Dernières infos
La revue de presse des Amériques - 
Article publié le : jeudi 18 avril 2013 à 16:49 - Dernière modification le : jeudi 18 avril 2013 à 17:36

A la Une : l’explosion d’une usine d’engrais au Texas, deux jours après l'attentat de Boston

Par Véronique Gaymard

La plupart des journaux américains publient en Une de leur site internet des images de l’explosion de l’usine, des maisons soufflées, et des quartiers ravagés. « Des dizaines de personnes pourraient avoir péri » titre le Dallas Morning News, un journal texan. L’explosion s’est produite peu avant 20 heures locales ce mercredi près de la ville de Waco, située au sud de Dallas. « Plus de 100 personnes ont été blessées » écrit Waco Tribune, le journal local, sur son site internet.

« Il y a eu un incendie, puis l’eau est entrée en contact avec le nitrate d’ammoniaque, et cela a explosé, comme ce qui s’est passé lors des attentats d’Oklahoma city » raconte un réceptionniste de l’hôtel Best Western dans la petite ville de West qui compte 3 000 habitants. « L’explosion a soufflé la porte de ma maison et des vitres, elle a aplati des maisons toutes proches », a-t-il décrit.
 
Les habitants décrivent des scènes de désolation
 
Le chef de la sécurité publique du Texas, D. L. Wilson, cité dans le Waco Tribune, a même comparé la scène de l’usine d’engrais après l’explosion à des situations de guerre en Irak ou au bâtiment Alfred P. Murray déchiqueté par les attentats à Oklahoma en 1995. Selon lui, 50 à 75 maisons ont été touchées, la moitié de la ville de West où se trouve l’usine a été évacuée, une résidence de plus de 50 unités à côté de l’usine ressemble désormais à un squelette, a-t-il déclaré. Si le vent tourne au nord, l’autre moitié de la ville pourrait aussi être évacuée, a-t-il ajouté, car des fumées très toxiques composées de cocktails chimiques se dégagent de l’usine.
 
Le maire de West a déclaré à la chaîne CNN qui diffuse en boucle des images de l’incendie que c’était « comme si une bombe nucléaire avait explosé ». Les hôpitaux alentours ont accueilli en urgence une centaine de blessés qui souffraient de brûlures, de fractures et de multiples coupures. Le bureau d’analyses géologiques a enregistré l’explosion comme un séisme de magnitude 2.1, rapporte le Dallas Morning News, qui explique qu’un bureau d’enquêtes de sécurité chimique a déployé une équipe dans la ville de West. Un habitant cité dans le quotidien se demande « Qui peut avoir l’idée de coller une usine à des maisons d’habitations » ? Une explosion qui fait penser à celle qui s’était produite le 21 septembre 2001 à Toulouse au sud-ouest de la France, dans l’usine AZF, qui avait causé la mort de plus de 30 personnes et 2 500 blessés.

Ce drame de l’usine d’engrais de West se produit deux jours après l'attentat de Boston qui a causé la mort de 3 personnes et plus de 170 blessés, l’enquête se poursuit

Le site Internet du New York Times publie une carte interactive de la rue où se sont produites les deux explosions près de la ligne d’arrivée du marathon qui rassemblait 23 000 coureurs. Les enquêteurs du FBI ont trouvé des images sur les vidéos de surveillance qui montrent un homme qui pourrait avoir joué un rôle en plaçant les explosifs, explique le New York Times. Mais ces vidéos montrent aussi des dizaines d’autres personnes que le FBI souhaite entendre, poursuit l’article.

Le bureau d’enquête nie avoir arrêté un homme comme de nombreux médias l’ont rapporté. Des équipes d’enquêteurs, dont plus de mille agents du FBI, recherchaient la moindre piste après avoir découvert des morceaux pouvant correspondre aux deux bombes : des pièces de deux cocottes-minute, qui devaient renfermer des clous et des billes et de la poudre noire, utilisés comme explosifs, des morceaux d’un sac noir, un circuit électrique et des câbles, rapporte le New York Times. Selon le Boston Globe, les autorités ont identifié ce jeudi des images nettes de deux individus transportant des sacs noirs sur chacun des deux sites des explosions et doivent les diffuser pour un appel à témoin.
 
Le fabriquant des cocottes-minute, Fagor America Inc, a publié un communiqué cité dans le Boston Globe : « tout le personnel est très attristé par ces événements tragiques et partage la souffrance des familles », et il rajoute « nos cocottes-minute ne sont pas destinées à autre chose qu’à la cuisine ». Soixante deux personnes blessées sont toujours à l’hôpital selon le Boston Globe, et douze dans un état critique. Une cérémonie de commémoration s’est tenue en fin de matinée à la Cathédrale de la Sainte-Croix, rapporte le journal, en présence du président américain et de Michelle Obama, « il essayera de réconforter une communauté en deuil », écrit le quotidien de Boston, « comme il l’avait fait après les massacres de Fort Hood en 2009, Tucson en 2011 et Newtown en 2012 ».
 
Le président Obama a subi mercredi un sérieux revers, les sénateurs n’ont pas voté en faveur de la réforme de la réglementation des armes à feu
 
« Obama fustige le vote du Sénat sur les armes et le traite de « jour de honte » » titre le Miami Herald. C’est un président visiblement furieux, entouré de parents du Connecticut en larmes qui a déclaré que c’était un jour de honte pour les Etats-Unis, explique le journal. Cinq démocrates et 41 républicains ont voté contre, Obama n’a donc pas épargné son propre camp pour cet échec, poursuit-il.

C’était un échec cuisant pour l’une des principales priorités que s’était fixé le président, écrit le New York Times. Pour le moment, le lobby pro armes a été plus persuasif, en dépensant 500 000 dollars rien que ce mercredi dans une campagne publicitaire appelée « l’interdiction des armes d’Obama ». Obama a promis que ce vote n’arrêterait pas son combat pour une réglementation plus stricte des armes à feu, rapporte le journal, mais on ne sait pas très bien comment la Maison Blanche et ses alliés sur le dossier des armes peuvent poursuivre leurs efforts, se demande le journal.
 
Au Venezuela la tension entre les deux camps se poursuit, alors que Nicolas Maduro devrait prêter serment ce vendredi
 
Au troisième jour de manifestations, les casseroles ne se sont pas tues, rapporte El Nacional. Des casseroles sur lesquelles les opposants tapent pour demander un recomptage des votes. « Je ferai ce que le Conseil national électoral décidera » a déclaré Nicolas Maduro. Son rival, l’opposant Henrique Capriles, a déposé un recours ce mercredi, explique Ultimas Noticias, un recours que le Conseil électoral est en train d’examiner. La présidente du Tribunal suprême de justice a déclaré qu’un recomptage manuel n’était pas envisageable, rapporte La Voz. Ce à quoi Capriles a rétorqué que la présidente du TSJ ne connaît pas la réalité du processus électoral. La tension est vive au Venezuela, plus divisé que jamais.

 

tags: Barack Obama - Etats-Unis - Nicolas Maduro - Revue de presse - Terrorisme - Venezuela
Fiche Pays :
Sur le même sujet :
Réagissez à cet article
Commentez cet article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(0) Réaction
Fermer