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    Amériques

    Corruption au Brésil: Mensalao, un «procès pour l’Histoire»

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    A partir de ce jeudi, la Cour suprême brésilienne va se pencher sur le plus grand scandale de corruption politique du Brésil, le scandale du « Mensalao », du nom des mensualités versées pour l’achat de vote au Congrès. Trente-huit personnalités politiques de premier plan sont accusées, toutes apparentées au Parti des travaileurs (PT), au pouvoir depuis dix ans. C’est le parti de l’ex-président Lula et de sa disciple, l’actuelle présidente brésilienne Dilma Rousseff. Aucun des deux n'est accusé. Mais le scandale qui avait failli coûter en 2006 sa réélection à l'ex-président pourrait bien faire basculer les élections municipales d'octobre.

    L’avis émis par Roberto Gurgel, le procureur général de la République, est sans appel : le schéma de corruption sur lequel vont se pencher les juges est « le plus audacieux » que le Brésil ait jamais connu. Un procès monstre qui s’ouvre ce jeudi après sept ans d’enquête, 50 000 pages de dossiers accumulés et 600 témoins entendus. Dimanche dernier, le quotidien brésilien O Globo révélait l’estimation des services du procureur général : près de 101 millions de reais auraient été détournés entre 2002 et 2005, soit plus de 40 millions d’euros. 

    Ils sont 38 sur les bancs des accusés : des anciens ténors du Parti des travailleurs, dont l’ex-chef de la « casa civil » (l’équivalent du Premier ministre au Brésil), José Dirceu, deux ministres, Luiz Gushiken, à l’époque chargé de la Communication, et Anderson Adauto, en charge des Transports. Sans compter une bonne douzaine de membres du Congrès appartenant aux quatre partis alliés au PT, avec lesquels il formait l’alliance gouvernementale durant le premier mandat de l’ex-président Lula, de 2002 à 2006.

    L’organigramme de ce réseau de corruption politique au plus niveau de l’Etat brésilien a été schématisé par le journal O Globo.  

    Achat de vote systématique

    Ces 38 personnes vont devoir répondre aux multiples accusations de détournement de fonds, blanchiment d’argent, association de malfaiteurs, corruption active et passive… Ils encourent pour certains jusqu’à 66 ans de prison.

    La plus grande partie des fonds détournés auraient transité par les comptes en banque d’entreprises détenues par l’entrepreneur Marcos Valerio. Il est accusé d’être le principal maître d’œuvre du « Mensalao ». Objectif de ce système de corruption à grande échelle : acheter massivement les votes des parlementaires brésiliens en faveur du Parti des travailleurs qui vient, en 2002, d’arriver à la présidence de la République, et arracher au Congrès une solide majorité pour soutenir la coalition gouvernementale.

    Roussef et Lula nient avoir été au courant  

    Lorsque le scandale éclate en 2005, tout le PT, et au premier rang duquel le président Luiz Ignacio « Lula » da Silva, est éclaboussé. Les accusations en série manquent de lui coûter sa réélection un an plus tard. Au cours de l’enquête qui s’en est suivie, le charismatique Lula s’est défendu d’avoir trempé dans le système : « Je n’ai pas eu connaissance des attitudes de cette nature (avantages en nature en échange de vote) et une telle hypothèse me paraît inconcevable », a-t-il répondu au procureur qui l’interrogeait en tant que témoin.

    Et Lula de défendre son ancien Premier ministre, José Dirceu, niant « connaître le moindre fait indigne » le concernant. Même son de cloche du côté de l’actuelle présidente brésilienne, qui a occupé lors du deuxième mandat du président Lula, le poste du principal accusé, celui de Premier ministre. Dilma Rousseff, comme Lula son mentor, défend José Dirceu, et affirme avoir pour lui « un grand respect ». Interrogée elle aussi en tant que témoin, la présidente brésilienne a certifié « ne pas avoir entendu parler (du scandale) » et en avoir « pris connaissance par la presse ».

    La classe politique discréditée 

    Les 38 accusés comparaissent libres. Si, dans ce procès historique, seul le Parti des travailleurs est visé, c’est l’ensemble de la classe politique brésilienne qui apparaît aujourd’hui discréditée et clairement perméable à la corruption aux yeux de l’opinion publique. Depuis plus d’un an, des manifestations monstres organisées via les réseaux sociaux comme Facebook, envahissent régulièrement les rues des grandes villes brésiliennes. Avec un seul mot d’ordre : « Stop à la corruption ».

    Un rejet unanime auquel s’est jointe la présidente brésilienne, affirmant vouloir « faire le ménage ». Une position difficile à tenir alors qu’elle a dû se séparer de plusieurs de ses ministres, accusés de corruption ou de trafic d’influence, et que son propre parti doit maintenant affronter les foudres de la justice brésilienne. L’ancien président Lula avait réussi à surmonter la crise et être réélu lorsque le scandale avait éclaté il y a sept ans. Vilipendé dans la presse, son parti va devoir, en pleine bataille judiciaire, faire campagne pour les élections municipales d'octobre prochain.

    Le procès de «Mensalao» représente la fin d'un cycle politique notamment au sein du Parti des travailleurs.
    Gaspard Estrada Chercheur à l'observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes à Science Po Paris. 11/10/2013 - par Silvano Mendes Écouter

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