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    Amériques

    Election présidentielle au Venezuela sous haute tension

    media Les deux candidats à la présidence du Venezuela: Hugo chavez, le président sortant et son opposant Henrique Capriles, le 12 février 2012. AFP/Leo RAMIREZ

    Au Venezuela se tiendra ce dimanche 7 octobre l'élection présidentielle. Hugo Chavez, depuis 13 ans à la tête du pays, brigue un troisième mandat. Mais pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en février 1999, l’opposition, unie derrière la candidature d’Henrique Capriles, a une réelle chance de remporter la présidentielle. Le scrutin se déroule sous haute tension et est observé de très près par les autres pays d’Amérique latine.
     

    C’est sous une pluie battante qu’Hugo Chavez s’est présenté devant ses partisans à Caracas, jeudi 4 octobre. Venus par autocars des quatre coins du Venezuela pour assister au dernier meeting de campagne de leur « comandante », ils étaient plusieurs centaines de milliers à acclamer le président sortant.

    Après des rumeurs persistantes sur sa maladie, un cancer, Hugo Chavez a voulu se montrer en forme : « Chavez est la joie ! Chavez est la patrie ! Chavez est le futur ! Chavez est le candidat de la vie ! Le 7 octobre, la victoire de la révolution est inévitable  ! », a-t-il lancé à la foule en liesse.

    Hugo Chavez : une campagne électorale difficile

    La révolution bolivarienne, le socialisme du XXIe siècle, ce sont encore et toujours les thèmes phares d'Hugo Chavez qui ont fait sa popularité au Venezuela, mais aussi dans de nombreux autres pays en Amérique latine. Pourtant, pour la première fois, l'opposition, incarnée par Henrique Capriles, semble avoir une vraie chance de chasser le président sortant du pouvoir.

    Il est vrai que depuis quelques mois, Hugo Chavez paraît affaibli. Finis les discours fleuve, finis les marathons électoraux. Le président sortant limite ses déplacements et ses apparitions devant ses partisans.

    « Ce qui a frappé tout le monde c'est que la campagne de Chavez n'a pas été facile. Hugo Chavez est malade. Mis à part son cancer, dont il se dit guéri, il a eu une forte grippe, qui l'a obligé à annuler plusieurs meetings électoraux », explique Paula Vasques, anthropologue au CNRS et spécialiste du Venezuela. « Mais ce qui a été surtout handicapant pour lui, c’est le fait qu’il a été trop fatigué pour sillonner le pays ».

    Le Venezuela : un pays aux multiples problèmes

    Mais Hugo Chavez n'est pas seulement affaibli physiquement. C'est aussi son bilan en tant que chef d'Etat qui est de plus en plus contesté. Si le président socialiste a mis en place de nombreux programmes en faveur des plus démunis, les Vénézuéliens sont tout de même confrontés à un quotidien aux problèmes multiples.

    La préoccupation principale des Vénézuéliens est « la question de l'insécurité », estime Paula Vasques qui rappelle que le Venezuela est aujourd’hui le pays avec le taux d’homicides le plus élevé en Amérique latine. « Puis, il y a la crise énergétique. Pour un pays pétrolier, comme le Venezuela, cela peut paraître étrange, mais en province, les gens doivent faire face aux coupures d’électricité tous les jours. Sans parler des graves problèmes de ravitaillement et de distribution des denrées de base », poursuit encore l’anthropologue. « Le gouvernement d’Hugo Chavez a privilégié les importations et ainsi privé le Venezuela de son autonomie alimentaire. Aujourd’hui, il arrive régulièrement que des produits comme le sucre ou le lait manquent dans les rayons des supermarchés ».

    Henrique Capriles Radonski : candidat du changement

    Celui qui a su tirer profit du mécontentement des Vénézuéliens s'appelle Henrique Capriles Radonski. Ce jeune avocat célibataire de 40 ans, ancien gouverneur du riche Etat de Miranda, a été la véritable surprise de cette campagne électorale. À chaque meeting, il galvanise les foules.

