A la Une : l’Equateur accorde l’asile à Julian Assange
A la Une des journaux, surtout latino-américains, ce vendredi : la décision de l'Equateur d'accorder l'asile politique à Julian Assange. Et comme on pouvait s'y attendre, les journaux équatoriens crient au scandale, puisque le président Rafael Correa est très critiqué à l'intérieur de son pays pour mener une guerre sans merci aux médias d'opposition et aux journalistes qui en sont issus.
Ainsi, le quotidien El Commercio écrit : « Alors que le gouvernement équatorien a accordé l'asile politique à Julian Assange, il persécute le directeur du journal El Universo. Celui-ci a dû se réfugier à l'ambassade de Panama à Quito et devinez quoi ? Le gouvernement équatorien a refusé de lui accorder un sauf-conduit. Ça vous rappelle quelque chose ? » Et El Commercio de conclure : « Maintenant que le président Correa accueille le fondateur de WikiLeaks, il faut espérer qu'il écoutera plus attentivement les voix critiques à l'intérieur de son propre pays ».
Dans d'autres pays latino-américains, les journaux ne sont pas tendres non plus avec Rafael Correa. A l'instar du journal colombien El Espectador qui écrit : « Le président équatorien a fait acte souverain d'ironie. Si Julian Assange connaissait le bilan en terme de liberté de la presse de l'homme qui vient de lui offrir l'asile, il préférerait peut-être un séjour derrière les barreaux suédois ».
Et puis, l'affaire Assange est évidemment commentée aussi aux Etats-Unis. Le Miami Herald énonce toute une panoplie de scénarios dignes d'un film de James Bond et qui pourraient permettre à Julian Assange de s'enfuir de la Grande-Bretagne. « Le cyber-journaliste pourrait être caché dans une valise diplomatique, il pourrait s'évader à bord de la voiture de l'ambassadeur d'Equateur à Londres », pour en nommer que deux. Le Christian Science Monitor estime, lui, qu'il serait « plus sûr pour Assange d'avoir l'immunité diplomatique ». Mais comment l'obtenir ? « L'Equateur pourrait par exemple nommer le fondateur de WikiLeaks ambassadeur auprès des Nations unies ».
Une hypothèse qui agace le Los Angeles Times : « Il faut dire les choses telles qu'elles sont », lance le journal : « Nous assistons à une pièce absurde de théâtre diplomatique qui met inutilement en scène un Australien en Grande-Bretagne qui demande à l'Equateur de lui accorder l'asile pour échapper à une extradition vers la Suède parce qu'il a peur des Etats-Unis... Franchement, c'est surréaliste ».
Etats-Unis : un ancien élu démocrate, partisan d’Obama, à la convention républicaine
Aux Etats-Unis le Parti républicain a fait ce jeudi une annonce qui fait couler beaucoup d'encre. La Convention républicaine, lors de laquelle Mitt Romney doit être officiellement investi candidat à l'élection présidentielle, va accueillir un orateur pour le moins surprenant. « Il s'agit de Artur Davis, un ancien élu démocrate Noir de l’Alabama, qui fût, en 2008 l'un de plus fervents partisans de Barack Obama », rapporte aujourd'hui le Washington Post. « Un drôle de converti qui tente d'expliquer à des électeurs conservateurs, pourquoi ce qui fût l'une des causes de sa vie, à savoir l'élection de Barack Obama, est devenue l'erreur la plus importante de sa vie ».
Artur Davis a retourné sa veste après avoir perdu les primaires démocrates pour se présenter au poste de gouverneur de l'Alabama. « Pour les républicains, l'arrivée d'Artur Davis à leur Convention est du pain béni », conclut le Washington Post. « La défection d'un éminent partisan afro-américain de Barack Obama est censée envoyer un message subtil aux électeurs encore indécis, à savoir : ce n'est pas un mal d'être déçu par Barack Obama. Vous pouvez voter contre lui en ayant la conscience tranquille ».
Haïti : naissance d’un nouveau parti politique
Haïti compte depuis ce jeudi un nouveau parti au sein de sa classe politique. Cette nouvelle formation politique porte le nom de « Parti haïtien Tèt Kalé ». Tèt Kale, cela veut dire en français, « crâne rasé », et c'est le surnom de l'actuel président haïtien. Le Nouvelliste rappelle aujourd'hui que Michel Martelly « a gagné l'élection présidentielle en 2010 sous la bannière de Repons Peyizan, un petit parti méconnu de la scène politique et qui comptait au Parlement en tout et pour tout que trois députés ».
Avec la création du Parti haïtien Tèt Kalé, le pouvoir se dote donc d'un « chapeau légal », estime le quotidien. La naissance de la nouvelle formation politique a été annoncée, hier, par le ministre de la Justice, Jean Renel Sanon qui confirme en faire partie. Alors que celui qui a donné son nom au parti, Tèt Kale, le président Martelly n'en est pas membre… Mais, toujours selon le ministre, il « aurait des affinités avec le parti ».

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