GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 25 Septembre
Lundi 26 Septembre
Mardi 27 Septembre
Mercredi 28 Septembre
Aujourd'hui
Vendredi 30 Septembre
Samedi 1 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Amériques

    La Russie interdit aux Américains d’adopter des orphelins russes

    media

    C’est l’une des mesures les plus controversées contenues dans le projet de loi destiné à répondre à la liste Magnitski, adoptée aux Etats-Unis, qui sanctionne tout citoyen russe coupable de violation des droits de l’homme. Après avoir été approuvé par la Douma, la semaine dernière, le projet de loi a reçu l’aval du Conseil de la Fédération, la Chambre haute du Parlement. Le texte, qui doit encore être promulgué par le président Vladimir Poutine pour entrer en vigueur, est vivement critiqué par la société civile.

    De notre correspondante à Moscou

    Les initiateurs du texte se sont appuyés sur quelques cas d’enfants maltraités par leurs parents adoptifs aux Etats-Unis. La loi anti-adoptions porte le nom de Dima Iakovlev, un enfant russe, mort en 2008, oublié par son père adoptif américain dans une voiture en pleine chaleur. Michael Harris avait été jugé non coupable d’homicide involontaire par une cour américaine, une décision qui avait provoqué une volée de critiques à Moscou.

    D'autres cas d'enfants maltraités par leurs parents adoptifs aux Etats-Unis ont été très largement médiatisés ces dernières années en Russie. En 2010, une infirmière américaine avait renvoyé seul en avion son fils adoptif de 7 ans, expliquant dans une lettre qu’elle avait glissée dans le sac du petit Artiom Saveliev, qu’elle souhaitait que l’adoption soit annulée, le garçon étant « mentalement instable ».

    Selon le délégué du Kremlin aux droits de l'enfant, Pavel Astakhov, dix-neuf enfants russes adoptés aux Etats-Unis ont péri ces dix dernières années, victimes de violences ou de négligence. Mais pour les détracteurs du projet de loi, ces quelques cas tragiques sont utilisés à des fins purement politiques. L’ambassadeur américain en Russie, Michael McFaul, a déploré que les orphelins se soient transformés en « monnaie d’échange » dans le bras de fer que se livrent Washington et Moscou.

    Monnaie d’échange

    L’histoire des adoptions américaines en Russie a été rythmée, ces dernières années, par ces affaires retentissantes. Après des mois de négociations, l’accord russo-américain sur la coopération dans le domaine des adoptions est entré en vigueur le 1er novembre 2012. Il prévoit notamment la mise en place d'un mécanisme permettant aux autorités russes de contrôler les conditions de vie des enfants adoptés. Le ministère russe des Affaires étrangères a d’ores et déjà annoncé que cet accord serait dénoncé dès que la loi anti-adoption entrerait en vigueur.

    Les agences d’adoption américaines travaillant sur le sol russe s’apprêtent donc à fermer leurs portes. Le département d’Etat américain a fait part de sa préoccupation : « Ce qui nous inquiète particulièrement dans cette législation - ce que les Russes sont en train de faire - c'est d'empêcher effectivement des enfants de grandir dans un environnement familial de bonheur, d'amour et de respect », a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine, Patrick Ventrell, selon lequel 60 000 petits Russes ont été adoptés par des Américains ces vingt dernières années. Sur les 965 enfants russes qui sont partis dans des familles outre-Atlantique l’année dernière, quatre-vingt-neuf sont handicapés. Avec cette loi, qualifiée de « cannibale » par ses détracteurs, les enfants malades ou d’apparence « non slave » auront encore moins de chances de trouver un foyer et de pourvoir un jour quitter l’orphelinat.

    « Il faut savoir que les enfants qui partent aux Etats-Unis sont ceux que personne ne veut adopter ici. Si l'on n'apporte pas les preuves que l'enfant a été proposé à plusieurs familles russes et qu'elles n'en n'ont pas voulu, il ne peut être adopté à l'étranger », précise Ekaterina Smyslova, représentante en Russie d’International Christian Adoption, qui souligne que les orphelinats russes regorgent d’enfants déficients physiquement ou mentalement, que les étrangers sont plus enclins à adopter que les Russes. Selon les chiffres officiels, cent mille enfants vivent dans des orphelinats russes. « Dans leur rancœur impuissante, ils veulent se venger, mais ils ne peuvent toucher les Américains, alors ils s’en prennent aux enfants », a déploré la doyenne des défenseurs des droits de l’homme russes, Ludmila Alekseeva.

    Sur les réseaux sociaux, beaucoup se sont inquiétés du sort de 46 enfants en cours d’adoption par des familles américaines, dont les dossiers sont en cours d’examen par les tribunaux. Le délégué aux droits de l’enfant auprès du président russe Pavel Astakhov a tranché : « Ces enfants resteront en Russie ».

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.