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    Haïti: départ de l'expert de l'ONU pour les droits de l'homme

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    L'expert indépendant pour les droits de l'homme en Haïti a démissionné. Nommé fin 2008, Michel Forst devait achever son mandat en mars 2014. Au fil de ses visites dans le pays, il n'avait cessé de dénoncer les dysfonctionnements du système judiciaire et il se déclare encore aujourd'hui inquiet quant à l'insécurité et aux nominations partisanes de magistrats.

    Avec notre correspondante à Port au Prince, Amélie Baron

    Michel Forst déclare démissionner car il est appelé à d'autres fonctions. Il nie partir suite à quelque pressions qui auraient été exercées par les autorités haïtiennes mais il n'empêche que son départ, un an avant la fin de son mandat, ne passe pas inaperçu. Et une dernière fois, il tient à dénoncer les dérives du système judiciaire du pays.

    L'expert des Nations unies pour les droits de l'homme ne cache pas sa déception de voir encore des magistrats nommés à des fins politiques. Lui qui dans chacun de ses rapports avait dénoncé les conditions carcérales inhumaines, s'inquiète car rien n'est encore entrepris pour réduire les détentions préventives prolongées : en Haïti plus de 70% des personnes en prison attendent leur jugement, souvent depuis plusieurs années.

    Michel Forst démissionne en regrettant également l'aggravation de la situation sécuritaire dans la capitale haïtienne. Il recommande enfin au président Michel Martelly de faire de l'Etat de droit une réalité et non plus un simple slogan.


    Michel Forst, invité de RFI, le 29 mars 2013.

    RFI : Votre départ a fait couler beaucoup d’encre, et dans le quotidien haïtien Le Nouvelliste, vous avez tenu à vous expliquer, notamment du fait que votre départ n’avait rien à voir avec la décision de l’ONU de ne pas indemniser les victimes du choléra dont on impute la maladie aux casques bleus népalais.

    Michel Forst : Effectivement (...) Je démissionne pour des raisons personnelles et je n’avais pas du tout l’intention de contester la décision du secrétaire général des Nations unies sur l’indemnisation du choléra.

    Vous expliquez dans Le Nouvelliste être inquiet et déçu devant l’évolution de la situation dans le domaine de l’état de droit et des droits de l’homme. C’est le régime de Michel Martelly que vous visez directement ?

    Pas seulement le régime de Michel Martelly. C’est une succession de difficultés qu’ont rencontré les dirigeants du pays. D’abord le président Préval et puis ensuite Michel Martelly. Et si j’ai exprimé un sentiment d’inquiétude et de déception c’est aussi parce que le sentiment c’est qu’on a affaire à une impasse.(...) Le récent rapport du secrétaire général des Nations unies, sur Haïti a fait le même constat. Le pays n’avance pas et ça se traduit par, au contraire, une régression dans le domaine de l’état de droit.

    Selon vous, c’est la démocratie haïtienne qui est en danger ?

    La démocratie n’est pas en danger à l’heure actuelle. Il est certain que la communauté internationale attend beaucoup du président Martelly et notamment en matière d’élections. Il n’y a plus de Parlement capable de légiférer. Par conséquent, les lois ne peuvent être adoptées.(...) On a eu le sentiment pendant plusieurs mois, que par absence de véritable volonté politique, les élections n’étaient pas annoncées. Après de fortes pressions, je pense que dorénavant (...) on aura à la fin de l’année, les élections sénatoriales et également les élections de maires.

    On assiste à une hausse des crimes et des violences.Vous parlez d’une peur revenue.

    C’est un sentiment d’insécurité global dans le pays lié à beaucoup de facteurs. La peur est liée au fait que la violence politique commence à reprendre en Haïti.(...) Le nombre d’enlèvements, de kidnappings, de meurtres a augmenté. Non seulement à Port-au-Prince, mais dans le reste du pays. C’est un des paramètres de l’insécurité.

    L’insécurité c’est également l’insécurité politique. On l’a vu avec l’absence de perspective sur les élections. C’est aussi un sentiment d’insécurité sur le plan économique : (...) sur le marché, le haricot, le riz, augmentent régulièrement, et les habitants du pays ont du mal à joindre les deux bouts, à nourrir les familles. Et cette insécurité politique, cette insécurité physique, insécurité alimentaire, fait que tout le monde s’inquiète pour le pays.

    L'une des priorités du gouvernement du président Michel Martelly et de son Premier ministre, c’est d’attirer les investisseurs étrangers pour relancer cette économie haïtienne. On imagine que vous ne partagez pas leur avis.

    Tant qu’il n’y a pas de création d’emploi, alors la prospérité ne pourra pas revenir. Et chacun s’accorde à dire que la priorité c’est de créer des emplois.(...) On a besoin de sécurité bancaire, on a besoin de droit social, on a besoin de voir du recours juridique, on a besoin de savoir que lorsqu’on achète un terrain pour implanter une usine, le terrain appartient bien à celui qui le vend. On a besoin également de lutter contre la corruption.

    Bref, on a besoin d’avoir un Etat légal. (...)Et j’ai le sentiment que tel n’est pas le cas à l’heure actuelle.C’est la raison pour laquelle avec le secrétaire général des Nations unies, nous avons appelé le président et le Premier ministre à reprendre le dossier de l’état de droit.

    Le retour d’anciens dirigeants du pays, Jean-Claude Duvalier notamment, c’est le début d’un début de réconciliation nationale ou bien cela a contribué à déstabiliser le pays ?

    D’abord, le retour de l’ancien président Duvalier a surpris beaucoup d’observateurs. On se demandait pourquoi il était revenu dans le pays, après si longtemps.(...) Mais on s’est réjouis du fait que, alors qu’on pensait que ça n’arriverait pas, le président Duvalier se retrouverait devant la justice. Cela a a été un premier signe d’espoir pour les victimes, de voir que l’ancien président Duvalier, responsable de tant d’atrocités, se retrouvait devant ses victimes, devant un tribunal.(...) Mais pour moi, ce n’est pas du tout un signe de réconciliation. (...)

    Je ne suis pas très confiant sur l’avenir du traitement du dossier de Jean-Claude Duvalier, mais on verra. Il faut faire confiance à la justice d’Haïti. C’est un premier signe, en tout cas, positif, du fait que la justice pourrait fonctionner en Haïti, si véritablement le gouvernement, le Premier ministre, lançaient les réformes attendues en matière d’état de droit.(...)

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