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    Amériques

    Admission surprise du Venezuela au sein du Mercosur

    media La présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner (G) et le ministre des Affaires étrangères vénézuelien Nicolas Maduro, le 29 juin 2012, lors du sommet du Mercosur. REUTERS/Enrique Marcarian

    L'Unasur et le Mercosur, les deux principales organisations de la région, réunies séparément en sommet dans la ville argentine de Mendoza le 29 juin, ont décidé d’exclure temporairement le Paraguay après la destitution du président Fernando Lugo. Une exclusion dont a profité de manière inattendue le Venezuela d’Hugo Chavez.

    De notre envoyé spécial à Mendoza, Jean-Louis Buchet

    Venezuela 1, Paraguay 0. En termes footballistiques, tel serait le résultat des réunions qui ont rassemblé les principaux dirigeants sud-américains à Mendoza, au pied des Andes argentines, le 29 juin. Initialement, cette terre de vignobles devait accueillir le sommet semestriel des chefs d’Etat du Mercosur, le marché commun du Sud (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) et des pays qui lui sont associés (Bolivie, Chili, Pérou et Venezuela). Mais la destitution surprise par le Parlement paraguayen du président Fernando Lugo, une semaine plus tôt, a changé la donne.

    Considérant, non sans raison, que Lugo, écarté du pouvoir au terme d’un procès expéditif, avait été victime d’une sorte de putsch institutionnel, les pays du Mercosur ont aussitôt rayé de la liste des invités le nouveau président Federico Franco. Ils ont aussi annoncé qu’ils prendraient de nouvelles mesures à Mendoza. Même attitude pour les autres membres de l’Unasur, l’Union des nations sud-américaines (qui regroupe les pays précédemment mentionnés plus la Colombie, l’Equateur, le Guyana et le Surinam), qui décide de tenir un sommet extraordinaire consacré à crise paraguayenne à la suite du sommet du Mercosur, toujours à Mendoza.

    Sans surprise, les chefs d’Etat participant aux réunions ont réaffirmé leur refus de reconnaître le gouvernement du président Franco, excluant du même coup le Paraguay du Mercosur et de l’Unasur, en vertu de la « clause démocratique  » inscrite dans les statuts des deux organisations. L'exclusion est temporaire, et prendra fin avec la tenue d’élections transparentes permettant de désigner de nouvelles autorités, comme l’a précisé l’hôte du sommet, l’Argentine Cristina Fernandez de Kirchner. Il faudra donc attendre avril 2013, date prévue pour les prochaines présidentielles paraguayennes, sauf avancement du scrutin.

    Entrée surprise du Venezuela au sein du Mercosur

    Mais, de manière inattendue, les présidents Cristina Fernandez de Kirchner, Dilma Roussef (Brésil) et José Mujica (Uruguay) en ont profité pour annoncer l’admission du Venezuela comme membre de plein droit du Mercosur, avec effet au 31 juillet. Il faut dire que l’entrée du pays d’Hugo Chavez, décidée en 2006, devait être ratifiée, conformément aux statuts de l’organisation, par les parlements de l’ensemble des pays membres. Or le Sénat paraguayen s’y refusait obstinément, ce qui irritait les Vénézuéliens bien sûr, mais aussi les Argentins, les Brésiliens et les Uruguayens.

    Le Paraguay étant désormais exclu du Mercosur, les participants au sommet de Mendoza ont voulu considérer que l’obstacle était levé. Juridiquement, l’argument est faible, puisque ce dernier pays est appelé à retrouver sa place dans l’ensemble régional et pourrait refuser toujours de ratifier l’admission du Venezuela si la composition actuelle du Sénat ne changeait pas. A l’évidence, la décision a été politique. C’est aussi un succès personnel pour Chavez, qui reçoit le soutien de ses partenaires alors qu’il lutte contre la maladie et pour garder le pouvoir aux élections d’octobre 2012. Malgré son absence, le chef de l’Etat vénézuélien est ainsi le grand gagnant du sommet.

    Les perdants sont les deux présidents paraguayens. Celui qui est en place, Federico Franco, parce qu’il est totalement isolé dans la région. Le déchu, Fernando Lugo, parce que le Mercosur et l’Unasur ne demandent pas son retour au pouvoir, mais la tenue d’élections où il n’est même pas sûr qu’il pourra être candidat.

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