Présidentielle au Venezuela : les machines à voter au centre de toutes les attentions
Au Venezuela, l’élection présidentielle a lieu ce dimanche 7 octobre mais des incertitudes planent sur le scrutin. L’opposition craint des fraudes électorales. Dans un pays où le vote est entièrement électronique, les machines de votes sont donc au centre de toutes les préoccupations. Reportage dans un bureau de vote de la capitale.
Avec notre correspondant à Caracas, Pierre-Philippe Berson
Au collège Pedro Emilio de Caracas, les militaires ont remplacé les écoliers. Dans la cour de récréation, ils déchargent de robustes valises. Chacune contient une machine de vote. C’est une tradition au Venezuela : l’armée encadre et sécurise les élections main dans la main avec le Conseil national électoral. Sa directrice à Caracas, Jazmine Jaime, observe la scène. Elle ne quitte pas des yeux les précieuses valises, fière de la modernité du système de vote.
« D’après le Centre Carter et d’autres organismes internationaux, notre système est l’un des meilleurs du monde en matière de fiabilité et de d’avancée technologique (…) cela grâce à une reconnaissance par empreintes digitales : personne ne peut voter à la place d’une autre parce que chaque électeur doit laisser son empreinte. »
Cette semaine, la mission d’accompagnement de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR) a estimé que les conditions d’un scrutin transparent étaient réunies. Le contexte reste néanmoins tendu. L’écart entre le président sortant Hugo Chavez et son adversaire de droite, Henrique Capriles s’annonce serré. Les deux camps se lancent régulièrement des accusations de fraudes et des projets de déstabilisation du pays en cas de défaite.
Pour contrer tout débordement, 150 000 militaires ont été déployés aux quatre coins du pays. Autre mesure destinée à calmer les esprits : le port d’arme et la consommation d’alcool sont interdits tout le week-end.

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(1) Réaction
Opacité du vote électronique
Ce qui est certain c'est qu'avec le vote électronique, les citoyens ne peuvent pas vérifier par eux-mêmes la sincérité d'un scrutin. Et alors que les médias relatent régulièrement les fraudes, bugs, attaques informatiques et autres actions des Hackers, il est légitime de douter de la sincérité des résultats d'un scrutin par vote électronique, quel qu'il soit. Le fait qu'un bulletin soit édité est là pour faire bien, qui déciderait de recompter quoi ? Et si le bulletin qui est édité n'est pas conforme à votre choix, vous allez contester ? Dévoiler votre choix ? Cette pratique de mettre de l'opacité dans une procédure (le vote) qui devrait être totalement transparente est une mauvaise direction pour la démocratie. Et elle arrive aussi en France. La confiance dans le vote électronique suit la même courbe que la confiance dans la classe politique, c'est dire que la population ne doit pas se laisser dépouiller de son droit à vérifier directement la sincérité des scrutins.