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Article publié le : vendredi 24 août 2012 à 11:27 - Dernière modification le : vendredi 24 août 2012 à 14:35

Haïti: la destruction du Palais national, ravagé par le séisme de 2010, va débuter

Vue aérienne du Palais national le 15 janvier 2010, au lendemain du tremblement de terre qui a ravagé Haïti.
Vue aérienne du Palais national le 15 janvier 2010, au lendemain du tremblement de terre qui a ravagé Haïti.
Amélie Baron / RFI

Par Amélie Baron

Monument symbolisant la fierté et l’identité haïtienne, le Palais national a été réduit à l’état de ruine, en 35 secondes, par le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Deux ans et demi après, les autorités ont décidé de lancer les travaux de sa destruction complète.

Le Palais national trônait majestueusement sur la plus grande place du pays, le Champ de Mars, à Port-au-Prince. Aujourd’hui, les coupoles, salles de réceptions et escaliers monumentaux ne sont plus que des ruines. Les 35 secondes du séisme du 12 janvier 2010 ont fait s’écrouler ce splendide bâtiment construit au début du XXe siècle.

Au fil des couloirs et pièces désertées, les dégâts rendent compte de la violence de la catastrophe qui a tué plus de 200 000 personnes. Œuvres d’arts et mobilier ont été retirés des décombres mais il traîne encore, souvent à même le sol, une quantité incalculable de documents divers. Papier vierge à en-tête présidentiel, enregistrements audios de réunions gouvernementales, lettres de citoyens adressées à la première dame, femme du président Jean-Bertrand Aristide, au pouvoir de 2001 à 2004... Autant d'archives hétéroclites abandonnées au milieu de la poussière et des gravats.

Le palais national moins d'une semaine avant le tremblement de terre, encore décoré pour les fêtes de Noël 2009, le 6 janvier 2010.
Amélie Baron/RFI
Au lendemain du séisme, les Haïtiens découvrent le monument national en ruines. Déjà des familles ayant perdu leur domicile avaient passé la nuit sur la place du Champ de Mars.
Amélie Baron/RFI
Le palais national vu d'hélicoptère, le 15 janvier. Constat de l'ampleur des destructions.
Amélie Baron/RFI
A l'intérieur du palais, le 21 août 2012, veille du lancement de la destruction.
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Du premier étage, vue sur la cour centrale du Palais.
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Depuis la terrasse, la coupole droite du Palais qui s'est écroulée lors du séisme.
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Documents officiels et archives s'entassent par endroit dans le bâtiment.
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Parmi les papiers qui jonchent le sol, une feuille d'accès au Palais au nom d'Hedi Annabi, chef de la Mission des Nations Unies (MINUSTAH) tué lors du séisme du 12 janvier.
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La salle du conseil des ministres ravagée par le tremblement de terre.
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La salle des bustes, où tronaient les sculptures des anciens présidents, était le lieu des réceptions officielles.
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Le bureau du Président entièrement détruit. En arrière plan, la tour du Bicentenaire, monument inachevé mais épargné par le séisme dont la construction avait été décidée par l'ancien Président Jean-Bertrand Aristide.
Amélie Baron/RFI
A l'arrière du Palais, où le premier étage a été totalement écrasé durant les 35 secondes qu'a duré le séisme.
Amélie Baron/RFI

    Après la catastrophe, l’urgence était de sauver des vies et de prendre en charge le million et demi de sinistrés. Deux ans et demi se sont écoulés, 400 000 personnes vivent encore dans des camps insalubres. Mais les autorités veulent aller de l’avant et la destruction finale du Palais est l’exemple de cette dynamique.

    Le président Michel Martelly a officialisé, le 22 août dernier, le début du chantier. Une décision qui soulève un vent de polémique à travers le pays car la démolition de ce symbole national a été confiée à l’ONG américaine JP/HRO, fondée par l’acteur Sean Penn au lendemain du séisme. L’organisation, spécialisée dans le secteur médical, s’est proposée de réaliser gratuitement les travaux. Une offre généreuse mais qui froisse l’orgueil nationaliste haïtien. Les citoyens ne comprennent pas pourquoi la tâche n’a pas été confiée aux services nationaux de l’équipement, qui disposent d’engins adaptés, ou même à une compagnie privée nationale.

    Trois mois seront nécessaires pour raser les ruines du Palais national, que beaucoup auraient souhaiter conserver, comme mémoire de la catastrophe et monument historique pouvant devenir site touristique.

    tags: Michel Martelly - Tremblement de terre en Haïti
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