    « Je n'ai pas le moindre doute que notre peuple veut se sentir mieux ! Et je dis aux Vénézuéliens : à partir du 7 octobre on va se sentir mieux ! », a lancé le rival d’Hugo Chavez la semaine dernière à Caracas, où il a rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes.

    Henrique Capriles Radonski est le candidat d'une plateforme politique, la Mesa de la Unidad democratica (MUD), qui rassemble 23 partis d'opposition. Infatigable, il a visité en deux mois plus de 300 villes et villages.

    « La campagne de Capriles a été sans faute. Il a parcouru le pays en traitant les dossiers sensibles pour chaque zone du pays qu'il a visité. Il a su repérer les faiblesses de l'administration de Chavez et faire des propositions très concrètes dans chaque village, sans tomber dans la confrontation directe ou dans un discours d'insultes », rapporte Paula Vasquez. Henrique Capriles Radonski évite donc de prononcer les paroles haineuses à l’encontre de son adversaire et des partisans de celui-ci pour les remplacer plutôt par un discours fédérateur.

    Le candidat de la MUD veut à tout prix rassurer pour s’assurer notamment des voix des anciens partisans d’Hugo Chavez, déçus par 13 ans de « socialisme du XXIe siècle ».

    C’est pour cette raison aussi, qu’Henrique Capriles a annoncé vouloir maintenir les fameuses « misiones ». Ce sont les programmes sociaux en matière d’éducation, de santé, d’emploi et de logement, mis en place par Hugo Chavez dans les quartiers populaires et financés par la rente pétrolière. « C’est ça le populisme vénézuélien », explique Paula Vasquez. « Comme le Venezuela est un pays pétrolier, chaque homme politique se doit d'être très clair sur ce qu'il veut faire de la rente pétrolière. Car les gens attendent qu’on leur redistribue cette rente d’une manière ou d’une autre ».

    Et cette stratégie d'Henrique Capriles a l'air de porter ses fruits. Le candidat de l'opposition a réussi à resserrer l'écart qui le séparait d'Hugo Chavez. Les derniers sondages donnent toujours le président sortant gagnant, mais son avance ne serait plus que de deux à dix points. L’opposition continue d'y croire. Hugo Chavez, de son côté, appelle ses partisans à se battre jusqu'à la dernière minute pour remporter la victoire.

    Election test pour l’Amérique latine

    Dimanche prochain, cette élection vénézuélienne sera également suivie de très près par toute l'Amérique latine. Certains analystes parlent d'un scrutin test qui concerne l'ensemble de la région, et notamment les autres dirigeants de la gauche radicale latino-américaine, comme les présidents bolivien et équatorien, Evo Morales et Rafael Correa.

    Mais dans d'autres pays, cette élection sera importante pour une toute autre raison :
    « Si jamais Chavez ne l'emportait pas à nouveau, il y a un certain nombre de pays qui dépendent d'une aide du Venezuela en matière d'hydrocarbure dont la donne politique sera profondément affectée », analyse Gilles Bataillon, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris. « Il y a d'abord Cuba, qui dépend en grande partie d'une aide vénézuélienne sous forme de pétrole. Et le pays qui serait tout autant affecté et qui est beaucoup plus dépendant de cette aide, c'est le Nicaragua de Daniel Ortega ».

    À deux jours du scrutin, la tension est à son comble au Venezuela. Et certains craignent  que la situation dégénère. Ce qui sera sans aucun doute décisif, c'est l'attitude de l'armée. Va-t-elle respecter le résultat si Chavez perd ? Comment vont réagir les milices civiles, fondées et armées par Chavez et qui lui ont juré fidélité ? Et comment va réagir l'opposition, exaspérée après 13 ans de Chavisme ?

    Qu’ils soient partisans de Chavez ou partisans de Capriles, tout le monde s’accorde pour dire que l’élection présidentielle de ce dimanche sera la plus importante au Venezuela depuis des décennies. 

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