et en lithium ». Ce metal mou est considéré comme le futur « or gris », utilisé dans les batteries de voitures électriques. « Mais plus important que la visite d’Ahmadinejad en Bolivie, son étape au Venezuela », écrit Infolatam. Les deux pays ont entamé une étroite coopération militaire qui s’est traduite par la vente d’avions iraniens de renseignement.
En Haïti, le président Michel Martelly a promulgué un amendement constitutionnel. Après des mois de tractations, il a cédé à la pression de la communauté internationale, commente Radio Kiskeya sur son site. Une charte fondamentale révisée va donc entrer en vigueur, un texte qui comporte selon elle des innovations et propositions intéressantes. Par exemple, la reconnaissance de la double nationalité et la formation du Conseil électoral permanent (CEP), qui doit organiser notamment les prochaines élections législatives partielles.
Le Nouvelliste salue la nouvelle mouture de la Constitution qui selon le journal de Port au Prince « renforce les institutions indépendantes et enlève un peu de pouvoir au gouvernement, au Parlement et à la justice ».
Le retour du « démembreur »
Au Québec, les Unes des journaux ressemblent un peu à des affiches des films d’horreur. Avec des titres qui en disent long. Par exemple le Journal de Montréal a choisi : « Le démembreur est de retour ». « Le démembreur », c'est-à-dire le canadien Luka Rocco Magnotta accusé d’avoir tué et dépecé un étudiant chinois. Le journal raconte sa première comparution devant le tribunal qui s'est déroulée par vidéoconférence. Magnotta doit répondre à cinq chefs d’accusation dont meurtre prémédité. Son avocat plaide non coupable.
Un autre sujet fait les titres au Québec : certaines entreprises partent en guerre contre la langue française. Tout est parti d’une décision de l’Office québécois de la langue française, qui a décidé de ne plus tolérer l’affichage des marques de commerce, dans la seule langue anglaise. Ainsi, selon le journal Le Devoir, les chaînes comme Starbucks devraient maintenant ajouter un nom générique comme café, à leur enseigne. Mais les commerçants, dont plusieurs multinationales, n’entendent pas se laisser faire. Ils contestent vigoureusement ces dispositions, pourtant déjà prévues par la loi depuis longtemps.

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