Revue de presse des Amériques - 
Article publié le : vendredi 06 juillet 2012 à 18:53 - Dernière modification le : vendredi 06 juillet 2012 à 18:53

A la Une : bébés volés : lourde condamnation de l’ancien dictateur argentin

Par Anne Corpet

En Argentine, la condamnation à de lourdes peines de prison d'anciens responsables de la dictature, coupables d'avoir mis en place « un plan systématique » de vols de bébés d'opposants fait la Une de plusieurs journaux. « Bébés volés, cinquante ans de prison pour Videla » titre le journal Los Andes... « La Cour fédérale a fourni la preuve de l'existence d'un plan systématique de vols des enfants d'opposantes prisonnières qui étaient enceintes », détaille le quotidien qui précise « pendant la lecture du verdict qui le condamnait à la prison à la perpétuité, l'ancien dictateur Videla n'a pas cessé de regarder la présidente du tribunal ».  « Les crimes commis sont imprescriptibles...C'est la première fois que les crimes de la dictature sont décrits comme une pratique systématique et généralisée», souligne pour sa part le journal La Nacion à Buenos Aires. Le journal publie une photo de l'ancien dictateur, droit dans son costume bleu marine. Et le quotidien rappelle : « Videla ne s'est jamais repenti de ses actes. Lorsqu'il s'est exprimé la dernière fois devant le tribunal  la semaine dernière, il a assuré que les prisonnières enceintes utilisaient leur ventre comme un bouclier ». 

Au Mexique, le nouveau décompte des bulletins de l'élection présidentielle

« Lopez Obrador est un mauvais perdant ! », cette déclaration d'Enrique Peña Nieto, le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel fait la Une de plusieurs journaux au Mexique. La Prensa rappelle que le nouveau décompte des voix ne devrait remettre en cause l'élection du candidat du PRI, et le journal reprend les propos ironiques de ce dernier à l'adresse de son adversaire : « Quand Obrador gagne un scrutin, il juge que l'élection s'est déroulée de manière fiable et transparente... Mais quand il perd, c'est que le scrutin n'a pas été équitable ! »  Selon la presse mexicaine, l'Institut fédéral électoral n'a toujours pas fixé d'heure pour l'annonce des résultats définitifs de ces élections, et Lopez Obrador déposera sans doute ensuite un recours devant le tribunal fédéral électoral...

L’argent secret des campagnes électorales locales aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, l'éditorialiste du quotidien populaire USA Today, s'attaque au financement des campagnes politiques... « Révélez le secret du financement de la campagne ! », exige le journaliste qui s'intéresse au financement des campagnes pour les élections locales. « Là où les médias sont moins présents, quelques sommes rondelettes peuvent changer le cours d'une campagne. Les dépenses de campagne sont moins élevés pour les élections locales, et ces scrutins sont donc plus susceptibles d'être influencées par les gros donateurs », affirme-t-il. Le journaliste rappelle qu'au niveau fédéral, la Cour suprême a reconnu l'importance de communiquer les noms des donateurs, mais que les stratèges politiques ont vite appris à contourner la difficulté en formant des organisations soi disant charitables pour échapper à cette contrainte. « Ils ont donné des noms à leurs organisations qui ne permettent pas de connaitre leurs réelles intentions », explique le journaliste qui cite en exemple le groupe des Américains pour la prospérité, d'obédience républicaine, et l'organisation de la majorité patriote américaine, qui est, elle, démocrate. « Pour les scrutins locaux, la législation diffère selon les Etats », explique enfin le journaliste. « Dans une douzaine d'entre eux, il n'y a aucune exigence de transparence pour le financement des élections ». « Le résultat c'est qu'en novembre, les électeurs prendront leur décision en fonction de publicités financées par des inconnus aux motivations secrètes », conclut l'éditorialiste.

Les poches pleines de Mitt Romney

L’éditorialiste du Washington Post parle aussi d'argent... Mais il s'agit cette fois de celui du candidat républicain Mitt Romney. « Le risque politique des talents financiers de Mitt Romney », titre le journaliste. « Je n'ai rien contre les grandes fortunes, et c'est ainsi que je qualifierais celle de Mitt Romney, estimée à 250 millions de dollars », entame-t-il, avant de détailler la manière habile avec laquelle le candidat républicain s'est constitué son pactole : « en envoyant d'un clic de souris son capital dans les lieux les plus susceptibles de rapporter le maximum, profitant d'opportunités inconnues de la majorité des gens ». Et de citer notamment de juteux investissements dans les îles Caïmans ou les Bermudes, où les capitaux peuvent être exemptés d'impôts. « Si j'avais les moyens d'éviter de payer des impôts je le ferais aussi », assure le journaliste, « mais l'une des sources de colère et d'anxiété dans ce pays, est le sentiment qu'il y a deux règles du jeu, l'une pour les riches et les puissants, l'autre pour les gens ordinaires ». Et de sa plume acide il conclut : « je ne pense pas que les Américains souhaitent un président normal. Ils veulent quelqu'un d'exceptionnel à la Maison Blanche. Mais il y a un moment où l'opportunisme financier s'apparente à de la rapacité. Dans la gestion de son portefeuille financier, Mitt Romney a exploité toutes les failles possibles du système. Cela a été bon pour ses finances. Mais je doute que cela soit une bonne politique. »

Escale mystère pour Raul Castro

Le Miami Herald revient enfin sur le voyage que Raul Castro effectue en ce moment en Chine. Et le quotidien s'interroge sur le très long plan de vol du leader cubain... « Le long voyage de Raul Castro en Chine laisse supposer une éventuelle étape secrète », titre le quotidien de Floride qui explique : « Rallier Pékin depuis Cuba prend normalement une journée, mais Raul Castro a mis deux jours pour rejoindre la Chine. Son départ a été annoncé dimanche par la voix officielle du parti communiste cubain... Et il n'a atterri que mardi à Pékin. Cela suscite des interrogations sur une éventuelle étape en chemin. » Une dissidente cubaine interrogée par le journal déclare : « S'il s'est arrêté quelque part en route, c'est un secret d'Etat, comme beaucoup d'autres choses à Cuba ». Mais le journal relativise la portée d'un tel secret avec cette précision : « Raul Castro effectue incognito et presque chaque année un séjour en Italie pour voir la famille sicilienne du mari de sa fille... Il a même été aperçu sur l'un des terrains de golf les plus chics du pays ».

 

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