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Article publié le : mardi 02 octobre 2012 à 18:43 - Dernière modification le : mardi 02 octobre 2012 à 18:43

A la Une: le débat télévisé entre Obama et Romney

Par Anne Corpet

La bataille entre Mitt Romney(g) et le président Barack Obama(d) continue.
AFP PHOTO/FILES

Dans son éditorial, le New York Times met en garde les téléspectateurs. Sous le titre « Les mensonges ordinaires, les mensonges grossiers et le débat », le journal prévient : « Attention : les affirmations que vous entendrez lors du débat de mercredi soir peuvent être dangereuses pour votre relation à la réalité ».

Le quotidien constate que les publicités diffusées dans le cadre de la campagne présidentielle de cette année ont été les « plus malhonnêtes de l'histoire ». « Même si Obama et Romney évitent de répéter les contre-vérités énoncées par les spots publicitaires, ils seront tentés d'exploiter les sujets jugés efficaces par les sondeurs », regrette le New York Times qui cite plusieurs exemples d'affirmations erronées contenues dans les vidéos diffusées par les équipes de campagne des deux candidats. « Contrairement à ce que prétendent les républicains, Obama n'a jamais exprimé la moindre sympathie pour ceux qui ont assassiné nos quatre diplomates à Benghazi, et contrairement à ce qu'affirment les démocrates, Romney n'a jamais demandé l'aide du gouvernement pour renflouer sa société d'investissement », constate le journal qui précise : « Mentir nuit rarement aux candidats, car le public vérifie rarement le bien fondé de leurs déclarations ».
 
Le New York Times se rassure d'une certaine manière en ajoutant :« quels que soient les mensonges qui seront proférés par les candidats mercredi soir à la télévision, le débat n'aura pas d'impact significatif sur le vote ».
 
Le Washington Post s'étonne pour sa part de voir Obama prendre de l'avance dans les sondages et note que Romney est sur la défensive à la veille de ce débat. « Les dernières semaines ont été rudes pour Obama », observe le quotidien en citant pêle-mêle la révision à la baisse du taux de croissance, le nombre de chômeurs et la mort de quatre diplomates américains au Proche-Orient.
 
« Pourtant Obama a renforcé son avance dans la course à la Maison Blanche », s'étonne le journal qui note une certaine tolérance des médias face aux erreurs du président, alors que les dérapages de Mitt Romney font systématiquement les titres de la presse. « L'obsession qu'ont les journaux à pointer les erreurs de Romney est criante et gênante », constate le quotidien, avant d'ajouter : « Mais l'attitude des médias ne suffit pas à expliquer l'avance d'Obama dans les sondages. L'équipe de campagne de Mitt Romney porte une large part de responsabilité ».
 
Le Washington Post qualifie par exemple d' « incompréhensible » la réaction du candidat républicain après la diffusion de la vidéo dans laquelle il traitait d'assistés près de la moitié des Américains. « Au lieu de faire un grand discours sur sa vision de l'Etat et de la répartition des ressources, Romney a ressorti une vidéo vieille de 14 ans dans laquelle Obama parlait de redistribution des richesses, en expliquant que ce terme ne pouvait pas s'appliquer à l'Amérique. Cela a renforcé le message démocrate qui dénonçait le manque d'empathie de Mitt Romney », constate le quotidien, qui dresse la liste des objectifs que Romney doit atteindre lors du débat : « Il pourra critiquer le bilan en demi-teinte d'Obama, mais il va d'abord être contraint de convaincre la ménagère de l'Ohio qu'il se soucie d'elle et de son avenir. Il devra aussi donner une vision du gouvernement qui ne soit pas totalement négative et effrayante. Le problème, conclut le Washington Post, c'est que cela revient, pour le candidat républicain, à être sur la défensive.
 
Le vote par anticipation dénoncé
 
Le journal populaire USA Today s'en prend pour sa part au vote par anticipation« Les électeurs américains ont commencé à voter dans cinq Etats, dont celui stratégique de l'Iowa. D'ici le 6 novembre, un tiers des électeurs aura déjà voté », relève le quotidien qui déplore cette pratique dans un article intitulé « Voter six semaines avant les élections, c'est beaucoup trop tôt »
 
« Les électeurs peuvent voter avant le premier débat télévisé, avant la diffusion de nombreux rapports sur l'état de l'économie. Ceux qui votent en ce moment perdent aussi l'occasion de juger la réaction des candidats devant  toute crise impromptue qui pourrait survenir d'ici le 6 novembre », remarque le quotidien. Et USA Today assène pour conclure : « Le six novembre devrait être un jour de fête pour la démocratie américaine. Mais soumis aux manœuvres partisanes des candidats, la majorité des électeurs se prononce avant la date clé. La nation a mis en place un système où beaucoup trop de gens votent beaucoup trop tôt ».
 
Un président malade en Colombie
 
En Colombie, El Espectador revient sur la maladie du président. « Santos, l'autre président atteint d'un cancer en Amérique latine », titre le quotidien qui précise : « Les chefs d'Etat du Venezuela, du Brésil et du Paraguay ont aussi souffert de cette maladie ». Juan Manuel Santos a annoncé hier qu'il était atteint d'un cancer de la prostate, il sera opéré mercredi prochain à Bogota, précise El Espectador.
 
Le retour de Martelly en Haïti
 
Le Miami Herald relate le retour du président haïtien dans son pays après l'Assemblée générale de l'ONU. « Les Haïtiens célèbrent le retour de leur président au lendemain de manifestations contre le gouvernement », titre le journal qui raconte : « Accompagné de plusieurs centaines de ses partisans, Michel Martelly a parcouru à pied, vêtu d'un simple jean et de baskets, les neuf kilomètres qui séparent l'aéroport du palais présidentiel en ruines ».
 
Le quotidien note cependant que « la foule était bien moins importante que lors des manifestations de la veille au cours desquelles des milliers de personnes avaient réclamé le départ du président Martelly ». Le Miami Herald énumère les raisons de la grogne en Haïti : une pauvreté persistante, l'absence de travail et de perspectives économiques, la détérioration de la sécurité dans le pays, et la paralysie de la vie politique.

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