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    L'industrie de l'armement américaine à la conquête de la frontière avec le Mexique

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    En ces périodes de vaches maigres au Pentagone, les industriels de l'armement lorgnent vers de nouveaux marchés. Plusieurs appels d'offres se terminent cet été concernant des équipements de surveillance le long de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Une frontière qui se militarise singulièrement à mesure qu'arrivent drones et autres radars de dernière génération.

    Un milliard de dollars pour fournir un réseau de tours de surveillance et une infrastructure de commandement le long de la frontière mexicaine. C’est le contrat proposé par le Département de la sécurité intérieur américain. Un juteux marché qui attire un genre nouveau de candidats : une demi-douzaine de groupes majeurs issus de l’industrie militaire termine de se positionner pour faire des propositions.

    De Raytheon à Lockheed Martin, les entreprises de ce secteur s’intéressent de manière croissante à la surveillance des frontières. General Atomics, le fabricant des fameux drones Predator, est aussi sur la brèche : il espère doubler un premier contrat de 443 millions de dollars pour fournir des avions de surveillance sans pilotes dans leur version non armée. Northrop Grumman, autre acteur majeur de cette industrie, souhaite vendre aux gardes frontières son système de vidéo-détection « Vader ». Destiné initialement au Pentagone, pour détecter les poseurs d’engins explosifs improvisés en Afghanistan, il pourrait permettre de repérer et de traquer les clandestins mexicains.

    Les industriels de défense américains ont longtemps boudé la surveillance des frontières. Les réductions budgétaires et le retrait d’Irak et d’Afghanistan risquent pourtant de faire chuter leurs carnets de commande. La surveillance et la sécurité apparaissent de plus en plus comme de juteuses opportunités d’amortir ce changement de contexte économique. Longtemps restés à l’écart des efforts de lobbying dans ce secteur, les géants de l’armement se font de plus en plus présents dans les gigantesques salons régulièrement organisés dans le sud des Etats-Unis.

    Un « marché porteur » qui attire également les groupes européens, EADS et Thalès en tête. « Le marché des frontières est en recrudescence dans le monde entier », explique Amaël Cattaruzza. Cet enseignant de Saint-Cyr qui travaille sur la technologie des frontières estime que les Etats-Unis et Israël font actuellement office de « zones test » mais qu’à terme, le monde entier pourrait être intéressé par les nouvelles frontières « intelligentes ».

    Technologie et militarisation de la frontière

    Les attentats de septembre 2001 ont fournis le prétexte sécuritaire à un durcissement de la politique américaine. Le nombre de gardes frontières explose, passant de 4000 agents en 1993 à plus de 20 000 aujourd’hui. Il faut surveiller les 3000 kilomètres séparant les deux pays pour réduire la liberté de mouvement des clandestins et des trafiquants en tous genres, preuve pour les Américains de la porosité frontalière à d’éventuels projets terroristes. Les Etats-Unis commencent à ériger de longs pans de murs et de grillages. Ils multiplient les tours, les réseaux de caméras, parfois très sophistiqués et investissent dans plusieurs petits avions, hélicoptères et dans une escadre de drones.

    Une tendance, entamée dans les années 1990, se confirme : les Etats-Unis mettent en œuvre des « smart borders » avec le Canada en 2001 et avec le Mexique en 2003. Ces frontières « intelligentes » permettent de mieux gérer les flux de personnes et de marchandises pour faciliter les échanges économiques. Elles permettent surtout de mieux identifier les clandestins grâce à la systématisation des contrôles biométriques, à une surveillance électronique systématisée et à des échanges d’informations bi-nationaux.

    En 2006, George W. Bush accepte d’envoyer 6000 gardes nationaux renforcer la frontière, afin de former les forces civiles sur place. Une initiative reprise par Barack Obama qui déploiera 1200 soldats supplémentaires à partir de 2010. Le tout pour des résultats modérés : le coût des opérations fait que chacune des 25 000 interpellations auxquelles ils contribuent entraine une dépense de 6200 dollars par sans-papiers arrêté.

    Inquiets de voir trafics et migrations continuer, des parlementaires républicains et démocrates du sud des Etats-Unis lancent le « Send equipment for national defense act » en 2010. Ils espèrent récupérer 10% du matériel militaire rapatrié d’Irak « payé par le contribuable » pour le redistribuer aux gardes frontières.

    Cette course à la super frontière connaît tout de même ses limites. A la fin de la décennie, le concept de la « virtual border » expérimenté depuis 2005 est abandonné. Ce projet de frontière ultra-moderne devait permettre d’installer une multitude de capteurs infrarouges, sismiques ou encore thermiques capables de détecter la moindre intrusion. « Le nombre d’alertes a explosé, explique Amaël Cattaruzza, mais pas le nombre d’interpellation : le passage d’une simple vache pouvait déclencher le déploiement d’une patrouille de garde-frontière pour rien. » Les Etats-Unis y renoncent en 2011, après avoir dépensé plus d’un milliard de dollars.

    Moins de migrants, plus de morts

    La sécurisation massive de la frontière côté américain a obtenu des résultats. Le nombre de sans-papiers interceptés a chuté à 364 000 en 2012, lorsqu’il dépassait le million au début des années 2000. Les candidats sont pourtant toujours aussi nombreux. Côté mexicain, les cartels organisent de véritables réseaux de passage dont les tarifs ont explosé. Les clandestins doivent contourner les barrières et les surveillances, pour passer par des sentiers désertiques particulièrement hostiles. Le nombre de mort explose. En 2012, ils sont 477 à avoir perdu la vie au cours de ce périple. C’est 27% de plus que l’année précédente… et ils devraient être encore plus nombreux cette année.

    Si la stratégie déployée par les Etats-Unis génère un intense débat entre les organisations de défense des droits de l’homme et l’aile droite des responsables politiques (Tea Party en tête), les plus pragmatiques constatent que toutes ces morts ont un coût. La situation de Brooks County est un exemple caractéristique. Cette bourgade, en pleine zone aride, doit prendre en charge les enterrements. En 2012, 129 personnes sont mortes dans ce secteur. Les autorités du comté s’inquiète : il a fallut dépenser 195 000 dollars pour offrir une sépulture décente à tous ces malheureux, soit presque 5% du budget annuel.

    La tendance semble pourtant ne pas devoir s’inverser à court terme. La crise n’a fait qu’amplifier la répression envers les migrants illégaux. Barack Obama n’a pas inversé la situation, bien au contraire : le nombre d’expulsions, qui avait déjà doublé sous Georges W. Bush, a encore été multiplié par deux au cours du premier mandat du président démocrate. Il dépasse en 2012 les 400 000 reports à la frontière.

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