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    Venezuela: réactions multiples après la mort de Chavez

    media Une femme passant devant une fresque dépeignant le président vénézuélien Hugo Chavez avec le slogan «Come On commandant» dans les rues de Caracas le 8 Janvier 2013

    La mort du président vénézuélien Hugo Chavez suscite de multiples réactions. Les hommages particulièrement appuyés se multiplient dans les pays alliés d'Amérique latine, Brésil, Equateur, Nicaragua, Cuba. Mais elles viennent aussi du reste du monde, Etats-Unis, Canada, France, Royaume-Uni.

    Un ami du Brésil

    C’est, la voix chargée d’émotion, que la présidente brésilienne a demandé une minute de silence pour rendre hommage à Hugo Chavez : « Son décès doit remplir de tristesse chaque latino-américain», a insisté Dilma Rousseff à l’issue d’un discours prononcé depuis Brasilia, et diffusé en direct à la télévision : « C’était un grand leader. C’est une perte irréparable. Il était par dessus tout un ami du Brésil ».

    L’ex-président Lula, qui avait publiquement soutenu Hugo Chavez lors de l’élection présidentielle d’octobre dernier a fait part de sa tristesse, dans un communiqué. Et il appelé le Venezuela a continué sa politique en faveur des plus démunis. Le Brésil, à l’initiative de la présidente Rousseff avait proposé à plusieurs reprises à Hugo Chavez de venir faire soigner son cancer à Sao Paulo. Mais le président vénézuélien avait à chaque reprise préféré Cuba aux cliniques ultramodernes de la capitale économique brésilienne.

    Dilma rousseff avait, elle, milité ces dernières années pour permettre l’entrée du Venezuela dans le Mercosur. C’est chose faite depuis août dernier.

    Sur le réseau social Twitter au Brésil, de nombreuses personnalités politiques, des acteurs et des musiciens ont envoyé leurs condoléances. Mais aussi leurs vœux pour l’avenir. Comme ce député fédéral brésilien du parti communiste qui souhaite que la transition se fasse dans la paix et sans coup d’Etat.

    Un frère de la Bolivie

    En Bolivie, c’est visiblement ému et entouré d’une grande partie de son gouvernement qu’Evo Morales a rendu hommage à Hugo Chavez sans manquer de rappeler que la lutte anti-impérialiste doit continuer : « Nous sommes détruits par le décès de notre frère Hugo Chavez. Mon frère de solidarité, mon compagnon de révolution. C’est douloureux, mais nous voulons aussi souhaiter aux peuples qui ont accompagné notre frère président Chavez, force, courage et surtout plus d’unité que jamais. Car ce processus de libération, non seulement du peuple vénézuélien mais de tous les peuples latino- américains, doit se poursuivre. Nous sentons que Chavez est plus vivant que jamais et qu’il continuera d’inspirer les peuples qui luttent pour leur libération ».

    Le président bolivien a décrété sept jours de deuil national sur l’ensemble du territoire, sans suspension d’activités.

    Parmi les autres réactions dans le pays, celle du député socialiste Hector Arce, qui résume bien le sentiment des partisans de Morales : « C’est un président ami qui s’en va, a déclaré l’élu, un ami qui nous a aidé quand nous en avions le plus besoin ».

    Profond chagrin en Équateur

    Le gouvernement du président socialiste Rafael Correa, un proche allié du dirigeant vénézuélien, a fait part de son « profond chagrin » après l’annonce de sa mort, affirmant qu’il avait été le « chef de file d’un mouvement historique » et un « révolutionnaire mémorable ».

    L'hommage de la Colombie

    « Nous ressentons une profonde tristesse. Nous avons bien travaillé avec le président Chavez. Je crois que cela a été ces deux dernières années une très bonne relation, nous avons beaucoup avancé », a déclaré la ministre colombienne des Affaires étrangères Maria Angela Holguin. La Colombie rappelle que Chavez avait oeuvré à la mise en place d'un processus de paix avec la guérilla des Farc.

    Le président du Chili, Sebastian Pinera, a qualifié le président Hugo Chavez de « leader profondément engagé dans l'intégration de l'Amérique latine ». « Nous avions des différences, mais j'ai toujours su apprécier la force, l'engagement avec lequel le président Chavez luttait pour ses idées », a déclaré le président chilien.

    Le régime cubain a décrété un deuil national de trois jours, en hommage à son principal allié politique et économique qui avait été hospitalisé durant deux mois à Cuba, avant son retour à Caracas à la mi-février. « Hugo Chavez a accompagné Fidel Castro comme un véritable fils », indique le gouvernement à La Havane.

