Bolivie / Coca - 
Article publié le : lundi 24 septembre 2012 à 02:45 - Dernière modification le : mardi 25 septembre 2012 à 01:21

La coca en Bolivie, entre réhabilitation et lutte contre le narcotrafic

Dans une rue de La Paz, un stand pour vendre le « Coca-Colla », une boisson gazeuse à base de coca et fabriquée en Bolivie.
Dans une rue de La Paz, un stand pour vendre le « Coca-Colla », une boisson gazeuse à base de coca et fabriquée en Bolivie.
RFI/Reza Nourmamode

Par Reza Nourmamode

La Bolivie est le troisième producteur mondial de cocaïne derrière la Colombie et le Pérou. Une partie de la coca -12 000 hectares environ- est cultivée légalement pour la consommation traditionnelle des Indiens. Le produit du reste des surfaces est destiné à la production de cocaïne. Le président Evo Morales, lui-même ancien producteur de coca, a mis en place une politique de réhabilitation de la feuille sacrée, tout en promettant une lutte sans merci contre les trafiquants de drogue.

Ecoutez le reportage de notre correspondant à La Paz
La Bolivie entre coca et cocaïne
24/09/2012 - Grand reportage

D’après un tout récent rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, la Bolivie a réussi à réduire de 12% les surfaces dédiées à la culture de la coca sur son territoire. Entre 2010 et 2011, celles-ci sont passées de 31 000 à 27 200 hectares. Un résultat dû aux 10 500 hectares de coca illégale qui ont été éradiqués l’an passé, soit 28% de plus qu’en 2010.

C’est la première fois depuis six ans, et donc l’arrivée au pouvoir de l’ancien cocalero Evo Morales, que le pays, troisième producteur mondial de cocaïne derrière la Colombie et le Pérou, parvient à réduire la superficie de plantations de coca.

En 2005, 25 400 hectares étaient plantés de coca, dont 12 000 sont légaux, destinés à la consommation traditionnelle des Indiens qui mâchent les feuilles de coca pour combattre le froid, la fatigue et la faim et l’utilisent pour leurs rituels religieux.

Hausse du narcotrafic

Mais ce même rapport des Nations Unies pointe quelques aspects négatifs dans la lutte contre le narcotrafic. Il note par exemple que le prix des feuilles de coca a augmenté de 31% sur les marchés autorisés et d'environ 16% sur les marchés illégaux. Une hausse qui rend la culture de la coca plus attractive pour les paysans. Le document souligne donc la nécessité de proposer de véritables alternatives aux producteurs pour les convaincre de changer de cultures.

Autre bémol, si les cultures de coca sont en baisse, le narcotrafic, lui, continue de prospérer. D’après un autre rapport, venu cette fois des Etats-Unis, la production de cocaïne serait désormais de 265 tonnes en Bolivie, soit une augmentation de plus de 100% par rapport à 2010.

Washington vient d’ailleurs de placer une nouvelle fois le pays andin sur la liste noire des Etats ne luttant pas efficacement contre le narcotrafic, en compagnie du Venezuela et de la Birmanie. Evo Morales a répondu très clairement : «Les Etats-Unis, qui sont le plus grand marché de la drogue, n’ont pas de compétence pour parler de lutte contre le narcotrafic ». Contrairement à ses prédécesseurs, le président bolivien, lui-même ancien producteur de coca, a mis en place une politique de réhabilitation de la feuille sacrée, tout en promettant une lutte sans merci contre les trafiquants de drogue.

Cliquer pour consulter le diaporama :
une membre de la fédération des cocaleros du Chaparé collecte les 10 bolivianos (1 euro) d'adhésion avant l'assemblée générale.
RFI/Reza Nourmamode
Des productrices de coca en habit traditionnel et assises au premier rang lors de l'assemblée générale des cocaleros du Chaparé.
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C'est dans cette région qu'Evo Morales a débuté sa carrière politique alors qu'il était leader syndical des cocaleros.
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Deux assistants à l'assemblée avec la « boule » de feuilles de coca dans la bouche.
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Une productrice de coca dans son champ.
RFI/Reza Nourmamode
En pleine action, un membre de la Force de mission conjointe, chargée d'éradiquer les plants illégaux de coca.
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Dans la petite ville d'Asunta, région des Yungas, on fait sécher les feuilles de coca en pleine rue.
RFI/Reza Nourmamode
Avant de partir au marché, les feuilles de coca sont conditionnées dans des sacs de 25 kilos qui se vendront environ 240 euros chacun.
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Dans une rue de La Paz, un stand pour vendre le « Coca-Colla », une boisson gazeuse à base de coca et fabriquée en Bolivie.
RFI/Reza Nourmamode
Pour le rituel traditionnel aymara de lecture de l'avenir, l'ingrédient principal est la feuille de coca censée « canaliser » les énergies positives.
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Les offrandes, dont la coca, sont ensuite brûlées par un sorcier.
RFI/Reza Nourmamode

    tags: Bolivie - Drogue - Evo Morales
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