La «ménagère désespérée» de Betty Friedan - Amériques - RFI

 

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Amériques

Droits des femmes Etats-Unis

La «ménagère désespérée» de Betty Friedan

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Un demi-siècle après sa publication, The Feminine Mystique de l’Américaine Betty Friedan n’a rien perdu de sa pertinence. Ce livre est comme un classique de la littérature féministe.

Il y a 50 ans, en février 1963, paraissait The Feminine Mystique, le premier livre de l’Américaine Betty Friedan qui a révolutionné la pensée féministe outre-Atlantique. Il est devenu rapidement un best-seller aux Etats-Unis. En proposant une critique radicale de la condition faite à la femme dans la société de consommation, ce livre a permis à des millions d’Américaines de prendre conscience de la prison dorée de la domesticité dans laquelle elles se sont laissées enfermer, se condamnant à une aliénation profonde.

« Pendant des années, le malaise resta enfoui, inavoué dans l’esprit des femmes américaines, écrit Betty Friedan. C’était une sensation étrange, un sentiment d’insatisfaction, une aspiration à autre chose. » D’origine juive, l’auteur comparait volontiers les ménagères des banlieues prospères américaines à des prisonniers d’« un camp de concentration confortable » et qualifiait de « mensonge » le bonheur au féminin qui s’étale à longueur des pages des magazines. Traduit en de nombreuses langues, l’ouvrage s’est depuis vendu à plus de 3 millions d’exemplaires. Il a influencé le devenir des femmes dans le monde entier. L'ouvrage a reçu un accueil ardent et enthousiaste en France où il fut traduit dès 1964, sous le titre « La femme mystifiée ». Sa traductrice n’est autre que Yvette Roudy, féministe reconnue et ancienne ministre des Droits de la femme.

Le spleen de la femme au foyer

Issue de la classe moyenne américaine, l’auteur Betty Friedan a puisé dans l’expérience des femmes de son milieu et de son époque le matériau de son livre séminal. Fille d’un émigrant russe, elle a grandi dans le Midwest et a fait des études universitaires brillantes de psychologie au Smith College (Massachusetts). Elle réussit à décrocher une bourse pour faire un doctorat, mais doit abandonner ses études pour se marier en 1949 avec Carl Friedan, directeur de théâtre et publicitaire. Installée dans la banlieue new-yorkaise avec sa famille, elle a mené la vie de la ménagère américaine modèle, tout en rédigeant régulièrement des articles pour des magazines féminins.

C’est lorsqu’à la fin des années 1950, le magazine pour lequel elle travaillait à l’époque refusa son article qui racontait le spleen de la femme au foyer cantonnée à son rôle d’objet sexuel et de mère, qu’elle eut l’idée d’écrire un livre sur le sujet. En enquêtant sur ce thème, quelle ne fut sa surprise de constater que son spleen de ménagère s’étiolant dans sa banlieue prospère sans autre horizon d’attente que les limites de sa pelouse verte, ne lui était guère spécifique. Elle découvre que cette angoisse est partagée par beaucoup d’autres femmes à travers le pays. Pour les besoins de son étude, elle avait adressé un questionnaire à ses ex-condisciples du Smith College et avait reçu près de 200 réponses décrivant de long en large le malaise des femmes aisées réduites à des corvées ménagères. Ce matériau riche sera le point de départ de la réflexion sur la condition féminine dans l’Amérique des Kennedy et des Johnson qui est au cœur de l’opus de Betty Friedan.

« De Freud au frigidaire »

Interrogeant l’histoire, la psychologie, la sociologie et l’économie, son livre propose le portrait changeant de la femme américaine au 20e siècle, passée « de Freud au Frigidaire », pour emprunter la formule-choc qu’emploie l’auteur. L’idéal de la femme indépendante, occupée à gagner sa vie (la « New Woman » des années 20 et 30), imposé par le combat des suffragettes, a progressivement laissé la place à la ménagère des banlieues prospères, souvent plus éduquée mais reléguée à la domesticité par le boom économique de l’après-guerre.

La femme au foyer, entourée de son mari, ses enfants, son presse-légumes et sa tondeuse à gazon est le produit du conditionnement patriarcal qui a fini par persuader les Américaines que l’univers domestique suffit à leur bonheur. Le foyer, le lieu idéal de leur épanouissement. C’est ce mythe ou cette « mystique féminine » que le livre de Friedan s’attache à déconstruire, appelant les femmes à prendre leurs distances par rapport à ce modèle, véritable cause de leur frustration et de leur désespoir. Décortiquant les symptômes de leur malaise, l’auteur encourage ses lectrices à prendre leur vie en main et à rejeter résolument la logique de « la biologie comme destin ».

Couverture de livre de Betty Friedan, «La Femme mystifiée».

Le succès fut immédiat. Des millions de femmes américianes se sont reconnues dans l’image que ce livre leur renvoyait tel un miroir. The Feminine Mystique a marqué l’avènement de ce qu’on a appelé la deuxième vague du mouvement féministe aux Etats-Unis, libérant les femmes du carcan de la « féminité » qui avait limité leurs vies. Il a aussi contribué à la visibilité croissante des femmes à tous les niveaux de la société américaine. Le succès inattendu de son livre a conduit Betty Friedan à se jeter corps et âme dans le militantisme féministe. Elle fonda plusieurs organisations dont la National Organization for Women (NOW), pour mieux asseoir ses combats, notamment pour l’égalité des sexes dans les milieux professionnels et la légalisation de l’avortement. Ce sont des causes qu’elle a défendues jusqu’à sa disparition en 2006.

Devenu un classique de la littérature féministe, The Feminine Mystique est étudié aujourd’hui dans les universités. Il est parfois critiqué pour son oubli des femmes des classes laborieuses et des femmes noires, mais compte parmi la poignée de livres de non-fiction du 20e siècle qui ont marqué de leur sceau l’évolution des mentalités.


La Femme mystifiée, par Betty Friedan. Traduit de l’anglais par Yvette Roudy. Paris, Denoël/Gonthier, 1964, 212 pages

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