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Article publié le : jeudi 02 août 2012 à 17:56 - Dernière modification le : jeudi 02 août 2012 à 17:56

Brésil, ouverture d’un procès historique

Par Stefanie Schüler

L’ouverture du procès examinant le plus grand scandale de corruption politique du Brésil fait la Une de nombreux journaux du continent américain aujourd'hui. Un mot revient dans presque tous les commentaires de la presse brésilienne : historique ! A l'instar du Correio Braziliense, journal de Brasilia, qui n’a visiblement pas peur des superlatifs : « ce procès va changer l’histoire du Brésil ! ». C’est à partir de 14 heures, heure locale, que la Cour suprême va se pencher sur ce scandale de corruption qui a failli coûter la réélection au président de l'époque, Lula.

La Folha de Sao Paulo publie le calendrier détaillé du procès qui va durer jusqu’à septembre. Aujourd’hui, au premier jour, le président de la Cour suprême va lire l’acte d’accusation. Une procédure qui prendra à peine 20 minutes. Puis le procureur général va prendre la parole. Il expliquera aux 38 accusés, tous des anciens parlementaires proches du Parti travailleur, les charges retenues contre eux.

Ce procès ne laisse pas indifférente la classe politique au Brésil. Selon O Globo, l’opposition de centre-droit au Parlement a d'ores et déjà annoncé vouloir politiser cet événement. Côté gouvernement, on fait profil bas. « Nous allons continuer à travailler en toute sérénité », explique le porte-parole de la présidente Dilma Rousseff, qui dit avoir une totale confiance dans la justice de son pays. Une confiance que cet internaute qui s’exprime sur le site du journal O Globo ne semble pas partager : « c’est quand même incroyable, écrit-il, que le principal accusé dans ce procès de corruption, José Dirceu, continue en toute liberté à donner des conférences pour des entreprises privées ».

Québec : les casseroles sont de retour

Au Québec, le Premier ministre Jean Charest a, comme prévu, demandé la dissolution de la Chambre et ainsi lancé des élections législatives anticipées. Elles auront lieu le 4 septembre prochain. Et comme on pouvait s'y attendre, les manifestations étudiantes ont repris à Montréal, aussitôt les élections annoncées. « Pour la première fois depuis plus de cinq semaines, les rues de Montréal ont à nouveau résonné du tintamarre des casseroles », écrit Le Devoir.
 
Le quotidien est allé à la rencontre des protestataires et constate que comme lors des grandes manifestations d'étudiants du printemps dernier, des habitants de Montréal, tous âges confondus, se sont joints au défilé dans les rues de la ville. Les casseroles de la contestation contre la hausse des frais scolaires sont devenues des casseroles électorales. « Je ne pense pas que ce soit de la nostalgie de sortir ses casseroles ce soir », déclare une résidante du quartier de la Petite-Patrie dans les colonnes du journal. « Au contraire, c'est le début de quelque chose de nouveau ». « C'est un moment charnière, ajoute son voisin, dont la cuiller en bois fêlée semble déjà avoir vécu quelques batailles ». Il y a fort à parier que les concerts de casseroles vont rythmer les 35 jours de la campagne électorale.
 
Haïti, Port-au-Prince tire le bilan de son carnaval des fleurs
 
En Haïti, la capitale Port-au-Prince tire le bilan du carnaval des fleurs, voulu par le président Michel Martelly. « Le carnaval des fleurs a connu un immense succès tant sur le plan de la participation que sur le plan artistique », titre le site haïtien d'informations en ligne, Haïti Press Network qui poursuit : « mais le bilan des blessés est lourd : 4 morts et plus de 600 blessés ». « Quand on considère le succès du carnaval des fleurs, le bilan des victimes n'est pas négatif », déclare pourtant le délégué du département de l'Ouest, Gonzague Day, dans les colonnes d'Haïti Press Network, puisque plus d'un million de personnes par jour ont défilé dans les rues de la capitale haïtienne.
 
Le succès populaire qu'a connu ce carnaval, va profiter au président haïtien, Michel Martelly. C'est en tout cas ce que pensent la plupart des analystes aujourd'hui. Ainsi, Le Nouvelliste écrit : « Ils étaient là. Par dizaines de milliers, des carnavaliers ont répondu présent à l’appel du plaisir. Ce plaisir a soudé, donné l’impression d’un partage de citoyenneté. Michel Martelly a gagné son pari ».
 
Plus nuancé, et avec une ironie à peine voilée, Frantz Duval écrit dans son éditorial : « Les carnavals nous permettent d'être heureux sans trop nous soucier de ce qui ne marche pas. Notre indice national de « Part Individuelle de Bonheur », ce PIB qui fait tant défaut aux pays riches et aux populations comblées de biens matériels mais malheureuses, va faire des envieux partout. Haïti, première nation heureuse sur la Terre... Nous sommes à la porte d'un nouveau monde ! »

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