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Attentat de l'Amia : les organisations juives d'Argentine rappellent la responsabilité de l'Iran

media

Un accord passé avec l'Iran fait des remous en Argentine : il institue en effet une commission indépendante pour faire la lumière sur l'attentat contre la mutuelle juive Amia, qui a fait 85 morts en juillet 1994 à Buenos Aires. Les organisations qui représentent la communauté juive du pays, la plus importante d'Amérique latine, rappellent que la justice argentine a déjà conclu à la responsabilité de Téhéran dans l'attentat, et qu'Interpol a lancé des mandats d'arrêt internationaux contre des Iraniens - dont l'actuel ministre de la Défense Ahmad Vahidi.

Avec notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet

Le président de l'Association mutuelle israélite argentine (Amia), Guillermo Borger, dit craindre un recul de la vérité, à la faveur de l'accord passé par Buenos Aires avec l'Iran : « La constitution d'une commission vérité indépendante pourrait impliquer que les conclusions de l'enquête judiciaire ayant donné lieu aux mandats d'arrêt lancés par Interpol ne représentent pas la vérité. »

Pourtant, dans leurs déclarations à la presse, les dirigeants juifs sont plus nuancés, comme Julio Schlosser, président de la Délégation des associations israélites argentines (DAIA) : « Nous avons présenté nos objections à une partie de cet accord et nous ne sommes pas préoccupés par l'endroit où seront interrogés les suspects, pour autant que soient respectées les conditions pour que ces interrogatoires soient ce qu'ils doivent être. »

La possibilité, prévue dans l'accord, d'interroger les suspects iraniens à Téhéran, représente une ouverture. Jusqu'ici, la situation était bloquée, l'Iran ayant toujours nié sa responsabilité dans l'attentat et refusé que les inculpés soient présentés à la justice argentine. 

Mais les organisations juives, relayées par l'opposition, craignent que les autorités de Buenos Aires n'aient été embarquées dans une opération de diversion, qui permettrait à l'Iran de gagner du temps.

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