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    Raul, le dernier des Castro

    media Le président cubain Raul Castro. REUTERS/Grigory Dukor

    Il vient d’être réélu au poste de président des Conseils d’Etat et des ministres de la République de Cuba. Raul Castro signe pour un nouveau mandat de cinq ans, son dernier. Il avait succédé à son frère Fidel en 2006. Depuis, il a réformé le pays tout en préservant le socialisme. Désormais, il plaide pour une passation de pouvoir en douceur, après presque 60 ans de règne castriste.

    Sa réélection du dimanche 24 février n’était pas une surprise, loin de là. Raul Castro avait, avant même d’obtenir ce second mandat, annoncé qu’il s'agirait du dernier. En 2018, le frère de Fidel Castro laissera la tête de l’Etat cubain à la nouvelle génération. Et peut-être même avant, s’il démissionne. Une hypothèse que l’homme n’écarte pas. « Je vais démissionner. Je vais avoir 82 ans, j’ai le droit de me retirer. Vous ne croyez pas ? », a-t-il lancé ce week-end avec le sourire aux journalistes.

    Une passation de pouvoir lourde de sens après 59 années de pouvoir castriste. En effet, Raul n’a certes succédé à son frère qu’en 2006, mais avant cela, Fidel était arrivé à la tête de l’Etat à la fin des années 1950. Et depuis les débuts, le grand frère a toujours pu compter sur le soutien fidèle de son cadet, le gratifiant de nombreux compliments : « Raul est plus jeune, plus énergique que moi », déclarait le Lider maximo en 1997.

    Dans l’ombre de Fidel

    Raul Castro n’a jamais pu échapper à la comparaison avec son illustre aîné, dont il a été le ministre de la Défense pendant un demi-siècle. Plus réservé, moins bavard que Fidel, Raul est un militaire qui s’est entouré durant toute sa carrière des siens. D’ailleurs, depuis sont arrivée au poste de président, l’armée tient une large place dans les institutions du pays.

    Ce n’est pas un homme de discours et il se fait plus rare que Fidel à la télévision. Mais c’est un idéologiste qui tient au socialisme. Prêt à réformer le pays, il tente de préserver les piliers du régime (santé, éducation, culture) tout en réformant l’économie. Ces dernières années, il a ouvert le marché du travail notamment, en encourageant et en légalisant le secteur privé jusqu’ici inexistant à Cuba.

    L’idéologiste

    Il a aussi allégé les règles d’émigration des Cubains. Plus besoin aujourd’hui de « permis de sortie » pour quitter l’île, un passeport a été mis en circulation, ce qui a profité aux opposants désormais libres de se rendre à l’étranger hors du contrôle des autorités. Une avancée qui ne doit pas masquer la dureté du régime de Raul Castro.

    Il faut rappeler que des deux frères, c’est au départ lui le plus engagé. Raul Castro a milité dans les rangs communistes bien avant Fidel, et il reste un radical. Il conserve une main de fer contre ses opposants, continue à fustiger Washington qu’il accuse de financer des « mercenaires ».

    Le dernier des Castro

    Avec le départ annoncé de Raul Castro du pouvoir, c’est la fin d’une génération d’octogénaires. En 2018, et même avant, il ne restera presque plus de ces hommes et femmes qui ont fait la révolution cubaine de 1959. Ce sont les héritiers qui seront désormais à la tête de l’Etat.

    Toute une génération qui n’a pas vécu la révolution et qui n’a connu que le régime castriste. Une jeune garde incarnée par Miguel Diaz-Canel, étoile montante de la scène politique. A 52 ans, il est le prétendant au fauteuil de président et il devrait assurer l’intérim si Raul Castro ne va pas au bout de son deuxième mandat.

    Cuba, bientôt une nouvelle génération

    Le dauphin tout désigné de Raul Castro s’appelle Miguel Diaz-Canel. A 52 ans, il vient d’être nommé premier vice-président. S’il partage ce poste avec des historiques du Parti, il n’est pas le seul petit jeune à faire son entrée puisque Mercedes Lopez Acea, 48 ans, devient elle aussi vice-président et à ce titre membre du bureau politique.

    Une nouvelle génération que l’on retrouve à l’Assemblée nationale. Près de 80% des 612 députés élus le 3 février dernier sont nés après l’arrivée de Fidel Castro à la tête de l’Etat cubain. Même jeunisme au sein du Conseil d’Etat, où près de 60% des 21 membres ont moins de 60 ans.

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