A la Une : panne d’essence à New York
Plus de quatre jours après son passage sur la côte est des Etats-Unis, la tempête Sandy occupe toujours la Une de la presse américaine. Les vents furieux se sont dissipés, l'eau se retire progressivement des zones inondées, mais Sandy continue de perturber sérieusemment le quotidien des Américains dans les zones sinistrées. « La bataille des stations-service », titre ainsi le New York Post. Le quotidien populaire de la métropole revient sur les interminables files d'attente devant les postes d'essence de la ville. « Près de 75% des stations-service sont dans l'incapacité de vendre du carburant. Soit elles n'en ont pas du tout, soit elles n'ont pas l'électricité nécessaire au fonctionnement des pompes », assure le journal qui a constaté quelques débordements du fait de cette pénurie : « Dans le Queen, un homme a été interpellé après avoir doublé toute une file d'attente pour acheter de l'essence et braqué un pistolet sur une personne qui protestait... » D'autres trouvent des moyens plus pacifiques pour faire face à cette pénurie de carburant. Au lieu d'utiliser leur voiture, ils ressortent leur bicyclette.
C'est le New York Times qui le rapporte : en l'absence de métro et avec le peu de circulation qu'il y a dans les rues, les conditions sont idéales pour pédaler à Manhattan. Le journal donne la parole à à James, venu à vélo de Brooklyn et qui déclare : « Je suis très heureux d'avoir mon vélo. La bicyclette est le bien le plus précieux qui soit en ce moment à New York ».
Le ralliement surprise de Bloomberg à Obama
Sandy a aussi des conséquences politiques... avec le ralliement du maire de New York, Michael Bloomberg, à Barack Obama. Michael Bloomberg est un indépendant, il n'avait soutenu aucun candidat lors du précédent scrutin présidentiel en 2008 et il explique dans les colonnes du New York Times que c'est en raison de ses positions sur le réchauffement climatique qu'il s'est finalement résolu à soutenir le président sortant. « Même si la tempête Sandy n'est pas forcément le résultat direct du réchauffement climatique, la possibilité qu'il y ait un lien devrait suffire à nous pousser à agir immédiatement », déclare le maire de New York. Le quotidien note qu'il s'agit là d'une nouvelle preuve de l'influence de la tempête Sandy sur le déroulement de la campagne électorale. Le New York Times s'interroge cependant sur l'impact du ralliement de Michael Bloomberg à Barack Obama. « Sa ville et son Etat sont de toute façon acquis au vote démocrate », constate le quotidien, qui ajoute : « Mais Michael Bloomberg apparaît régulièrement dans les médias nationaux, et selon un sondage réalisé en décembre dernier, 30% des Américains ont une opinion favorable sur lui. » Et le New York Times conclut : « Après les déclarations élogieuses du gouverneur républicain du New Jersey sur Barack Obama, le ralliement de Michael Bloomberg agace sérieusement les conseillers de Mitt Romney ».
Les républicains croient en leur victoire
Karl Rove, ancien conseiller de George Bush qui signe l'éditorial du Wall Street Journal, annonce déjà la victoire de Mitt Romney. Celui que l'on appelait « le cerveau » de George Bush fait une longue démonstration, à partir des chiffres issus du vote par anticipation et des sondages. Conclusion, pour lui, il n'y a aucun doute : l'ensemble des données collectées prédisent la victoire de Mitt Romney. Karl Rove explique : dans les Etats charnières, le vote par anticipation qui avait permis la victoire d'Obama en 2008 a largement diminué de moitié. De plus, ajoute l'éditorialiste du quotidien conservateur, « la compilation des études effectuées sur les électeurs indécis montre une légère avance de Mitt Romney : 36% d'entre eux voteraient républicain, 35% démocrate... En 2008 à la même époque, la tendance était différente puisque 39% des indécis annonçaient qu'ils voteraient Obama contre 29% pour McCain ». Et Karl Rove conclut de manière très affirmative : « le 7 novembre, Mitt Romney sera déclaré 45e président des Etats-Unis. »
« Les sales trucs qui peuvent faire basculer un scrutin »
A l'autre bout de l'échiquier politique, le site de gauche Mother Jones dévoile les techniques employées par les deux camps pour tenter d'influencer le scrutin. « Dix sales trucs pour faire basculer une élection », titre Mother Jones qui dénonce pêle-mêle les techniques peu orthodoxes développées par les politiques de tous bords lors des précédentes élections pour influencer le résultat : parmi les dix techniques dénoncées, « la distribution de prospectus contenant de fausses informations pour empêcher les électeurs de se rendre aux urnes » semble être la plus fréquente. En 2008, des affichettes qui indiquaient une date erronée pour le scrutin ont ainsi été envoyées aux électeurs démocrates. Ou encore, en 2004, les électeurs d'un quartier noir de Milwaukee ont été informés par tract qu'ils n'avaient pas le droit de voter si un membre de leur famille avait déjà été condamné par la justice... « Un envoi de fausses informations souvent complété par des coups de téléphone aux électeurs », constate Mother Jones, qui déplore la difficulté d'enquêter sur de telles affaires mais rappelle la condamnation en 2010 du chef de campagne du gouverneur républicain du Maryland : « il avait fait passer des appels automatiques à tous les quartiers noirs pour leur dire de se détendre, qu'il était inutile de se rendre aux urnes car la victoire de leur candidat démocrate était déjà acquise. »

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