GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 12 Septembre
Vendredi 13 Septembre
Samedi 14 Septembre
Dimanche 15 Septembre
Aujourd'hui
Mardi 17 Septembre
Mercredi 18 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Amériques

    Jean-Pierre de Mondenard: «Le contrôle antidopage est le maillon faible»

    Le coureur cycliste Lance Armstrong va donc perdre ses sept titres de vainqueur du Tour de France. L’Américain est soupçonné de dopage par l’agence américaine antidopage (Usada). Il a renoncé à se battre en justice. L’Usada l’accuse d’avoir utilisé des substances interdites, notamment de l’EPO, des stéroïdes et des transfusions sanguines. Pour revenir sur cette affaire, le docteur Jean-Pierre de Mondenard, médecin du sport et spécialiste du dopage sportif, répond aux questions de Magalie Lagrange.

    Lance Armstrong a passé avec succès tous les contrôles antidopage sur le Tour de France. La première question qui se pose, c’est pourquoi on a mis si longtemps alors à le soupçonner de dopage ? Cela signifie-t-il que les contrôles qui sont faits sur le Tour ne sont pas efficaces ?

    Effectivement, la durée de l’instruction a perduré longtemps parce que plusieurs organismes se sont intéressés à Lance Armstrong. Et l’avant dernier, la justice fédérale américaine, n’a pas retenu de preuve irréfutable contre le coureur américain car elle estimait que les témoignages de ses coéquipiers, dans un premier temps, avaient menti par rapport à leur pratique dopante, et qu’ils ne pouvaient pas retenir ces témoignages pour faire tomber Armstrong. C’est vrai et c’est faux, car parmi tous les témoignages, il y en a qui n’avaient jamais menti, qui n’étaient même pas des coureurs, il y avait la femme d’un coureur, la masseuse de Lance Armstrong et son major d’homme qui avait déjà témoigné du dopage de coureurs américains.

    Dans cette affaire, on se focalise sur le fait qu’il va perdre ses sept victoires du Tour de France, mais ce n’est pas cela la vraie question. La question, c’est plutôt : comment se fait-il que ce coureur ait passé 500 contrôles, tous négatifs, pendant sa carrière, et l’agence américaine antidopage nous dit qu’il s’est dopé pendant toute sa carrière ? Il y a un vrai problème. Que deviennent ces 500 contrôles négatifs ? Il faut se mettre en face de cette vérité : les contrôles sont inefficaces. Il faut prendre ce problème à bras-le-corps.

    Et pourquoi ces contrôles inefficaces ? Est-ce que les moyens de dopage avancent plus vite que la science ?

    Oui, mais cela a toujours été le cas. Depuis le début de la lutte antidopage, en 1965, il y a toujours eu des substances indécelables. La lutte antidopage est dans ce cas impossible. Si on prend les 20 dernières années, tout ce qui a été mis en avant dans le dopage des sportifs, ce sont les gendarmes, les douaniers, la garde civile espagnole, les carabiniers italiens ; en 1998, l’affaire Festina, c’est la douane, ce n’est pas les contrôles ; en 2006, l’affaire Puerto - un trafic de poches sanguines à Madrid qui implique différents postulants à la victoire dans le Tour de France -, c’est la garde civile ; dans le Tour d’Italie 2001, à la suite de deux contrôles positifs par des analyses urinaires et sanguines, les carabiniers font une descente après une étape, à la fin du Giro : 53 valises positives sont trouvées, avec des produits qui auraient dû se trouver dans les analyses biologiques.

    Bref, c’est chaque fois les gendarmes, ou les assimilés, qui débusquent le dopage. Donc en fait, les millions d’euros qui sont utilisés par le contrôle antidopage ne servent à rien. Il faut les donner aux gendarmes. Dans le système actuel, les gendarmes sont le maillon fort et le contrôle antidopage est le maillon faible.

    Mais l’Usada ne va pas affronter la réalité, à savoir les 500 contrôles négatifs. L’Agence mondiale antidopage (l’AMA) non plus. Parce qu’il faut aussi dire que, dans le même temps, Alberto Contador, qui a été pris en 2010 et a perdu son Tour de France, avait lui aussi passé autour de 500 contrôles, tous négatifs. Marion Jones, l’athlète médaillée olympique à Sydney, a également fait de la prison à la suite de suspicion de dopage et de témoignages sur son dopage. Pas par des contrôles, mais par des témoignages devant le grand jury américain. Elle met en avant 180 contrôles négatifs pour prouver qu’elle respecte les règles. Le vrai problème, c’est donc tous ces contrôles négatifs.

    Est-ce qu’il y a une solution ? Est-ce que l’on peut améliorer ces contrôles ?

    Oui. Première chose : il faut retirer la lutte antidopage des fédérations internationales. Comment peut-on croire une seconde que l’Union cycliste internationale (UCI) va éradiquer le dopage ? Comment on peut croire une seconde que la Fédération internationale de football (Fifa) va éradiquer le dopage ? Au dernier Euro de football, il y a eu autour de 300 contrôles, bien sûr tous négatifs. Et la Fifa s’en est glorifiée. Quand on connaît l’efficacité des contrôles, si j'étais patron de la Fifa, je virerais tous les gens qui sont impliqués dans la lutte antidopage.

    Tout ceci est confirmé par la lutte antidopage elle-même. David Howman, le directeur général de l’AMA, qui a fait une communication devant l’Unesco en novembre 2011, disait textuellement qu’ils avaient effectué 258 000 contrôles dans l’année 2010, et qu’ils n’avaient épinglé que 36 cas à l’EPO. Il en concluait que « la lutte antidopage actuelle était pathétique et qu’elle n’attrapait que les benêts ».

    Cela perdure. Le vrai problème, ce n’est pas Armstrong et ses sept victoires. Le vrai problème c’est : que fait-on de tous ces contrôles négatifs ? Qu’est-ce qu’on fait pour que ça change, sinon des affaires : Festina, Armstrong, la mort de Tom Simpson en 1967, la sortie massive de toute une équipe en 1991 dans le Tour de France, (c’était l’introduction de l’EPO dans le Tour de France ; ils s’étaient rendus malades parce qu’ils ne savaient pas bien pratiquer le dopage à l'EPO à l’époque).

    Les affaires reviennent régulièrement comme un serpent de mer. Il faut retirer la lutte antidopage aux fédérations. Est-ce que vous connaissez un jury d’assises où c’est la propre famille du prévenu qui le juge ? Est-ce que vous connaissez un PDG qui est délégué syndical ? Non. Est-ce que vous connaissez une fédération qui va se tirer une balle dans le pied pour éradiquer le dopage ? Non.

    L’affaire Armstrong sera une énième affaire si on ne prend pas le problème à bras-le-corps de tous ces contrôles négatifs qui polluent l’image du sport, qui polluent la pratique des sportifs parce qu'on ne peut jamais savoir si l’athlète qui a réalisé une performance particulière est dopé ou pas.

    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.