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    Amériques

    François-Xavier Freland: «L'opposition est organisée et doute moins de sa victoire que le camp chaviste»

    media Dans les rues de Caracas, mardi 5 mars, après l'annonce du décès de Hugo Chavez. REUTERS/Jorge Silva

    Cela fait bientôt 24 heures que la mort de Hugo Chavez a été annoncée. La presse en Europe est à l’unisson ce mercredi 6 mars. « C’est une période d’incertitude qui s’ouvre », dit-elle. « Incertitude », est-ce un mot que l’on entend aussi aujourd’hui à Caracas ? Eléments de réponse avec le journaliste François-Xavier Freland. Les auditeurs de RFI le connaissent bien. Il a été notre correspondant à Caracas au Venezuela.

    François-Xavier Freland: Ce qui est sûr, c’est que le Venezuela commençait à se préparer à l’hypothèse de cette disparition de Hugo Chavez depuis plus de deux mois, je dirais même depuis le début de sa maladie, il y a deux ans. Donc, quelque part, dans la tête des Vénézuéliens, il y avait cette idée qu’un jour ou l’autre ce leader incontestable, ce père de la nation, cette espèce d’homme un petit peu extraordinaire parce que Chavez avait pour lui non seulement d’avoir cette corpulence un peu hors du commun – c’était un militaire assez grand - mais surtout d’avoir ce charisme qui faisait sa particularité et son charme, voire son défaut. Il est sûr que cet homme-là laisse un grand vide et, au Venezuela, on s’est un peu préparé à cette idée qu’un jour il ne serait plus là. Mais maintenant évidemment, c’est autre chose de le vivre concrètement aujourd’hui. Dans son parti, il y a certainement des tensions. On les a vues durant la maladie, notamment lorsqu’il était retourné à Cuba. Il y a eu des dysfonctionnements entre le vice-président Nicolas Maduro, le dauphin désigné, et le président de l’Assemblée nationale Diosdado Cabello. On voit que maintenant va se poser le problème de la succession de Chavez. Et puis de l’autre côté évidemment il y a l’opposition en ordre de bataille. On avait vu déjà cette opposition très bien organisée en octobre dernier lors des élections générales avec un leader qui a prouvé qu’il était capable, lui aussi, pourquoi pas un jour d’être au pouvoir.

    RFI : Aussitôt après avoir annoncé la mort du « Comandante », le vice-président Nicolas Maduro a confirmé que l’armée et la police avaient été déployées à travers le pays. Cela veut-il dire qu’il y a aujourd’hui des risques de déstabilisation au Venezuela ?

    C’est un petit peu le chiffon rouge qu’agite depuis toujours Chavez lorsqu’il était encore vivant depuis le coup d’Etat manqué contre lui en avril 2002, cette crainte paranoïaque d’un coup d’Etat mené de l’extérieur avec sans doute parfois une certaine crédibilité puisque l’histoire avait prouvé en Amérique latine qu’à une certaine époque, des coups d’Etat avaient été menés contre des chefs d’Etat révolutionnaires. On se souvient d’Allende au Chili mené depuis Washington, en tout cas via la CIA. Donc il y a toujours cette espèce de fantasme en Amérique latine et Chavez se sentait véritablement visé. Aujourd’hui, son camp orphelin se sent visé par cette possibilité-là, cette hypothèse et, évidemment, en rajoute sans doute pour pouvoir asseoir davantage le contrôle sur le pays, ce qu’est en train de faire Nicolas Maduro.

    Mais rien de crédible donc même dans un pays habitué aux coups d’Etat militaires ? Cette menace-là aujourd’hui a disparu, les hommes ont changé peut-être ?

    Ce qui fait la force justement de Henrique Capriles, c’est qu’il est persuadé qu’il peut arriver au pouvoir sans être obligé de passer par une étape de violences ou de déstabilisation du pouvoir actuel. C’est peut-être quand même ce qui fait peur au camp chaviste parce que si Chavez, lui, a su, grâce à sa personne et à sa popularité, remporter ses dernières élections avec un score quand même plus faible que ceux qu’on avait l’habitude de voir lors des élections passées, il est clair que Nicolas Maduro ce n’est pas Chavez. Il n’a pas ce charisme. Il n’a pas cette relation au peuple qu’avait Chavez. Et sans doute ce qu’on craint du côté du PSUV, le Parti socialiste unifié du Venezuela, que peut-être ce scrutin leur échappe.

    Maduro a le soutien de l’armée. Il a aussi celui dans l’immédiat de l’opposition, Capriles s’est dit solidaire de tous les partisans de Chavez mardi soir. Y a-t-il aujourd’hui un véritable front uni ou s’agit-il seulement d’un soutien de façade qui va vite s’effriter pour laisser place à la bataille pour le pouvoir ?

    Il y a une chose qui lie quand même tous ces hommes, c’est la foi et la fidélité à Chavez. Il est clair que Chavez restera dans l’histoire du Venezuela comme un fil, comme un mouvement, un peu comme on a eu le péronisme en Argentine qui a perduré. Le chavisme va continuer d’exister après Chavez. Ensuite, évidemment le problème c’est quels sont les hommes qui vont faire vivre cette idéologie, si on peut l’appeler comme cela, et là on peut craindre effectivement des tensions dans son propre camp sachant, je le répète, qu’en face l’opposition, qui a été longtemps très désunie face à Chavez, qui ne savait pas comment finalement réagir face aux discours implacables d’Hugo Chavez et à ses diatribes souvent très dures, des insultes même, eh bien aujourd’hui on a l’impression que cette opposition est organisée et doute moins de sa victoire que le propre camp chaviste.

    On a noté mardi, qu’aussitôt après l’annonce de la mort d’Hugo Chavez, deux attachés militaires américains ont été expulsés. Le vice-président a évoqué dans la foulée des plans de déstabilisation. Ne s’agit-il pas là d’une volonté finalement de diaboliser l’opposition, cette opposition de Henrique Capriles en la présentant dès maintenant comme inféodée aux Etats-Unis ?

    Ce n’est pas nouveau. Ça fait juste 14 ans que cela existe. Hugo Chavez s’est toujours servi de cet argument qu’on a évoqué - des risques de déstabilisation du pays parce que l’opposition serait manipulée depuis la Maison Blanche. Ça fait un peu partie du fantasme vénézuelien chavéiste. C’est clair que ça permet à Nicolas Maduro et à son gouvernement de resserrer les boulons dans le pays, de peut-être davantage assumer le contrôle du territoire, peut-être en vu on ne sait pas encore d’un autre régime. Il faut attendre les élections et il est un peu tôt pour tirer les conclusions de tout ce qui est en train de se passer actuellement. Il y a sans doute peut-être quand même des peurs réelles de la part de Maduro de voir le pays sans son leader déstabilisé. Peut-être faut-il quand même respecter cette crainte là ? Cela dit, du côté de l’opposition, on reste finalement très calme. Henrique Capriles lors des dernières allocutions, a montré vraiment un visage serein face à une sorte de peur qui s’empare finalement du camp chaviste.

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    Ouvrage : Qui veut la peau d’Hugo Chavez ? de François-Xavier Freland. Editions du Cherche-Midi.

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