La Revue de Presse des Amériques - 
Article publié le : mercredi 07 novembre 2012 à 20:25 - Dernière modification le : mercredi 07 novembre 2012 à 20:25

A la Une : la réélection du président Barack Hussein Obama

Le président Barack Obama célèbre sa victoire, le 6 novembre 2012.
Le président Barack Obama célèbre sa victoire, le 6 novembre 2012.
REUTERS/Kevin Lamarque

Par Christophe Paget

Toute la presse américaine se concentre ce mardi sur le résultat de la présidentielle, et la réélection de Barack Hussein Obama pour un second mandat.

« Obama’s night », la nuit d’Obama titre le New York Times, au-dessus d’une photo du président américain, pris de profil sous une pluie de papier colorés, avec aux lèvres un sourire qui vaut son pesant de votes. Le Chicago Tribune a lui choisi de citer le discours prononcé par Obama une fois sa victoire connue : « The best is yet to come », le meilleur est encore à venir… Tous les journaux en Une reproduisent la fameuse carte des Etats où le bleu l’emporte nettement sur le rouge. Le Chicago Tribune était évidemment au McCormick Hall, le Palais des Congrès de Chicago où a parlé Obama et où les démocrates s’étaient rassemblés. Quand la victoire est devenue évidente rapporte le journal, les gens se sont mis à danser et s’embrasser au son de la chanson Twist and Shout. « Je suis juste très heureux », explique Lauwrenz, de Chicago. « Et je suis heureux que ça se termine rapidement. » De fait, certains s’étaient préparés à rester debout toute la nuit : un autre démocrate, Laverne Parker, rappelle qu’en 2000, il s’était couché en croyant qu’Al Gore avait gagné, pour au réveil découvrir qu’en fait c’est Georges Bush qui l’avait emporté.

Mais cette fois on a su très vite et sans équivoque que la victoire était démocrate

Le New York Times explique qu’il y a quand même eu un petit moment de flottement : une heure et demi après que les télévisions avaient estimé que Barack Obama avait remporté l’élection, Mitt Romney ne l’avait toujours pas appelé pour reconnaître sa défaite : « Ses conseillers étaient prêts à foncer vers l’aéroport, leurs valises faites, pour éventuellement contester plusieurs résultats serrés. » Le candidat républicain a finalement pris son téléphone peu avant une heure du matin, lorsque la victoire d’Obama est devenue trop large pour que ces éventuelles contestations changent quoi que ce soit.

Une victoire qui, remarque le New York Times, assied la place de Barack Obama dans l’Histoire : pour le Wall Street Journal, « son accession au pouvoir aurait pu être considérée comme un simple coup de chance s’il n’avait pas réussi à se faire réélire ».

Les analystes n'ont pas perdu de temps, le Washington Post consacre tout un article à « Ce que l'élection de 2012 nous a appris ».

Le point principal, repris par toute la presse américaine, c'est que « les républicains ont un gros problème avec la communauté hispanique » : « Le vote latino représente 10% du total national. Obama a gagné 69% de ces votes alors que Romney n'en a récupéré que 29%. » Le Parti républicain ne peut tout simplement pas perdre 7 votes latinos sur 10 et espérer être crédible pour 2016, 2020 ou au-delà, explique le journal, qui a fait ses projections : l'augmentation de la communauté latino pourrait transformer l'Arizona en Etat clé, susceptible de devenir démocrate, pour la prochaine présidentielle, même chose pour le Texas d'ici 2020.

Pour USA Today, c'est un des signes qui montrent que la nation américaine est « de plus en plus divisée » : « Mardi, l'électorat s'est divisé en deux : pas seulement sur une ligne politique et idéologique mais selon la race et l'ethnie, le genre et le statut marital, la région et la religion, l'âge et l'éduction. » La ligne n'était pas aussi nette il y a quatre ans. Barack Obama a attiré l’ « électorat qui monte » : les Afro-Américains, les Hispaniques, les jeunes et quelques Blancs, surtout des femmes. Mitt Romney a lui attiré une majorité de votant plus âgés et de blancs. « Cette division, vous la verrez tous les jours à la Chambre des représentants, et lorsque la Chambre affrontera le Sénat », estime un démographe interrogé par le journal.

Les Américains renouvelaient aussi ce mardi une partie de la Chambre des représentants et du Sénat

La division reste la même : les démocrates gardent le contrôle du Sénat et les républicains de la Chambre des représentants. Le Christian Science Monitor parle d'une élection « status quo », « qui laisse Washington exactement où elle était avant l'élection ». Et l'on sait que si le premier mandat de Barack Obama a été compliqué, c'est parce que justement il ne contrôlait pas l'ensemble du Congrès, d'où de nombreuses paralysies. « La campagne a été très difficile », note dans son éditorial le LA Times, « mais gouverner un pays aussi divisé sera encore plus dur ». D'autant que le président « va devoir faire avec une économie dont la croissance est trop lente, et dont la dette fédérale s'accroît trop vite ». Le journal dresse la liste des sujets sur lesquels démocrates et républicains ne sont absolument pas d'accord, et elle est longue : immigration, changement climatique, sécurité sociale...

Mais sur le sujet de l'immigration, les deux partis pourraient trouver de quoi discuter : le Wall Street Journal rappelle que Barack Obama veut profiter de son second mandat pour s'attaquer à des questions laissées de côté lors du premier, par exemple revoir le système d'immigration pour changer le statut des 11 millions de personnes vivant illégalement aux Etats-Unis. Après leurs résultats catastrophiques de ce mardi concernant la communauté latino, « les républicains pourraient bien estimer qu'ils ont tout intérêt à coopérer »...

tags: élections USA 2012 - Etats-Unis - Revue de presse
Fiche Pays :
Sur le même sujet :
Réagissez à cet article
Commentez cet article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(0) Réaction
Fermer