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    Les artères des momies n’étaient pas plus vaillantes que les nôtres

    media La momie d'un scribe égyptien, Hatiay, mort entre 40 et 50 ans, est examinée au scanner pour l'étude dirigée par le Pr Randall Thompson et publiée par The Lancet. REUTERS/The Lancet

    Il aura fallu du temps pour s’en apercevoir, mais les momies souffraient de maladies cardio-vasculaires. Ce sont des chercheurs qui ont découvert la présence des lésions caractéristiques de ces affections, sur des corps momifiés depuis 600 à 4 000 ans. Une occasion de revoir le dogme qui veut que ces maladies soient dues aux contraintes de la vie moderne.

    C’est au scanner qu’ont été passées les 137 momies pour qu’elles livrent le secret de leurs artères et, le moins que l’on puisse dire, c’est que les chercheurs n’ont pas été déçus par ce qu’il leur a été donné de voir. Plusieurs de leurs « patients » présentaient tous les signes d’une athérosclérose, autrement dit, ils avaient des dépôts de lipides, de graisse, sur les parois des artères.  

    Ainsi donc, l’athérosclérose que l’on appelle aussi la maladie des temps modernes, n’a pas attendu l’invention des mauvaises graisses industrielles ni le stress de l’homme du XXe siècle pour sévir. Selon le Pr Randall Thompson, de l’Institut du cœur de Kansas City, aux Etats-Unis, qui a dirigé ces recherches, le tiers des 137 momies étudiées présentaient des signes « certains ou probables » d’une obstruction des artères coronaires par une accumulation de corps gras. Une altération des artères, notamment un durcissement, le plus souvent à l’origine des crises cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux.

    Maladie du vieillissement

    Sur les 137 momies « enrôlées » dans l’étude, 76 provenaient d’Egypte, 51 du Pérou et 10 du sud-ouest des Etats-Unis et des îles Aléoutiennes en Alaska. Des signes d’athérosclérose ont été découverts chez 39% des momies égyptiennes, 26% des péruviennes, 40% des Amérindiens du Colorado (sud-ouest) et 60% des Unangans (îles Aléoutiennes).

    « Il est surprenant de voir que l'athérosclérose est aussi fréquente dans ces anciennes cultures à travers le globe sur une période de temps aussi étendue et parmi des personnes très différentes génétiquement et avec des modes de vie et des régimes alimentaires aussi variés », a insisté le Pr Thompson dont le travail mené avec une équipe internationale vient d’être publié par la revue britannique The Lancet et présenté au congrès annuel de l'American College of Cardiology, à San Francisco.

    « Cette maladie, attribuée au mode de vie et au régime alimentaire de la vie moderne, serait en fait liée au vieillissement ou alors peut-être que nous ne comprenons pas les facteurs de risque aussi bien que nous le pensons » tels la sédentarité, le tabac et des nourritures riches en cholestérol, remarque le chercheur américain. Un questionnement qui fait écho au récent débat ouvert en France par le Pr Even sur le rôle du cholestérol dans les maladies cardiovasculaires et du traitement par les statines.

    Randall Thompson est un familier des momies en tout genre et de leur état de santé. Déjà, en 2011 il avait découvert que de nombreuses momies égyptiennes souffraient d’athérosclérose. Mais à l’époque, l’origine sociale élevée de ces dernières pouvait laisser croire au chercheur que, de leur vivant, ces riches Egyptiens faisaient bombance et consommaient beaucoup de graisses.

    Les peuples anciens aussi

    C’est donc pour vérifier cette première découverte que le Pr Thompson et son équipe décident d’élargir leur travail à d’autres cultures et à d’autres époques, des pharaons jusqu’au Moyen Âge tardif avec le résultat que l’on sait. A savoir que nos ancêtres souffraient de maux que l’on attribue aux effets pervers de la modernité. « Il est évident que cette pathologie était fréquente chez les peuples anciens, et nous exagérons peut-être la possibilité de prévenir ou d'inverser les maladies cardio-vasculaire avec seulement un régime alimentaire », suggère le cardiologue.

    C’est en tout cas une idée qui fait son chemin chez les scientifiques. Pour le Dr Caleb Finch, professeur de gérontologie à l’université de Californie du Sud à Los Angeles et co-auteur de cette étude, « il ne s'agit pas uniquement d'une maladie liée au mode de vie mais une caractéristique du vieillissement dans toutes les populations humaines ». Et de citer l’homme de Ötzi, mort il y a 5 000 ans et retrouvé en 1991 dans un glacier des Alpes italiennes, qui avait les carotides calcifiées…  

    Les scientifiques ont aussi remarqué que la maladie des artères était d’une façon générale plus fréquente chez les sujets les plus âgés. L’âge moyen au moment du décès des momies incluses dans l’étude était de 36 ans alors que l’espérance de vie moyenne à ces époques était de 40 ans. Mais celles chez qui ont été retrouvées des traces d’athérosclérose avaient au moment de leur mort une moyenne de 43 ans. 

    Ces données confortent l’hypothèse du Pr Thompson selon laquelle l’athérosclérose serait une pathologie associée au vieillissement. Ce qui ne doit pas exclure, précise-t-il, de surveiller son alimentation, sa tension artérielle et son cholestérol, d’éviter le tabagisme et de faire de l’exercice physique.

     

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