Revue de presse des Amériques - 
Article publié le : mercredi 31 octobre 2012 à 19:43 - Dernière modification le : mercredi 31 octobre 2012 à 19:43

A la Une : Sandy vote Obama

Par Anne Corpet

Au lendemain du passage de la tempête, les journaux dans leur ensemble constatent que sur le plan politique, Sandy est plutôt un atout pour Barack Obama. « La tempête offre à Obama une stature de commandant en chef », titre le Washington Post qui poursuit : « Le président a gagné un rare moment d'union bipartisanne, avec des gouverneurs démocrates et républicains louant dans un bel ensemble l'efficacité du gouvernement fédéral. » Et le quotidien ajoute : « La collaboration entre élus républicains et démocrates pour faire face aux dommages causés par Sandy offre un contraste saisissant avec les événements de 2005, lorsque l'administration du président George Bush et le gouverneur démocrate de Louisiane se rejetaient mutuellement la responsabilité du désastre causé par la tempête Katrina. » Le Washington Post constate que Mitt Romney se retrouve dans une situation « impossible » : « il doit tenter de se faire une place sur l'avant-scène alors que les regards de toute la nation sont fixés sur une histoire qui ne le concerne pas. » Mais, complète le quotidien, l'exercice n'est pas sans risque pour Barack Obama, car « toute action présidentielle qui serait perçue comme une exploitation politique du désastre pourrait lui coûter cher en électeurs ».

Le New York Times revient dans son éditorial sur le rôle particulier joué hier par le gouverneur républicain du New Jersey. Chris Christie était jusqu'à présent l'un des soutiens inconditionnels de Mitt Romney. Mais ce mardi, constate le New York Times, le gouverneur républicain s'est exprimé sur toutes les chaînes de télévision pour louer l'efficacité lumineuse du président Obama dans sa gestion de la crise. « Le plus surprenant a été de voir le gouverneur du New Jersey se rendre sur le plateau de Fox Television et utiliser des termes rarement entendus sur cette chaîne pour louer l'action président américain », s'étonne le New York Times. Le journal a interrogé les officiels de la Maison Blanche sur l'attitude de Chris Christie. « C'est déconcertant », dit l'un... tandis que l'autre rit et ajoute : « C'est vraiment étrange de voir l'un des gros calibres de Mitt Romney nous donner un coup de main en fin de campagne électorale. » Et les conseillers du président, interrogés par le quotidien, spéculent sur les ambitions présidentielles de Chris Christie en 2016 : « Chris Christie a peut être décidé qu'il était plus intéressant pour lui d'être un gouverneur républicain face à un président démocrate que d'avoir à se battre contre les républicains  du Tea Party qui voudraient le pousser vers l'extrême droite. » Et le New York Times conclut : « Ce mercredi, pendant que Mitt Romney sera en campagne en Floride, le gouverneur républicain et le président démocrate seront ensemble sur le terrain auprès des victimes de l'ouragan, et offriront une belle image d'unité nationale face au désastre, bien loin des sales batailles politiciennes. C'est une magnifique occasion pour eux deux. »  

Sandy et les opérations de vote 

Sandy a aussi des conséquences concrètes sur le scrutin de mardi prochain... En Pennsylvanie par exemple, le juge d'un comté a décidé de reporter la date limite du vote par procuration, en raison du passage de l'ouragan. C'est le Pittsburgh News, un journal qui a officiellement déclaré son soutien à Mitt Romney qui l'annonce :  dans certains comtés affectés par Sandy, les électeurs auront deux jours supplémentaires pour poster leur vote par procuration. Initialement, ces bulletins de vote devaient être postés avant vendredi 17h pour être comptabilisés. Ils pourront finalement être envoyés jusqu'à mardi à l'heure de la fermeture des bureaux de vote. Et le journal prévient : « l'avocat du parti républicain a menacé de faire appel de cette décision. » Des complications juridiques en perspective. Dans l'Ohio, un autre quotidien favorable à Mitt Romney évoque de possibles blocages juridiques le jour des élections. « L'élection pourrait ne pas être bouclée mardi », titre le Colombus Dispatch qui annonce : « Si le scrutin est serré, l'Ohio pourrait être ce qu'était la Floride en l'an 2000. » S'en suit un long article documenté sur les possibilités de recours juridiques après le scrutin, où l'on apprend notamment que la loi de l'Etat de l'Ohio prévoit que les votes doivent être obligatoirement recomptés si la différence entre les deux candidats ne dépasse pas 0,25% des suffrages. Et le Pittsburgh News de préciser : « Si le résultat est aussi serré que l'indiquent certains sondages, l'Amérique pourrait ne pas connaître le nom de son prochain président avant le mois de décembre. »
 
Sandy en Jamaïque
 
Plus au sud, dans les Caraïbes, les photos publiées par le Jamaïca Gleaner contrastent avec celles de la presse nord américaine. Au lieu de voitures et de stations de métro englouties sous les eaux, au lieu de hauts buildings privés d'électricité, ce sont des bidonvilles dévastés qui font la Une du journal. « Dans la zone touchée par Sandy, il y a une semaine, la population a tout simplement tout perdu », note le quotidien qui cite le témoignage d'une mère de cinq enfants, qui vit dehors avec les quelques biens qu'elle a pu sauvegarder : « Le toit de notre maison s'est tout d'abord envolé, raconte-t-elle, puis nos meubles, nos objets, tous se sont  transformés en cerfs-volants menaçants. Sandy a tout emporté et l'a emmené au loin. »

tags: Barack Obama - Catastrophes naturelles - élections USA 2012 - Jamaïque - Mitt Romney - Revue de presse
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