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Article publié le : vendredi 03 août 2012 à 19:06 - Dernière modification le : vendredi 03 août 2012 à 19:06

A la Une : la démission de l'émissaire international pour la Syrie, Kofi Annan

Par Stefanie Schüler

Après l'annonce de Kofi Annan de ne pas vouloir prolonger son mandat en tant qu'émissaire international pour la Syrie, mandat qui arrive à son terme le 31 août, une certaine fatalité s'est emparée des éditorialistes américains.

« Et maintenant que faire ? », s'exclame le Christian Science Monitor. « Si la communauté internationale ne veut pas avouer de but en blanc l'échec pur et simple de la diplomatie internationale, il lui faut trouver vite un remplaçant pour Kofi Annan. Mais qui pourrait faire mieux que lui ? Et qui prendra encore le risque de tenter d'imposer un plan de paix sur un terrain, désormais en proie à une véritable guerre civile ? »

Les journaux américains essayent aujourd’hui de tirer les leçons de l'échec de la mission de Kofi Annan. « Ce que nous pouvons apprendre de notre échec en Syrie », titre ainsi le Washington Post. « Premièrement, il est désormais clair qu'aucun plan de paix ne peut se réaliser en Syrie sans un accord fort et inébranlable de la part de la communauté internationale », note le journal. « Deuxièmement, il n'aurait pas fallu sous-estimer le soutien de Vladimir Poutine à Bachar el-Assad ». En effet, écrit le Washington Post, « M. Poutine a pendant des années eu une attitude méprisante envers les révolutions en Ukraine et en Géorgie qui ont chassé des autocrates du pouvoir. Ces derniers mois encore, le président russe a entendu les cris des manifestants sous les fenêtres du Kremlin. Dans ce contexte, Vladimir Poutine n'allait évidemment pas applaudir les roulements de tambours d'une autre révolution qui tente de se débarrasser de son ami, le dictateur syrien. La communauté internationale, Washington en tête, aurait dû le savoir », estime le Washington Post. Et le Time conclut par cette phrase cinglante : « l'annonce de Kofi Annan est simplement l'acte de décès d'une mission diplomatique morte née ».

Haïti : l’International Crisis Group met en garde contre un départ de la Minustah

Une autre mission de paix des Nations unies, celle de la Minustah en Haïti, fait aujourd'hui la Une du Miami Herald. Ce rapport de l'International Crisis Group met en garde les autorités haïtiennes contre un départ précipité des casques bleus du pays. Le Miami Herald rappelle que sous la présidence de Michel Martelly, un départ des troupes onusiennes est à nouveau à l'ordre du jour. Le chef d'Etat voudrait en effet remplacer les troupes onusiennes, très contestées par une majorité d'Haïtiens, par une force armée haïtienne, actuellement inexistante.

« Mais son souhait de faire revivre l'armée du pays s'est heurté au refus de plusieurs pays donateurs, qui estiment que les fonds nécessaires pour relancer une armée seraient mieux placés dans le renforcement de la police haïtienne ». Dans ce contexte, l'International Crisis Group estime que les casques bleus ne devraient pas être forcés à quitter Haïti précipitemment. « Un départ des forces onusiennes créerait indéniablement un dangereux vide sécuritaire et encouragerait le crime organisé et l'apparition de nouvelles violences », estiment les experts.

Brésil : la corruption désormais considérée comme un crime ?
 
Au Brésil s’est ouvert, hier, un procès qualifié de « procès du siècle ». 38 personnes, des parlementaires pour la plupart, se trouvent sur le banc des accusés. On les soupçonne d’avoir mis en place un vaste système de pots de vin. « Pour la première fois, la pratique de l’achat de votes sera soumise au règlement fixé par le Code pénal et la Constitution », ecrit le journal brésilien Estadao. « Et à partir de là, ajoute le journal, ces magouilles très répandues dans le passé ne seront plus tolérées comme une pratique habituelle au sein du Congrès ».

« En fait, le véritable enjeu du procès est très simple », résume O Globo. « La corruption sera-t-elle désormais considérée comme un crime ? C’est à cette question-là que les juges doivent répondre ». Le problème, c’est la faiblesse de l’arsenal judiciaire sur lequel la Cour suprême s’appuie. Et pour renforcer la législation anti-corruption, il faut passer par le Congrès. Seulement voilà : selon O Globo, les parlementaires ne voteront sûrement pas des lois condamnant une pratique qui va à l’encontre de leurs propres intérêts.

tags: Bachar el-Assad - Brésil - Etats-Unis - Haïti - Michel Martelly - ONU - Revue de presse - Syrie - Vladimir Poutine
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