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Article publié le : vendredi 15 mars 2013 à 20:01 - Dernière modification le : vendredi 15 mars 2013 à 20:01

A la Une : le premier jour du pape François

Par Achim Lippold

Pour le journal vénézuélien El Nacional, le nouveau pontificat a commencé sous le signe de la simplicité. El Clarin, quotidien argentin, parle même d’austérité. Le pape François paie par ses propres moyens sa chambre d’hôtel à Rome. Le quotidien relève également la tenue du nouveau souverain pontife, il est apparu sans étole, sans souliers rouges, sans croix en or, il a tenu la messe en italien et non en latin.

C’est fini avec l’ostentation, le temps est désormais à l’humilité. Et voilà que la révolution au sein de l’Eglise est en marche, s’exclame La Nacion. D’après ce que l’on pouvait voir hier, conclut le journal, rien ne sera plus pareil au Vatican. Un avis partagé par le Los Angeles Times : « François a une voix très calme, presque timide, écrit le journal, mais elle porte loin ».

Relations tendues avec le gouvernement argentin
 
Autre sujet discuté dans les journaux, les relations tendues qu’entretient la présidente argentine Cristina Kirchner avec le nouveau pape. Ces problèmes ne datent pas d’hier. Déjà sous le gouvernement de Nestor Kirchner, les relations entre l’Eglise catholique et les autorités politiques étaient houleuses, écrit le Washington Post. Un jour, l’ancien président Nestor Kirchner avait qualifié le cardinal Jorge Bergoglio de « premier opposant à son gouvernement ».
 
En fait, à l’époque l’Argentine essayait de sortir d’une grave crise économique et Nestor Kirchner optait pour des mesures radicales qui aggravaient la pauvreté dans le pays. C’est contre cette politique d’austérité que le pape s’était alors révolté. Dans ses interventions publiques, il épinglait souvent les autorités de manière indirecte. Comme en 2006, rappelle le Washington Post, lorsque Jorge Bergoglio affirmait que « le pouvoir est un enfant de la confiance, et pas de la manipulation, de l’intimidation ou de l’arrogance ». 
 
Selon un politologue argentin interrogé par le journal, les positions que défend le pape sont à l’opposé de celles exprimées par le couple Kirchner. François s’inscrit dans l’héritage modéré du péronisme, alors que les présidents Kirchner, Nestor et son épouse Cristina, ont appliqué une forme plus extrême, plus à gauche du péronisme, explique le journal brésilien Folha de Sao Paulo
 
Au Brésil, ces tensions entre l’Eglise et le gouvernement existent également et, du coup, les proches de la présidente Dilma Roussef sont assez soulagés qu’aucun Brésilien n’ait été élu pape. C’est à lire également dans la Folha de Sao Paulo. Le cabinet de Dilma Roussef a suivi en direct à la télévision l’élection du pape et tout le monde a croisé les doigts pour que le cardinal brésilien Odilo Scherer (l’un des favoris) ne sorte pas gagnant du conclave. Au sein du Parti des travailleurs (le parti de la présidente Dilma Rousssef), certains ont même célébré l’échec d’Odilo Scherer. « Ouf, il n’enfilera pas des chaussures rouges, Dieu nous a écoutés », a twitté l’ancien trésorier du Parti des travailleurs.
 
« Chavez en marche vers le 23 janvier »
 
La dépouille du président défunt Hugo Chavez doit être transférée ce vendredi 15 mars 2013 de l’Académie militaire vers un musée. Ce musée est situé au cœur d’un quartier populaire de Caracas, « le 23 janvier », un bastion chaviste. Le cortège va démarrer cet après-midi, heure de Caracas. « Chavez est en marche vers le 23 janvier », titre le journal Ultimas Noticias qui table sur une énorme mobilisation des sympathisants socialistes pour accompagner le Comandante vers son ultime demeure.
 
On apprend aussi que son corps ne sera pas embaumé. C’est ce qu’a laissé entendre hier le président par intérim, Nicolas Maduro. En fait, d’après El Nacional, quotidien de Caracas, le gouvernement ne savait pas vraiment quoi faire avec le cadavre d’Hugo Chavez. Alors que Nicolas Maduro s’est vite prononcé pour un embaumement, son rival, le président de l’Assemblée nationale, souhaitait un enterrement au Panthéon national, aux côtés du héros de l’indépendance, Simon Bolivar. Seulement voilà, beaucoup de temps s’est écoulé et selon des médecins légistes cités par El Nacional, il est aujourd’hui trop tard pour procéder à l’embaumement. Mais ces querelles sur le destin du défunt président intéressent-elles vraiment les Vénézuéliens ? La Une du journal El Universal permet d’en douter. La préoccupation numéro 1 des gens reste l’insécurité dans le pays. D’après le journal, qui publie un rapport des Nations unies, seulement 31% des personnes estiment vivre dans un pays sûr. « La majorité des Vénézuéliens a peur de marcher dans les rues », écrit El Universal.

tags: Argentine - Brésil - christianisme - Cristina Kirchner - Dilma Rousseff - Hugo Chavez - Nicolas Maduro - Pape François - Revue de presse - Vatican - Venezuela
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