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Article publié le : mercredi 22 août 2012 à 00:11 - Dernière modification le : mercredi 22 août 2012 à 09:06

Affaire Assange : pourquoi l’Amérique du Sud soutient Correa

L'Unasur réunie à Guayaquil, en Equateur, a apporté son soutien au président Correa, le 19 août 2012.
L'Unasur réunie à Guayaquil, en Equateur, a apporté son soutien au président Correa, le 19 août 2012.
REUTERS/Stringer

Par Jean-Louis Buchet

C’est au nom de la défense du droit que les pays de l’Unasur (Union des nations sud-américaines) apportent leur appui à l’Équateur dans sa dispute avec la Grande-Bretagne au sujet du fondateur de WikiLeaks. Du même coup, ils réaffirment leur volonté de faire entendre la voix de la région sur la scène internationale.

De notre correspondant à Buenos Aires,

Il n’aura fallu que 72 heures à l’Amérique du Sud pour apporter son soutien à l’Équateur dans son différend avec la Grande-Bretagne au sujet de Julian Assange, à qui le président Rafael Correa a accordé l’asile diplomatique le 16 août. Trois jours après, les ministres des Affaires étrangères de l’Unasur se réunissaient à Guayaquil, en terre équatorienne, pour traiter l’affaire en urgence. Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion, les pays de la région ont exprimé leur solidarité avec l’Équateur et appelé les autorités britanniques à ne pas attaquer l’ambassade de ce pays à Londres, où le fondateur de WikiLeaks s’est réfugié il y a deux mois.

Cette prise de position, inattendue pour beaucoup, montre que ce n’est pas, ou pas seulement, l'« anti-américanisme » supposé de Correa qui explique l’attitude de l’Équateur dans cette affaire. Au sein de l’Unasur, qui rassemble la totalité des Sud-Américains, on trouve certes des États que les Américains considèrent « hostiles », comme la Bolivie ou le Venezuela, mais aussi des alliés de Washington, comme le Chili ou la Colombie, dirigés par des gouvernements de droite. Quant à l’Argentine et l’Uruguay, s’ils sont de centre gauche, ils comptent parmi les « amis » des Etats-Unis, de même que le Brésil, par ailleurs tenu, de par son rang de puissance mondiale, à un certain équilibre en politique étrangère.

Pour l'Unasur, l'Equateur agit selon le droit

Par-delà leurs divergences idéologiques, les pays sud-américains sont d’accord pour considérer que l’Équateur a agi conformément au droit. Et ils craignent que le Royaume-Uni ne fasse pas de même. N’aurait-il pas dû, s’il avait voulu respecter les conventions internationales en la matière, fournir un sauf-conduit à Assange et ne pas faire obstacle à sa sortie du territoire ? Contrairement au gouvernement équatorien, les autorités britanniques sont soupçonnées d’agir pour des raisons politiques, en l’occurrence, permettre une éventuelle extradition aux États-Unis du fondateur de WikiLeaks après comparution de ce dernier en Suède. Or c’est précisément parce que les conditions dans lesquelles il pourrait être présenté devant les tribunaux américains n’ont pas été précisées que Correa a accordé l’asile à Assange. On rappelle encore ici que la Grande-Bretagne avait refusé l’extradition de l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet avant de lui accorder l’asile, alors qu’il était poursuivi pour crimes contre l’humanité, en violation du droit international et pour des raisons éminemment politiques.

Cet attachement au droit international est une des pierres angulaires d’une politique extérieure sud-américaine qui s’ébauche sous l’égide de l’Unasur. C’est ce qui unit les pays de la région, indépendamment, encore une fois, de leurs divergences politiques, quand ils réclament la fin de l’embargo américain contre Cuba. Mais aussi lorsqu'ils appuient l’Argentine dans sa demande de négociations au sujet des Malouines, conformément à plusieurs résolutions des Nations unies que le Royaume-Uni a décidé d’ignorer. Et c’est toujours au nom du droit international que la plupart des pays sud-américains ont reconnu la Palestine en tant qu’État, en dépit des pressions américaines et israéliennes pour les en dissuader.

Un soutien précieux pour l'Equateur

En matière diplomatique, l’Amérique du Sud fait également preuve d’une plus grande indépendance que par le passé, comme on le voit aussi vis-à-vis de l’Iran, avec lequel nombre de pays de la région entretiennent des relations qui irritent Washington. À commencer par le Brésil, même si la présidente Dilma Roussef est nettement moins amicale à l’égard de Téhéran que ne l’était son prédécesseur Lula da Silva. Par ailleurs, l’Argentine garde ses distances, en raison de l’implication présumée de personnalités iraniennes dans l’attentat contre la mutuelle juive AMIA, qui fit 85 morts en 1994.

Ce nouveau rôle de l’Amérique du Sud dans les relations internationales, reflet d’une réalité régionale marquée par l’affermissement de la démocratie, la bonne santé économique et le renforcement de l’intégration, sera d’un secours précieux pour l’Équateur dans son différend avec la Grande-Bretagne : une éventuelle violation de l’immunité de l’ambassade équatorienne à Londres serait considérée comme une agression par l’ensemble des pays de la région.

tags: Equateur - Rafael Correa - Royaume-Uni - WikiLeaks
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DE LA DEMOCRATIE A LA DICTATURE

Dans une dictature, le chef de l'Etat envoie des sicaires stipendiés pour liquider le gêneur. Dans une démocratie cette méthode est difficilement transposable, quoique! La Suède demande à la Grande Bretagne, pays où il s'est réfugié, l'extradition de Julian ASSANGE pour faits de viol. Aucune des deux plaignantes ne nient leur consentement à l'acte sexuel, sauf à dire que leur amant nonobstant l'ordre à lui intimé, a refusé de se retirer.Ce serait un viol, dont la définition controuvée, serait défaut de conformité à la commmande,heu...! au commandement.Les juges britanniques baptisent les faits de viol avec surprise.Cependant l'Europe ne vit plus au temps des Mérovingiens,où il appartenait à l'accusé de rapporter la preuve de son innocence, ou celle de l'inanité des poursuites diligentées contre lui. Or dans notre système juridique aucun plaideur ne peut se prévaloir de sa seule déclaration pour voir condamner son adversaire. Il faut des preuves, sinon c'est l'acquittement de l'accusé, qu'il soit suspecté d'un viol ou d'un vol de poules. Alors cette procédure criminelle contre Julian ASSANGE est une procédure bidon, qui vise in fine à le faire extrader aux USA, où il risque la peine de mort pour espionnage. Nous voilà revenus au temps de la guerre froide. Des Etats sud américains se solidarisent contre les axiomes de la politique occidentale!

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