Julian Assange, l'épine équatorienne dans le pied britannique
Toujours pas de sauf-conduit pour Julian Assange, réfugié dans l’ambassade équatorienne à Londres. Le président équatorien a reçu la presse étrangère mercredi 22 août à Quito. Pour lui, la position de Londres reste « intransigeante » et le fondateur de WikiLeaks risque d’être bloqué un bon moment dans les locaux de l’ambassade.
De notre correspondant à Quito, Eric Samson
Ne demandez pas à Rafael Correa si l’Equateur « négocie » avec la Grande-Bretagne, le mot l’agace. Selon lui, l’Equateur ne « négocie pas » ses valeurs et les droits de l’homme. Quito, en revanche, veut bien « discuter » avec Londres de ce fameux sauf-conduit qui permettrait au fondateur de WikiLeaks de rejoindre l’Equateur. Rafael Correa souhaite toujours obtenir de Londres ou Stockholm la garantie formelle que Julian Assange ne risque pas d’être extradé vers les Etats-Unis, pays dont il n’espère rien :
« Nous n’attendons aucune garantie des Etats-Unis, a déclaré Rafael Correa. Rappellez-vous que c’est un pays qui a légalisé la torture, rappellez-vous Guantanamo. Rappellez-vous que Washington n’a pas signé la Carte interaméricaine des droits de l’homme, le pacte de San José. Que les Etats-Unis ne se soumettent pas à la Commission et à la Cour interaméricaine des droits de l’homme, qu’ils ne reconnaissent pas la Cour de justice de La Haye. Nous n’attendons aucune garantie de leur part et même s’ils la donnaient, on ne les croirait pas. »
Il ne l’attend plus vraiment, mais Rafael Correa aurait bien aimé une excuse de Londres pour ce qu’il considère une menace « grossière » de pénétrer de force dans l’ambassade équatorienne. Après avoir reçu le soutien des pays latino-américains membres de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques et de l’Union des nations du Sud, il espère la même réaction des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation des Etats américains ce vendredi à Washington.
L'avocat de Julian Assange se rend en Australie |
De notre correspondante à Melbourne, Caroline Lafargue En pleine tempête médiatique et diplomatique, Baltasar Garzon a traversé la planète pour participer au Congrès international des archives à Brisbane, dans le pays natal de son client Julian Assange. Une tribune idéale, mise à profit pour dénoncer l'absence de soutien du gouvernement australien dans cette affaire. D'après lui, si le cyber-activiste est privé de protection consulaire, c'est bien parce que « les relations ne sont pas bonnes entre Julian Assange et le gouvernement suite à l'affaire WikiLeaks » (la publication de documents confidentiels américains et australiens, ndlr). Réponse du ministre des Affaires étrangères, Bob Carr : ses services ont contacté l'ambassade de l'Equateur à huit reprises, mais Julian Assange a refusé leur aide, selon lui. Parallèlement, samedi 18 août, le quotidien The Age a eu accès à des câbles diplomatiques. On y apprend que le gouvernement australien ne désapprouve pas la possible extradition de son ressortissant aux Etats-Unis, et que l'ambassade australienne à Washington a déjà briefé le gouvernement sur cette éventualité. Une simple précaution de routine, selon le ministre du Commerce. Mais Balthasar Garzon espère bien ne pas en arriver là. A Brisbane, il a promis de nouveaux éléments « surprenants », qui permettront de défendre Julian Assange contre ces accusations de viol en Suède. |

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