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    Mexique: une nouvelle stratégie pour réduire la violence

    media Un officier de police fait l'inventaire des armes collectées lors d'un programme de désarmement volontaire à Mexico, le 8 janvier 2013. Les habitants peuvent échanger leurs armes contre un ordinateur, un vélo ou bien de l'argent. REUTERS/Jorge Dan Lopez

    La priorité du nouveau président mexicain Enrique Peña Nieto, entré en fonction il y a un mois et demi, n’est pas de continuer la guerre frontale engagée par son prédécesseur contre les cartels de la drogue mais de parvenir, en un an, à réduire la violence et l’insécurité.

    Lors de la passation des pouvoirs, Felipe Calderon a demandé à son successeur de ne pas reculer dans le combat engagé contre les trafiquants de drogue et les organisations criminelles. La première mesure prise par le nouveau président a néanmoins été de supprimer le ministère de la Sécurité publique et de se débarrasser de Genaro Garcia Luna, le responsable de la lutte anti-drogue. Un désaveu total de la stratégie menée depuis 2006 par Felipe Calderon qui a fait 80 000 morts, 15 000 disparus, et a semé le doute dans la population qui ne croit ni en la police ni en la justice, sans que les cartels de la drogue n’aient réellement perdu de force. Au contraire, ils se sont multipliés. Les taux d’homicides durant cette période ont augmenté de 51%.

    Enrique Peña Nieto veut donc changer de stratégie. Plutôt que de mener une lutte frontale contre des trafiquants, il préfère renforcer les institutions.

    Réduire la violence et ramener la paix sociale

    Le président mexicain Enrique Peña Nieto lors de l'inauguration du Forum Mexico 2013, le 9 janvier dernier. REUTERS/Henry Romero

    Selon les chiffres officiels, le délit le plus fréquent au Mexique est le vol avec violence avec 667 délits pour 100 000 habitants, suivi par les extorsions, les enlèvements et les homicides. L’action prioritaire du gouvernement est aujourd’hui de lutter contre cette délinquance qui n’a rien à voir avec les cartels de la drogue mais qui, par contre, a un impact très grand sur la société.

    Le braquage des passants, l’enlèvement d’un voisin, les homicides crapuleux terrorisent la population qui ne se sent plus en sécurité, ce qui détruit le tissu social. Pour lutter contre la violence et l’insécurité, Enrique Peña Nieto estime que la population doit retrouver confiance dans ses institutions. Un effort de prévention accompagnera la politique de répression avec, dans les quartiers les plus chauds, la récupération des espaces publics, en augmentant considérablement les budgets sociaux.

    Pour offrir réparation aux victimes de la délinquance et démontrer que le rôle de l’Etat est de garantir une protection aux citoyens, il vient de promulguer la loi sur l’indemnisation des victimes, votée à l’unanimité par le Congrès, mais que Felipe Calderon refusait de promulguer.

    Son gouvernement pourra compter sur un budget de sécurité nationale beaucoup plus important : de l’ordre de 5% du PIB d’ici 2018 (1% de plus chaque année) au lieu de 1,5% sous le sexennat de son prédécesseur. Pour fortifier la police et avoir un commandement unique dans tout le pays, il a annoncé la création d’une gendarmerie nationale avec 10 000 policiers issus de l’armée, ainsi que la création de 5 centres régionaux d’entraînement et de formation. Pour lutter contre les enlèvements et les extorsions, la Police Fédérale formera quinze corps d’élite répartis dans les régions les plus touchées par les mafias. Chaque Etat devra entreprendre une restructuration et une consolidation de sa police.

    Pour rétablir l’Etat de droit et redonner confiance à la population, le nouveau modèle de justice pénale accusatoire, expérimenté dans l’Etat de Mexico lorsqu’Enrique Peña Nieto en était gouverneur, sera progressivement mis en place dans tout le pays.

    La lutte contre les cartels au second plan

    Enrique Peña Nieto estime qu’un pays terrorisé par les criminels et qui n’a qu’une piètre opinion de la police et l’armée, ne peut lutter efficacement contre les trafiquants de drogue. Pour retisser le tissu social et retrouver une capacité de réponse et de solidarité, il faut faire baisser les niveaux de violence.

    Dans la lutte contre la drogue, M. Peña Nieto préfère revenir à l’art de l’esquive qui a si bien fonctionné lorsque le PRI, le Parti Révolutionnaire Institutionnel, était au pouvoir avant 2000. La drogue provient principalement d’Amérique du Sud et ne fait que transiter par le Mexique. La population comprend de moins en moins pourquoi le gouvernement devrait faire le gendarme contre les cartels. Les Mexicains en ont assez de « mettre les morts, pendant que les Américains mettent les armes ». Cette guerre les concerne beaucoup moins que les Etats-Unis qui craignent que la violence ne s’étende progressivement chez eux.

    Washington est un peu inquiet car cette stratégie de diminution de la violence en évitant les confrontations armée-cartels peut être interprétée comme une politique du laisser-faire. S’ils ne sont pas harcelés par la police et l’armée mexicaines, les trafiquants pourront effectivement acheminer plus facilement leur drogue aux Etats-Unis.

    Un problème international

    Les cartels mexicains sont devenus les principaux acteurs du commerce mondial de la cocaïne. Ils dominent non seulement la production mais étendent leur contrôle sur la distribution de cette drogue partout dans le monde. Le cartel du Sinaloa de Joaquin El Chapo Guzman, par exemple, a étendu ses réseaux en Amérique du Sud, au Brésil et en Argentine mais aussi en Australie, en Europe, en Afrique, et en Asie.

    Ces cartels sont également très implantés dans les caraïbes (République dominicaine, Haïti) pour la contrebande vers les Etats-Unis. Enrique Peña Nieto hérite donc d’une situation qui est de moins en moins « mexicaine » mais de plus en plus continentale et internationale. Il pourrait donc bénéficier d’une coopération plus importante des organismes internationaux, ce qui devrait lui permettre de dépasser le cadre un peu étroit de la relation bilatérale sur le sujet avec les Etats-Unis.

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