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Londres bloque l'extradition aux Etats-Unis du pirate informatique Gary McKinnon
La Grande-Bretagne a décidé de bloquer l’extradition aux Etats-Unis du pirate informatique Gary McKinnon. La ministre de l’Intérieur Theresa May a invoqué son mauvais état de santé et le risque qu’il se suicide s’il devait être jugé et emprisonné outre-Atlantique. Elle a annoncé le même jour une importante modification de l’accord d’extradition entre les deux pays.
Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix
Accusé d’être l’auteur de la plus importante attaque jamais menée contre le système informatique militaire américain, Gary McKinnon risquait jusqu’à 60 ans de prison aux Etats-Unis. Le Britannique, qui a aujourd’hui 46 ans, a toujours reconnu les faits mais soutient que c’était pour trouver des preuves de l’existence d’extraterrestres.
Washington réclamait son extradition depuis juillet 2006, mais les avocats de Gary McKinnon ont introduit de nombreux recours en expliquant qu’il souffrait du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme le rendant extrêmement vulnérable. Son combat est entre temps devenu le symbole d’un traité inégal favorisant l’extradition des citoyens britanniques vers les Etats-Unis. C’est pourquoi Teresa May, la ministre de l’Intérieur, en a profité pour modifier cet accord. Elle a annoncé la mise en place d’une instance qui permettra à un tribunal anglais de décider si un suspect devra être jugé en Grande-Bretagne plutôt qu’aux Etats-Unis.
Cette montée au créneau a été largement applaudie au Royaume-Uni à l’exception notable des familles d'Abou Hamza et de quatre autres Britanniques, extradées sans l’ombre d’une hésitation il y a à peine 15 jours et qui dénoncent, elles, la partialité du gouvernement.

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