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    Amériques

    Venezuela: Nicolas Maduro, une ligne directe jusqu’à la présidence

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    En espagnol, son prénom signifie mûr. Une maturité politique qui arrive à son terminus pour l’ancien chauffeur de bus qui devient, lundi 15 avril 2013, président du Venezuela. De leader syndical du métro de Caracas à l’adoubement par Hugo Chavez, l’érigeant en fils politique, retour sur son ascension à la tête de la « Terre de Grâce ». S'il est sur les rails, Maduro devra passer de candidat de substitution à président légitime, pour arriver à destination.

    Cela s’est joué de peu, à peine 1,5% de voix de différence entre Nicolas Maduro et son adversaire Henrique Capriles selon le quotidien vénézuelien El Nacional.

    Désigné par Hugo Chavez comme son dauphin, c’est au terme d’une campagne électorale express, sur le thème de la lutte contre la violence et organisée dans les trente jours après le décès de Chavez, que Maduro a remporté l'élection. Avec une très courte majorité, 50,66 % des voix, et un enthousiasme en demi-teinte de ses supporters.

    Du syndicalisme à la politique

    D’origine modeste, Nicolás Maduro Moros, est né le 23 novembre 1962 à Caracas au Venezuela. C’est de son père syndicaliste qu’il tient sa passion militante. Chauffeur de bus, très vite syndiqué, il part en formation pendant une année à Cuba. Dirigeant syndicaliste à partir de 1990, il est l’un des fondateurs du nouveau syndicat du métro de Caracas (Sitrameca) et de la Force bolivarienne des travailleurs avant d’en devenir son coordinateur national.

    « Depuis Lula, ancien syndicaliste lui aussi, ce genre de parcours n’est plus vraiment atypique, note Adeline Joffres, doctorante à l’université de la Sorbonne Nouvelle, affectée à l’Institut des Hautes études de l’Amérique latine (IHEAL). Nicolas Maduro devient vraiment important dans le paysage politique vénézuélien en 1998 lorsqu’il est élu député du MVR » (ndlr : Mouvement de la Ve République fondé par Chavez).

    Il gravit ensuite pas à pas les échelons d’une carrière politique déjà longue à tout juste 50 ans. Président de l'Assemblée nationale du Venezuela de 2005 à 2006, ministre des Affaires étrangères entre 2006 et 2012,  puis vice-président de la République de 2012 à 2013. « C'est l'un des jeunes dirigeants ayant les meilleures capacités », estimait M. Chavez, le désignant avant sa mort -le 5 mars dernier-, comme son successeur.

    Un proche de Chavez de la première heure

    Les deux hommes se connaissaient depuis plus de vingt ans. Il faisait déjà partie de ses proches lors du coup d'Etat raté de février 1992. Ils lancent ensemble le Mouvement pour la Ve République, prélude de la formation qui mènera Chavez à la tête de l'Etat. Avant cela, il est l'un des principaux conseillers du leader socialiste lors de sa première campagne présidentielle en 1998. C’est les larmes aux yeux qu’il annoncera à la télévision la mort de son mentor, même s'il s’était distingué, deux heures avant, en expulsant deux attachés militaires américains à Caracas.

    Un mimétisme handicapant...

    S’il est présenté comme plus modéré, plus conciliant que l’ancien président, on lui reproche néanmoins son mimétisme avec Chavez, le charisme en moins.
    Certains n’hésitent pas à le railler, le qualifiant d’ombre de Chavez. El Pais relate ainsi une anecdote du réalisateur américain Michael Moore, qui, au cours d’une tournée européenne de Chavez, se retrouve au même hôtel cinq étoiles à Venise, avec les deux hommes. Alors qu’il prend un verre avec le président vénézuelien, le cinéaste ne reconnnaît pas Nicolas Maduro et le prend pour le garde du corps de Chavez.
    L’histoire peut prêter à sourire, mais a provoqué l’ire de Maduro et de ses partisans, pas vraiment ravis de voir le ministre des Affaires étrangères ridiculisé sur ABC.

    D’autant que Nicolas Maduros a déjà joué les gardes du corps du candidat à la présidence de 1983, José Vicente Rangel (vice-président de Chavez de 2002 à 2007), du candidat socialiste, en 1988, David Nieves, mais aussi du chanteur cubain Pablo Milanés, comme le relate Courrier International.

    … mais indispensable pour gagner

    Pour autant, ce moustachu à la forte carrure a su peu à peu affirmer son style franc et passionné, un genre qui détonne quelque peu dans les milieux diplomatiques. Comme lorsque, alors ministre des Affaires étrangères, il traite le sous-secrétaire d’Etat américain John Negroponte de « petit fonctionnaire » ayant un « casier judiciaire ». Ou lorsqu’il réclame, presque en hurlant, devant l’Organisation des Etats américains (OEA) que celle-ci soutienne le président Manuel Zelaya, chassé du pouvoir au Honduras par un coup d’Etat à l'été 2009.

    Mais pour gagner ces élections, Maduro a dû jouer le rôle du bon fils prodige et convaincre la base des chavistes qui attendent aujourd’hui encore « presque une réincarnation de Chavez », estime la doctorante.

    Et le résultat n’est pas vraiment à la hauteur. Tout reste à faire pour asseoir sa légitimité.
    « Le leadership ne se transmet pas aussi facilement. Il va falloir beaucoup plus. Obtenir des résultats rapidement, notamment sur la Mission logement impulsée par Chavez serait un premier axe fort pour se démarquer. Puis, redonner confiance en la gestion de l'Etat et des profits du pétrole en s’attaquant à la bureaucratie et à la corruption comme il l'a promis pendant sa campagne », analyse Adeline Joffres, de l’IHEAL.

    « L’essai est passé, il va falloir le transformer », conclut-elle. La balle est maintenant dans le camp de cet ancien joueur amateur de baseball.

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