Haïti/Intempéries - 
Article publié le : dimanche 26 août 2012 à 18:51 - Dernière modification le : lundi 27 août 2012 à 08:06

Plus de 13 500 personnes dans les abris provisoires après le passage de la tempête Isaac

Port-au-Prince, le 25 août 2012.
Port-au-Prince, le 25 août 2012.
REUTERS/Benjamin Rusnak/Food for the Poor/Handout

Par RFI

La tempête Isaac s'approche de la Floride. Dans la nuit de vendredi 24 à samedi 25 août , elle est passée sur Haïti faisant 7 morts et causant d'importantes inondations. Au plus fort des intempéries, plus de 14 000 personnes ont été évacuées sur tout le pays et dimanche matin 13 500 étaient encore dans les abris provisoires faute d'avoir un endroit sûr où aller. Dans ces écoles et églises, les conditions sont très précaires.

Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

Dans les salles de classe du lycée Pétionville, les femmes, leurs enfants dans les bras, n'en peuvent plus d'attendre. L'OIM les a transportés ici vendredi 24 août dans la soirée alors que la tempête déversait des trombes d'eau. Mais seul Jean Rhomere, un officier de la protection civile haïtienne est encore présent dans l'école pour s'occuper d'elles :

« Ces gens n'ont pas de moyens pour retourner dans leurs maisons. Actuellement nous avons ici 25 bébés, deux handicapés. Depuis qu'ils sont arrivés, l'OIM avait prévu de leur apporter des matelas, mais il n'y a pas de matelas, il n'y a pas de draps. C'est sur le ciment qu'ils dorment. Les gens ne veulent pas rester et moi-même, tellement ils me pressent, je ne sais pas quoi faire car je n'ai pas de moyens à leur donner ».

Marjorie Noël est reconnaissante d'avoir vécu la tempête à l'abri mais elle est désemparée et inquiète pour son bébé de trois mois. En deux jours, on leur a donné uniquement des biscuits énergétiques :

« J'allaite et je ne peux pas nourrir mon enfant n'importe comment. Je n'ai pas cinq gourdes en main pour acheter d'autres biscuits pour manger et être capable de nourrir mon bébé qui pleure. Je commence à être malade et je ne veux plus encore dormir sur le ciment. On est laissé à notre compte, même un bonbon je ne peux pas l'acheter : je n'ai pas pris d'argent. »

L'officier de la protection civile est désespéré car avant que ces femmes ne puissent quitter l'abri, il faut s'assurer que leurs tentes dans les camps de sinistrés soient en état. Elles et leurs enfants pourraient être obligées de passer une troisième nuit sur le sol en béton.
 

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