La revue de presse des Amériques - 
Article publié le : mardi 11 juin 2013 à 17:15 - Dernière modification le : mardi 11 juin 2013 à 17:15

A la Une : le scandale d'espionnage des communications aux Etats-Unis

Par Stefanie Schüler

Le programme d’espionnage, dont l'existence a été révélée par Edward Snowden, un jeune homme de 29 ans, ancien employé de la CIA et qui travaillait depuis quatre ans pour un sous-traitant de l'Agence nationale de sécurité, fait encore couler beaucoup d’encre. Et le moins que l'on puisse dire c'est que plus le scandale sur la surveillance des conversations téléphoniques et des communications électroniques prend de l'ampleur, plus la classe politique américaine, et le président Obama en tête, sont les cibles de critiques virulentes de la part des médias et de l'opinion publique. 

« C'est tout de même incroyable », s'exclame le Washington Post aujourd'hui. « L'administration Obama et certains membres du Congrès expriment leur colère contre les médias qui ont publié les informations contenues dans les documents que Snowden leur a transmis. Mais ces responsables politiques ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes », estime le journal. « C'est précisément parce qu'ils ont tenté de cacher ce programme aux Américains que cette affaire prend maintenant de telles proportions ».
 
Le National Journal n'est pas tendre non plus avec l'administration Obama et le Congrès. « Les secrets sales des élites de Washington » titre le quotidien qui réclame en Une que « la Maison Blanche, le Congrès et les médias » fassent « sortir les programmes de sécurité nationale de l'obscurité ».
 
Un avis entièrement partagé par le New York Times : « Nous, citoyens américains, avons des questions légitimes à poser », lance le journal new-yorkais. « Pourquoi des données de chaque conversation téléphonique sont-elles collectées et pas seulement celles de personnes que le gouvernement soupçonne d'avoir des activités terroristes ? Combien de temps ces données sont-elles sauvegardées et peuvent-elles être utilisées pour des enquêtes de routine ? A aucune de ces questions le gouvernement n'a daigné répondre, bien que tout le monde au sein de l'administration, y compris le président lui-même, fasse mine d'être prêt à ouvrir un grand débat national sur les méthodes de surveillance et la sécurité nationale ». Et le New York Times de conclure : « Cette attitude est d'une hypocrisie consternante. Les responsables disent qu'ils sont ouverts au dialogue mais cela s'arrête là ». 
  
Et puis, le Los Angeles Times rajoute son grain de sel en écrivant : « Les contradictions au cœur de la présidence Obama sont enfin sur la table. Le résultat : un homme venu au pouvoir avec la promesse de restaurer la confiance dans le gouvernement est sur le point de susciter un renouveau libertarien. Nous ne pouvons pas faire confiance à Obama ».
 
Le scandale d'espionnage crée des remous au-delà des frontières américaines
 
Chez les voisins du nord, on est également inquiet, rapporte aujourd'hui le journal québécois Le Devoir. Au Canada, « le gouvernement conservateur a été forcé de défendre la portée de son propre programme de renseignement électronique. Sommé par l'opposition de préciser la teneur des informations que le gouvernement canadien récolte sur ses citoyens, le ministre de la Défense, Peter MacKay, a martelé que le Centre de la sécurité des télécommunications du Canada, le Cstc ne faisait que de la surveillance hors frontières ». Des déclarations qui, selon Le Devoir, suscitent davantage de questions qu'elles n'apportent de réponses.
 
Reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement colombien et les Farc
 
Après l'accord qui a été trouvé, il y a 15 jours, entre les deux parties concernant la réforme agraire et le développement du monde rural, c'est aujourd'hui un nouveau cycle de négociations qui commence à La Havane et qui concerne le deuxième point de l'agenda, à savoir : la participation des guérilléros à la vie politique.
 
C'est sans doute le point le plus épineux de ces pourparlers de paix. Car il s'agit, comme l'explique El Tiempo, « de trouver le meilleur chemin pour que la guérilla dépose les armes et se transforme en une force politique en Colombie. Les Farc ont la possibilité d'échanger les balles contre les votes. Mais selon l'avis de nombreux analystes, la question de la participation politique des Farc soulève encore d'autres interrogations qui dépassent le seul problème de la guérilla », estime El Tiempo.
 
C'est aussi l'avis du journal El Heraldo qui écrit : « Si on veut que les Farc déposent leurs armes, il faut d'abord instaurer des garanties pour que l'opposition colombienne puisse exercer son mandat politique en toute indépendance. Ce qui n'est actuellement pas le cas en Colombie. Il faut donc d'abord passer d'une démocratie de façade à une démocratie véritable. Et là, la partie n'est pas gagnée d'avance », conclut le quotidien.
 
La République dominicaine en colère après l'interdiction d’importation de viande en Haïti
 
La décision des autorités d'interdire l'importation de viande en provenance de la République dominicaine, à cause de la grippe H1N1, a fait couler beaucoup d'encre et a surtout suscité la colère de l'autre côté de la frontière.
 
« Le nationalisme dominicain », titre Le Nouvelliste aujourd'hui. Le quotidien haïtien constate que « les réactions étaient plus révoltantes les unes que les autres. De l'ambassadeur dominicain accrédité à Port-au-Prince en passant par la Confédération nationale des producteurs agricoles de la République dominicaine pour aboutir aux sénateurs et ministres du gouvernement, le pays a réagi en chaîne face à la décision des dirigeants haïtiens » et vient de « donner aux Haïtiens un bel exemple de nationalisme. La République dominicaine vient de montrer qu'elle est unie quand il s'agit de défendre ses intérêts ». Et Le Nouvelliste de conclure : « En Haïti, combien de temps nous faudrait-il pour nous unir et défendre notre souveraineté ? » 

 

tags: Barack Obama - Canada - Colombie - Commerce et Echanges - Etats-Unis - FARC - Haïti - Informatique - République Dominicaine - Revue de presse - Terrorisme
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