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Article publié le : mercredi 01 mai 2013 à 07:51 - Dernière modification le : mercredi 01 mai 2013 à 10:19

M. Obama prudent sur la Syrie, mais ferme au sujet de Guantanamo

Le président  Obama pendant sa conférence de presse à la Maison Blanche, le 30 avril 2013.
Le président Obama pendant sa conférence de presse à la Maison Blanche, le 30 avril 2013.
REUTERS/Larry Downing

Par RFI

La Syrie a été largement évoquée par le président américain lors de sa conférence de presse le 30 avril à Washington. Si la Maison Blanche confirme l'utilisation d'armes chimiques dans le pays, elle reste néanmoins prudente. Barack Obama a bien souligné qu'il n'avait aucun élément supplémentaire ni sur les utilisateurs de ces armes ni sur les lieux où elles ont été employées. Le président américain a également abordé la fermeture de la prison de Guantanamo. Il s'y est engagé.

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

Des armes chimiques ont-elles été utilisées en Syrie ? C’est la première question qui a été posée à M. Obama et il a répondu avec prudence, tant le sujet est délicat pour lui. S’il admet que de telles armes ont pu être utilisées, il veut en avoir le cœur net. Si la ligne rouge qu’il avait fixée en août dernier a effectivement été franchie, alors, cela changera les règles du jeu, a-t-il affirmé. Autrement dit, les États-Unis reverront la gamme des possibilités à leur disposition.

Diverses options ont été préparées par le Pentagone pour faire face à cette éventualité. Parmi celles-ci, il y a certainement l'action militaire, même si le président américain s'est bien gardé d’employer cette expression, insistant plutôt sur la nécessité d’éviter les décisions hâtives avant d’avoir des faits précis et crédibles à disposition. Une allusion évidente à l’empressement de son prédécesseur à envahir l’Irak sous un faux prétexte. Barack Obama ne veut pas commettre la même erreur.

S’il s’avère que les accusations portées contre le régime Assad sont fondées, Obama n’agira que dans le cadre d’une action multilatérale approuvée par l’ONU. Il pourrait éventuellement donner -peut-être indirectement- des armes aux groupes rebelles qui ne présentent pas de danger pour les États-Unis (jihadistes exclus, donc). Il n’enverrait pas de troupes sur le terrain, mais pourrait autoriser l’envoi de commandos des forces spéciales pour sécuriser les dépôts d’armes chimiques.

Guantanamo

Barack Obama a aussi parlé de la prison de Guantanamo, véritable point noir de toute sa présidence. Il avait promis de la fermer en 2008, avait même signé un décret en ce sens dès son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2009, mais 166 personnes y sont toujours détenues, sans même avoir été inculpées ou jugées pour la plupart. C’est pourquoi une centaine de détenus font la grève de la faim depuis 12 semaines.

Barack Obama

Président des Etats-Unis

Cette zone de non-droit, cela ne peut plus continuer.

 

01/05/2013 par RFI

Le président a blâmé le Congrès pour cette situation et s’est engagé à œuvrer de nouveau pour fermer Guantanamo, prison inutile selon lui pour la sécurité du pays, et onéreuse (800 millions de dollars par an). Le président américain juge que cette prison nuit à l’image des États-Unis dans le monde et sert d’outil de recrutement pour les extrémistes.

Le Congrès a interdit le transfert des prisonniers sur le sol américain, ce qui les empêche d’être jugés par la justice civile en dépit du fait, comme M. Obama l’a rappelé, que les terroristes arrêtés aux États-Unis et traduits devant des tribunaux civils ont tous été condamnés à des peines sévères.

Le pakistanais qui avait essayé de faire exploser une bombe à Time Square ou le jeune Nigérian qui voulait faire sauter un avion le jour de Noël sont dans une prison de haute sécurité pour le restant de leurs jours.

La Syrie opposée à l'entrée sur son sol des inspecteurs de l'ONU

Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour

La Syrie reste défiante face aux accusations d’utilisation d’armes chimiques. Le gouvernement syrien refuse toujours l’entrée des inspecteurs de l’ONU sur son sol et l’ambassadeur syrien à l’ONU accuse les Nations unies de vouloir faire tomber son pays dans un piège.

Pour Bachar al-Jaafari, l’ambassadeur syrien à l’ONU, l’enquête sur les armes chimiques n’est qu’une répétition des accusations sur les armes de destruction massive qui ont conduit à l’invasion de l’Irak. La Syrie, dit-il, n’a reçu aucune des informations crédibles de la part de l’ONU sur les allégations portées par la France et la Grande-Bretagne : « Il ne peut y avoir de mission d’enquête circulant librement sur le territoire syrien simplement sur la base de lettres et de fausses accusations ».

Et si des armes chimiques ont été utilisées, c’est par l’opposition, jure l’ambassadeur syrien qui accuse des rebelles d’avoir répandu lundi à Idleb dans le Nord une mystérieuse poudre blanche : « Des groupes terroristes armés ont répandu au milieu de la foule une sorte de poudre qui doit très probablement être un produit chimique ».

À l’ONU, les diplomates reconnaissent que pour l’instant, personne ne peut dire avec certitude qui a utilisé des armes chimiques en Syrie.

 

tags: Bachar el-Assad - Barack Obama - Etats-Unis - Syrie
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