    Le président péruvien Ollanta Humala a exprimé lui aussi sa « profonde douleur » et envoyé ses condoléances à la famille et « au peuple frère vénézuélien », faisant part de sa « solidarité bolivarienne, sud-américaine et latino-américaine».

    « Un martyr », pour Ahmadinejad

    C'était un « homme hors du commun et fort qui regardait vers l'avenir et qui était toujours extrêmement exigeant envers lui-même », s'est ému le président russe Vladimir Poutine dans un télégramme de condoléances.

    L'Iran, autre alliée du Venezuela de Hugo Chavez, a également salué sa mémoire par la voix de son président, Mahmoud Ahmadinejad. Il est « un martyr pour avoir servi son peuple et protégé les valeurs humaines et révolutionnaires », a-t-il écrit dans une lettre de condoléances publiés sur le site de la présidence iranienne, affirmant que le dirigeant vénézuélien défunt a succombé à « une maladie suspecte ».

    « Je n'ai pas de doute que Hugo Chavez reviendra sur terre aux côté de Jesus et de l'Homme parfait », a ajouté le président iranien. Une référence au douzième imam disparu au VIIème siècle et qui doit revenir sur terre pour sauver le monde, selon les musulmans chiite, majoritaires en Iran.

    Ces dernières années, l'Iran et le Vénézuela ont considérablement renforcé leurs relations, partageant ensemble leur position hostile aux Etats-Unis. Les échanges économiques entre les deux pays s'élèvent à huit milliards de dollars. Le Venezuela est aussi une tête de pont pour l'Iran qui a renforcé ses relations avec plusieurs pays d'Amérique latine, comme le Nicaragua, l'Equateur, la Bolivie et Cuba.

    Le président Ahmadinejad s'est rendu à six reprises au Venezuela, alors que Hugo Chavez est venu en Iran pas moins de 13 mois. D'ailleurs, l'Iran a déclaré une journée de deuil national à la mémoire de Hugo Chavez.

    Même son de cloches à Haïti où le ministre des Affaires étrangères a évoqué une grande perte pour le Venezuela, pour la région et pour Haïti.

    Au Moyen-Orient, Nabil Shaath, en charge des relations extérieures du mouvement palestinien Fatah a réagi à cette disparition en déclarant que « la Palestine dit adieu à un ami loyal qui a défendu passionnément notre droit à la liberté et à l'autodétermination ».

    Hommage plus discret du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon soulignant qu'Hugo Chavez s'était efforcé de « répondre aux aspirations et aux défis des plus vulnérables » dans son pays.

    Washington mise sur l'avenir

    Aux Etats-Unis, il a fallu moins d’une heure à la Maison Blanche pour publier son communiqué après l’annonce officielle du décès d’Hugo Chavez. Barack Obama y affirme que les Etats-Unis renouvellent leur soutien aux Vénézuéliens : « Au moment où le pays entame un nouveau chapitre de son histoire », écrit le président américain, « les Etats-Unis continuent à défendre les politiques qui soutiennent les principes démocratiques, l’Etat de droit, et le respect des droits de l’homme ».

    Pas d’émotion. Pas de condoléances. Des propos tournés vers l’avenir. Hugo Chavez n’était pas un ami des Etats-Unis, qu’il pourfendait à longueur de discours sans avoir jamais cessé de les livrer en pétrole. Le président vénézuélien avait rencontré Barack Obama en avril 2009 au tout début du premier mandat du président américain. Une poignée de main qui avait fait le tour du monde sans que les relations entre les deux pays se réchauffent pour autant.

    Quelques heures avant l’annonce de la mort du président vénézuélien, deux diplomates américains avaient été expulsés du pays, accusés d’espionnage. Et dans un discours prononcé en début d’après-midi, le vice-président vénézuélien avait accusé les « ennemis » du pays d’avoir provoqué le cancer d’Hugo Chavez. Information vigoureusement démentie par le département d’Etat.

    En Grande-Bretagne, le ministre des Affaires étrangères, William Hague, s'est dit « attristé » par la mort de Chavez. « En tant que président du Venezuela pendant 14 ans, il a marqué les esprits dans son pays et bien au-delà », a-t-il poursuivi.

    De son côté, le président français, François Hollande, a estimé que Hugo Chavez avait « profondément marqué l'histoire de son pays ». Il « exprimait, au-delà de son tempérament et de ses orientations que tous ne partageaient pas, une volonté indéniable de lutter pour la justice et le développement ».

    Au Canada, le Premier ministre Stephen Harper se tourne maintenant vers l'avenir. Il a déclaré qu'Ottawa compte travailler avec le successeur de M. Chavez pour « rendre l'hémisphère plus prospère, plus sûr et plus démocratique ».

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