Attentat de Boston: Djokhar Tsarnaev entre les mains du FBI
L'enquête sur l'attentat de Boston s'est orientée sur le parcours des deux suspects, les frères Tsarnaev. Les policiers espèrent vite interroger le cadet, Djokhar, interpellé, vendredi soir, grièvement blessé. Le jeune homme de 19 ans, arrêté après 24 heures de traque dans un bateau entreposé dans un jardin de la banlieue ouest de Boston, est hospitalisé. Un hôpital gardé par la police et entouré de journalistes.
Avec notre envoyé spécial à Boston, Raphaël Reynes
L'entrée de l'hôpital Beth Israël est gardée par trois policiers en uniformes. Il faut montrer patte blanche pour pouvoir entrer dans le bâtiment où plusieurs blessés de l'attentat de lundi dernier sont d'ailleurs encore soignés.
Djokhar Tsarnaev est arrivé à l’hôpital vendredi soir en ambulance quelques dizaines de minutes après son interpellation. Il était dans un état jugé « critique » par les médecins qui ne feront aucun point de presse sur l'évolution de l'état de leur patient. La communication autour de cette affaire est entre les mains du FBI. Et du FBI seulement.
Une procédure exceptionnelle, tout comme celle de l'arrestation du suspect, vendredi soir. Les fameux « droits » qui sont habituellement lus à toute personne lors de son interpellation n'ont pas été lus à Djokhar Tsarnaev. Et ils ne le seront pas. « La raison pour laquelle on ne lui a pas lu ses droits, c'est parce qu'on lui réserve le droit de le torturer en réalité, estime Françoise Costes, maître de conférence à Toulouse et spécialiste de l’histoire politique des Etats-Unis. Si l'on torture un citoyen américain et qu'ensuite on veut faire un procès, les organisations de défense des droits de l'homme pourraient intenter un procès à l'Etat fédéral pour prouver qu'il y a vice de procédure, annuler la procédure et donc ne pas aller au procès. »
« Exception de sécurité publique »
La police fédérale invoque une « exception de sécurité publique » et les agents du FBI peuvent donc interroger le jeune homme pour tenter de savoir, par exemple, s'il reste d'autres engins explosifs quelque part ou si d'autres personnes sont impliquées dans la préparation et l'exécution de l'attentat de lundi.
On ne sait pas si le jeune homme de 19 ans est en état de parler actuellement ni quand il pourra être formellement mis en accusation par un juge. « Un sénateur républicain assez influent a réclamé que l’on traite le survivant comme un terroriste avec le statut de combattant 'ennemi' que les Américains donnent normalement aux terroristes capturés en Afghanistan. Or on ne peut pas le traiter comme un Pakistanais ou un Afghan », explique Françoise Costes.
S'il est un jour jugé pour cet attentat, Djokhar Tsarnaev pourrait risquer la peine de mort. Elle n'est plus en vigueur dans le Massachusetts depuis 1982, mais comme il s'agit d'un crime fédéral, elle est donc techniquement applicable. La procureure fédérale Carmen Ortiz a toutefois indiqué qu'aucune décision n'avait été prise à ce sujet pour l'instant.
La Russie et les Etats-Unis renforcent leur collaboration dans la lutte anti-terroriste Avec notre correspondante à Moscou, Caroline Larson À un an des JO d’hiver de Sotchi, l’attentat de Boston, sans doute perpétré par deux hommes d’origine tchétchène, est une nouvelle mise en garde. C’est qu’estime le président Vladimir Poutine qui a aussitôt ordonné le renforcement de la sécurité aux abords du futur site olympique, situé dans le Caucase russe. L’occasion également d’un réchauffement diplomatique russo-américain qui tombe à pic. Vladimir Poutine a appelé Barack Obama pour lui présenter à nouveau ses condoléances, a annoncé le Kremlin, mais aussi pour discuter de la façon dont les deux pays pourraient unir leurs efforts pour lutter contre le terrorisme international. La Russie n’est cependant pas en mesure de fournir à la partie américaine des informations sur les frères suspectés, a expliqué une source des services spéciaux russes, puisque ces derniers ne vivaient pas en Russie. Quoi qu’il en soit, l’occasion est trop belle pour Moscou de faire admettre aux États-Unis que la guerre menée par les Russes en Tchétchénie était décidément légitime. |

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