A la Une : crise politique au Paraguay, le nouveau pouvoir de plus en plus isolé
C'est encore la crise politique au Paraguay qui fait les grands titres sur le continent latino-américain aujourd'hui. Après la destitution express du président Fernando Lugo vendredi dernier, l'inquiétude des pays voisins du Paraguay est aujourd'hui palpable. Rappelons que le président était accusé par l'opposition d'avoir mal géré une opération policière visant à évacuer des paysans sans terre d'une propriété privée et qui avait causé la mort de 17 personnes.
« Le Mercosur exclut le Paraguay de son prochain sommet », annonce en grosses lettres le journal bolivien Los Tiempos. « Les trois partenaires du Paraguay au sein du marché commun, qui sont l'Argentine, le Brésil et l'Uruguay, en ont décidé ainsi. C'est un nouveau coup dur pour Federico Franco, qui a remplacé le président déchu Fernando Lugo », constate le quotidien. « De nombreux pays voisins ont retiré leurs ambassadeurs du Paraguay. Et l'Uruguay appelle même à des élections anticipées ».
« Carton jaune pour le Paraguay », titre aussi Pagina 12. Le journal argentin souligne qu'en plus du Mercosur, le Paraguay risque également d'être exclu de l'Unasur (Union sud-américaine des nations). Outre les sanctions diplomatiques, les nouvelles autorités à Asunción vont aussi devoir composer avec des probables sanctions économiques, explique encore Pagina 12. « Le président vénézuélien Hugo Chavez a d'ores et déjà annoncé la suspension des envois de pétrole ».
« Et c’est une sanction qui fait mal », estime de son côté le quotidien paraguayen ABC Color, car 30% du pétrole utilisé au Paraguay provient du Venezuela. « Si sanctions économiques il devait y avoir, cela pénaliserait avant tout les classes défavorisées du pays, et notamment les paysans pauvres sans terre, à l'origine de la crise politique », constate La Nación. « Ce n'est donc pas étonnant que l'ensemble des mouvements paysans exigent le retour de Fernando Lugo à la présidence du pays. Les paysans veulent organiser une désobéissance civique au niveau national pour y arriver », conclut La Nación.
Les Américains dans l’attente de la décision sur la réforme de la santé
Aux Etats-Unis, tout le monde attend fiévreusement que la Cour suprême tranche cette semaine sur le sort de la réforme phare de Barack Obama sur la santé.
Le New York Times résume l'excitation générale qui règne actuellement à Washington ainsi : « Pour les membres du Congrès, les lobbyistes du secteur médical, les équipes de campagne électorale et les milliers d'avocats, l'attente de la décision de la Cour suprême devient presque insupportable. Tout le monde se connecte tout le temps sur un blog dédié à chaque mouvement dans les coulisses de la Cour suprême. Tout le monde joue à des jeux sur internet qui permettent de choisir parmi différents scénarios pour l'avenir de la réforme de santé. Tout le monde écrit différents communiqués de presse par avance pour réagir au plus vite après l'annonce de la décision. Bref : tout le monde est au bord de la crise de nerfs ».
« C'est le secret le mieux gardé de Washington », s'amuse l'Atlanta Journal. « Pourtant, dans cette ville rien n'est jamais gardé secret. Mais cette fois-ci, les neuf juges de la Cour suprême et leurs assistants sont visiblement déterminés à ne rien laisser filtrer sur le jugement qui décidera si la réforme de la santé de Barack Obama est conforme à la Constitution américaine ou non ». L'une des juges de la Cour suprême, Ruth Bader Ginsburg, balaie d'ailleurs les rumeurs dont bruissent les médias américains d'un revers de la main en expliquant : « A la Cour suprême, ceux qui savent ne parlent pas. Ce sont ceux qui ne savent pas qui parlent ».
Une chose est sûre, conclut l'Atlanta Journal, « la décision de la Cour suprême intervient en pleine campagne électorale. Elle mettra un terme à une bataille politique qui aura divisé les Américains comme aucune autre ces dernières décennies ».
Les Américains ne croient plus que leur futur président peut résoudre la crise
Justement, à propos de la campagne électorale, le Washington Post publie aujourd'hui un nouveau sondage qui ne devrait rassurer ni Barack Obama, ni son adversaire républicain, Mitt Romney. Premier enseignement de ce sondage : l'économie est bel et bien la préoccupation principale des Américains en cette année électorale. Deuxième enseignement : la moitié des Américains ne croient plus que le futur président pourra sortir leur pays de la crise économique, qu'il s'agisse de Barack Obama ou de Mitt Romney. « Alors qui va pouvoir convaincre les Américains, pessimistes comme jamais, qu'il sera capable de trouver des solutions et de les mettre en œuvre ? C'est sur cette question que va se jouer l'élection présidentielle », conclut le Washington Post.

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