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    Cuba: un vent nouveau souffle sur la danse et le festival de ballet de La Havane

    media Les étoiles cubaines Sadaise Arencibia and Victor Estevez dansent sur «In the night» de Jerome Robbins, le 28 octobre à La Havane. REUTERS/Enrique De La Osa

    A la Havane, la 23 édition du Festival international de ballet se déroule toute la semaine. C'est l'occasion pour le public cubain de découvrir les plus grands noms de la danse mondiale. Un festival de danse classique et contemporaine placé sous le signe du renouveau de la scène nationale, comme le suggère le titre de l'édition, «Tradition et nouvelles voies». Reportage.

    Envoyé spécial à La Havane,

    Le vent de réformes à Cuba souffle aussi sur le milieu de la danse. Ainsi la nouvelle loi sur l'immigration qui va permettre aux Cubains de voyager plus facilement à partir de janvier, sans demander un visa de sortie, devrait permettre aussi aux artistes de vivre davantage des expériences à l'étranger, et de sortir des sentiers battus. Ce vent de modernité souffle par exemple sur le célèbre Ballet nacional, extrêmement réputé en Amérique latine.

    L'hommage du Ballet nacional de Cuba à la «prima ballerina assoluta», Alicia Alonso, le 28 octobre 2012.

    Le Ballet nacional, c’est un peu le Bolchoï cubain. Il est à la fois sérieux et trop rigide pour certains mais semble peu à peu sortir du tout classique pour s'ouvrir au contemporain, et se mélanger un peu plus avec d'autres disciplines comme le théâtre. Alors en attendant de pouvoir beaucoup voyager, ou autant qu'ils le voudraient, les Cubains peuvent durant toute cette semaine découvrir, et s'inspirer pour certains, du talent des autres.

    Ce festival draine une dizaine d'artistes étrangers célèbres comme les chorégraphes français Angelin Preljocaj ou Thierry Malandain du ballet de Biarritz, mais aussi des chorégraphes chiliens, argentins, et même nord-américains, sous la direction de Tom Gold Dance, symbole d'un rapprochement culturel entre les deux pays, à petits pas. C'était ce mercredi 31 octobre au théâtre Mella, devant une salle comble et littéralement envoûtée par le mélange de classique et de contemporain.

    Un festival accessible à tous les Cubains

    Une entrée, à n'importe quel spectacle, ne coûte pas plus de 50 centimes d'euros. Un prix relativement modique pour un Cubain, alors que le salaire moyen tourne autour de 15 euros. Le ministère de la Culture a fait un gros effort justement pour que ce festival de très grande qualité reste accessible à la majorité des Cubains.

    L’un des organisateurs, Heriberto Cabesaz, nous disait que la France était un partenaire important. C'est elle qui a pris en charge le voyage et le séjour la compagnie d'Angelin Preljocaj à La Havane. Selon lui, les organisateurs avaient apprécié la bonne volonté des chorégraphes qui ne gagnent absolument rien sur ce festival. Et il est vrai que, quand on connaît la réalité des jeunes danseuses étoiles qui pour la plupart n'ont pas de quoi s'offrir une paire de ballerines, le Festival de ballet international de La Havane est placé sous le signe de la solidarité.

    Au final, cela donne une ambiance plutôt très bon enfant et des spectacles d'excellente qualité. Il est vrai que pour un danseur, les quatre salles qui accueillent les chorégraphies, aussi différentes soient-elles, revêtent toute un charme particulier. Vous avez par exemple le grand théâtre de la Havane, au cachet colonial, ou le théâtre Karl Marx, qui porte bien son nom, au style soviétique… En somme danser à La Havane, c'est faire un petit pas dans l'histoire.

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