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A la Une : crise politique au Paraguay
« Encerclé », titre ce vendredi 22 juin en grosses lettres le journal paraguayen La Nacion sur un portrait du président Fernando Lugo. Le chef de l'Etat se trouve en effet au bord de la destitution. « Après le vote, hier, du Parlement qui s'est déclaré favorable au lancement d'une procédure de destitution, c'est aujourd'hui le Sénat qui va décider en dernière instance du destin du président, où une accablante majorité des élus sont opposés à Fernando Lugo », rapporte le journal.
Visiblement, le chef d'Etat sait que ses chances sont minimes de rester au pouvoir, constate de son côté le quotidien Cronica, car « d'ores et déjà il cherche à savoir dans quel pays il pourrait se refugier au cas où il serait démis de ses fonctions. Dès jeudi, le président Lugo a rendu visite aux ambassades des Etats-Unis, du Venezuela et d'Equateur ».
L'opposition, qui détient la majorité au Parlement et au Sénat, souhaite donc que Fernando Lugo quitte ses fonctions. L'Eglise a également appelé l'ancien évêque à démissionner. Mais une partie de la population, et notamment les couches défavorisées, sont prêtes à défendre celui qu'elles appellent « leur » président. Ainsi, les premiers affrontements ont déjà eu lieu, hier, à Asuncion, où « jeunes et adultes, étudiants et travailleurs ont spontanément manifesté devant le Parlement pour protester contre le processus de destitution », raconte Ultimas Horas.
Le journal rapporte également qu'une marche des paysans sans terre est en train de se mettre en route vers la capitale où les autorités ont déployé 4 000 policiers pour protéger le Parlement national.
Le New York Times publie aujourd'hui également un article sur la situation tendue au Paraguay. « Les habitants d'Asuncion sont inquiets », explique le correspondant local du quotidien américain. « La plupart des magasins de la capitale restent fermés aujourd'hui, et les enfants ne sont pas envoyés à l'école. Des hôpitaux de la région ont libéré un maximum de lits, craignant des violences dans les prochains jours ». Un analyste politique du Paraguay résume dans les colonnes du New York Times la situation ainsi : « Nous n'allons pas échapper à des affrontements. Je conseille à tous les citoyens d'aller au supermarché et d'acheter tout ce qu'ils peuvent. Les prochains jours risquent d'être rudes ».
Le ministre américain de la Justice, Eric Holder, cible des républicains
La presse américaine revient aujourd'hui sur le cas d'Eric Holder, ministre de la Justice américain, menacé par un vote de défiance. Son refus de collaborer à une enquête sur une opération secrète manquée le met dans l'embarras.
Il s'agit de l'opération « Fast and furious », lancée en 2009. Des centaines d'armes à feu sont alors volontairement envoyées au Mexique par des agents américains qui espèrent les repérer par la suite et ainsi piéger les cartels de drogue. « Une idée spectaculairement idiote », estime l'éditorialiste du Washington Post. En effet, les agents perdent finalement la trace des armes. Pire encore : deux d'entre elles sont retrouvées en 2010 sur la scène du meurtre d'un douanier américain.
Aujourd'hui, une commission parlementaire, présidée par le républicain Darrell Issa, enquête sur l'opération manquée. Mais Eric Holder refuse de remettre plusieurs documents nécessaires. La commission a donc répliqué mercredi par une défiance votée par 23 républicains contre 17 démocrates. A quelques mois de l'élection présidentielle, le Washington Post estime en revanche, que les membres républicains de la commission d'enquête « ne sont pas intéressés par la vérité dans cette fameuse affaire mais veulent seulement marquer des points politiques ». Car c'est un fait : à travers Eric Holder, c'est bien le président Barack Obama qui est visé.
Rocher devient pomme de discorde entre l’Allemagne et des Indiens vénézuéliens
C’est l’étonnante histoire d'un rocher, devenu pomme de discorde entre l'Allemagne et des Indiens du Venezuela. Ce rocher magnifique de 35 tonnes est en effet exposé depuis 15 ans déjà dans un parc public à Berlin. Il fait partie d'un projet de l'artiste Wolfgang Kraker von Schwarzenfeld, qui explique l'avoir reçu comme cadeau de la part du gouvernement vénézuélien à l'Allemagne. Seulement voilà, « 15 ans plus tard, des Indiens Pemon, originaires du sud du Venezuela, réclament la restitution de ce rocher, sacré à leurs yeux, et qui, selon eux, leur a été volé », explique aujourd'hui le Miami Herald. « Les Indiens ont manifesté hier devant l'ambassade d'Allemagne à Caracas », rapporte aussi le site internet de la télévision vénézuélienne Télésur, « où ils étaient reçus par l'ambassadeur qui leur a promis de transmettre leurs revendications à Berlin ».

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